Penser comme un chasseur : La stratégie de l’efficacité.

Les armes évoluent. Les munitions évoluent. La véritable différence reste pourtant la manière de réfléchir du chasseur.

L’expérience ne s’achète pas : On peut acquérir la meilleure carabine, la meilleure optique ou les meilleures munitions. En revanche, personne ne peut acheter l’expérience. Elle se construit au fil des observations, des réussites, des erreurs et des remises en question. Les saisons ne suffisent pas : Encore faut-il apprendre de chacune d’elles.

Observer avant d’agir : Le cerveau est l’arme principale. Voir avant d’être vu, entendre avant de voir, interpréter un bruit, anticiper une trajectoire : Tout cela précède le départ du coup. Un tir réussi commence souvent plusieurs secondes avant que le doigt ne presse la détente.

Se méfier des certitudes : La chasse est un domaine où les idées reçues circulent facilement. Certaines sont fondées, d’autres se transmettent simplement parce qu’elles sont anciennes. Le bon chasseur écoute, mais il confronte toujours les affirmations au terrain, à la physique et à l’expérience de sources sûres. 

La certitude la plus dangereuse c’est celle que l’on se fabrique soi-même avec la pression. C’est une chose de chasser assis dans un pré à attendre que le « client » sorte du maïs, s’en est une autre quand vous êtes seul dans une forêt avec des postes éloignés de plusieurs centaines de métres les uns des autres. Avoir la certitude qu’un cerf vous arrive lancé et vous constatez au dernier moment que c’est un VTT. Même avec l’habitude on se fait avoir. Ne pointez le canon de votre arme vers la cible que lorsqu’elle est clairement identifiée. Entrainez votre cerveau à repérer les zones de tir et celles où où « on laisse passer ».

Le terrain est le seul arbitre : Les livres, les essais balistiques et les discussions sont utiles. Pourtant, le terrain garde toujours le dernier mot. Chaque animal prélevé confirme ou contredit une théorie. Le bémol c’est que tout le monde na pas la capacité d’analyser un tir, l’impact d’une balle, etc…

Penser avant, pendant et après : La réflexion ne s’arrête jamais. Avant le tir, le chasseur prépare son action. Pendant le tir, il applique une séquence déjà pensée. Après le tir, il analyse objectivement ce qui s’est produit afin de progresser. Cette démarche est bien plus précieuse que la recherche d’une recette universelle.
Accepter de changer d’avis Les meilleurs chasseurs ne sont pas ceux qui prétendent tout savoir. Ce sont ceux qui restent capables de modifier une conviction lorsque les faits la contredisent. L’humilité est une qualité technique autant qu’une qualité humaine.

Conclusion : Penser comme un chasseur, ce n’est pas accumuler des certitudes. C’est apprendre à transformer chaque sortie, chaque tir et chaque observation en connaissance. Le véritable progrès naît moins de l’expérience que de la réflexion portée sur cette expérience.

Penser comme un chasseur : Une méthode plus qu’une expérience

L’expérience n’enseigne pas automatiquement. Deux chasseurs peuvent vivre les mêmes situations pendant trente ans et en tirer des conclusions totalement différentes. L’un accumulera des souvenirs. L’autre construira une méthode. Ce chapitre n’est pas le récit d’une expérience. C’est l’explication d’une manière de penser.

Dans de nombreux nous avons parlé d’armes, de calibres, de munitions, de balistique, de sécurité et d’éthique. Pourtant, une question demeure : Pourquoi certains chasseurs confrontés aux mêmes situations arrivent-ils à des conclusions opposées ? La réponse réside moins dans l’expérience que dans la manière de l’utiliser. 

L’expérience ne suffit pas : On peut répéter la même erreur pendant quarante ans. L’expérience n’a de valeur que si elle est analysée. Le véritable chasseur transforme chaque observation en connaissance.

Une méthode avant tout : Le premier accumule des anecdotes ; le second construit une méthode : observer, comparer, douter, vérifier puis conclure.

Les faits contre les certitudes : Une idée répétée mille fois ne devient jamais un fait. Les convictions doivent résister aux observations, à la physique, à la balistique et au terrain.

Le terrain, la science et l’humilité : Le terrain sans réflexion produit des habitudes. La théorie sans confrontation au réel produit des certitudes. La connaissance naît lorsque les deux se rencontrent.

Conclusion : Cet article ne parle pas uniquement de chasse. Il propose une méthode de réflexion fondée sur les faits.

Les idées reçues : L’ennemi invisible du chasseur

Le plus grand adversaire du chasseur n’est pas toujours l’animal. Son véritable adversaire est souvent constitué des idées reçues. Elles rassurent, évitent de réfléchir et finissent parfois par être répétées jusqu’à devenir des vérités admises. Pourtant, le terrain ne répond ni aux traditions ni aux habitudes : il ne répond qu’aux lois de la physique.

L’énergie d’une balle exprimée en « Joules » en est une particulièrement frappante

Efficacité terminale d’une balle de chasse : Remettre l’église au centre du village.

Le poids des traditions : La transmission orale est une richesse du monde de la chasse, mais elle possède aussi une faiblesse : Une erreur répétée pendant cinquante ans peut finir par acquérir le statut de vérité. Chaque fois que j’entends « c’est comme ça qu’on a toujours fait’, je considère qu’il est temps de vérifier les faits.

Fusil ou carabine : Une querelle inutile : Je ne cherche plus à savoir quelle arme est la meilleure. Je cherche celle qui est la mieux adaptée à la situation, au poste où je me trouve.

Battue. 2 calibres pour faire face à toutes les situations

Un calibre 12 moderne équipé d’une balle comme la FIER 28 ou la SAUVESTRE peut être remarquable en battue, tandis qu’une carabine très puissante utilisée avec une munition mal adaptée peut produire des résultats décevants. Par mal adaptée, j’entends des balles dont le poids est inférieur à 200 grains ou 13 grammes. L’idéal étant 14 grammes, soit 220 grains.

Calibre 12 en battue : Pourquoi il mérite d’être réhabilité.

Quand les faits dérangent les habitudes : J’ai longtemps cru, comme beaucoup, qu’une balle très rapide était forcément la plus efficace. L’étude de la pénétration, de la conservation de l’élan et des effets réels dans l’animal m’a conduit à une autre conclusion : À structure égale, une balle plus lourde offre une meilleure pénétration et une efficacité plus grande, un vrai « pouvoir d’écrouler » l’animal sur place pour pouvoir le redoubler dans la ZI²HL et ne pas le perdre.

Stopping Power : Comprendre la différence entre pouvoir d’arrêt, pouvoir d’écroulement et distance de fuite.

Pourquoi j’ai changé d’avis : Je n’ai pas changé d’avis par goût de la contradiction. J’ai changé d’avis parce que les observations du terrain, la balistique et les essais m’y ont obligé. Changer d’avis lorsque les faits l’imposent n’est pas une faiblesse; c’est un progrès.

L’apport des travaux de Joël Serre : Les travaux de Joël Serre ont nourri ma réflexion. Ils montrent qu’une munition doit être jugée sur ses résultats réels, et non sur sa réputation. Cette démarche permet de mieux comprendre l’intérêt de conceptions comme les projectiles FIER ou Sauvestre et conduit aussi à relativiser certaines idées très répandues concernant les projectiles légers et très rapides du 300 Winchester Magnum. Les performances réelles priment toujours sur les idées reçues.

Mais il faut rendre à César ce qui est à César et à « Philippe » ce qui appartiens à Philippe, l’ancien modérateur du forum : « Grand Gibier.net » qui a malheureusement fermé. C’est lui qui a défini et inventé, l’expression : « Démagnumisation du tir » :

Pourquoi les calibres Magnum ne sont pas le meilleur choix

Cette opération qui a pour but de contrer les effets pervers du magnum aux courtes distances s’appelle “démagnumisation”, ou « démagnumiser le tir » en réduisant la vitesse du projectile, donc en augmentant son poids. D’où l’aberration de fabriquer des 300 magnums de 8.4 grammes frangible !

Le terrain ne ment jamais

Si je devais résumer en une phrase ce que des années de chasse m’ont appris, je dirais sans hésiter : La plupart des occasions se gagnent avant même que l’animal apparaisse. Lorsque le gibier est enfin visible, le cerveau n’a plus le temps d’élaborer une stratégie : Il applique celle qui a déjà été préparée.

Préparation mentale au tir en battue. PNL = Visualisation, concentration…

  1. Rejoindre son poste… en chasseur : Depuis longtemps, je considère que la chasse devrait commencer dès le premier pas effectué après avoir quitté discrètement le véhicule. Chaque bruit inutile, chaque mouvement évitable est une information offerte au gibier.
  2. Je ne rejoins pas un poste : J’entre progressivement dans l’action de chasse.
  3. J’ai vu passer il y a plusieurs années une étude qui avait consisté à mettre des GPS sur plusieurs sangliers. On s’est aperçu que les sangliers dés qu’ils percevaient un bruit de voiture, quittai aussitôt le territoire. Les palombes ont compris depuis longtemps qu’il vaut mieux passer au dessus des maisons sur la côte Atlantique que dans les plaines. Les éléphants ont développés des stratégies anti-braconniers.

Pour faire une analogie avec un autre sujet : Les Bérets Verts US au Vietnam commençaient à avoir des pertes insoutenables et incompréhensibles. Ils firent appel aux SAS Australiens (zéro perte au Vietnam) : « ……La technique des Bérets verts US était très différente des SAS Australiens et vu le niveau de pertes chez les Bérets verts US, il a bien fallut qu’ils se rangent aux techniques Australiennes. Pour vous donnez une idée, les Bérets verts US faisaient en moyenne 4 km par jour en jungle profonde contre 4 à 10 MÈTRES PAR HEURE (!!!) pour les SAS Australiens…!!! » Sans aller jusque là, il faut quand même faire preuve d’un peu plus, de beaucoup plus de silence quand on va au poste et que l’on charge la carabine.

L’immobilité est un camouflage : C’est la premiére chose que j’ai compris dés mon premier jour de chasse : Être assis pour ne pas bouger. J’ai longtemps pensé que le camouflage dépendait surtout des vêtements. Aujourd’hui, je reste convaincu que le meilleur camouflage reste l’immobilité. C’est aussi pour cette raison que je recommande souvent de chasser assis lorsque le poste le permet : Je fatigue moins, je bouge moins et j’observe mieux.

VISION HUMAINE

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VISION ANIMALE

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Camouflage à la chasse : Mieux se placer en battue sans compromettre sa sécurité

Observer avant d’agir : Regarder consiste à laisser les yeux ouverts. Observer consiste à analyser. Le vent, les oiseaux, les silences, les bruits racontent une histoire. Avec le temps, je cherche moins à voir un animal qu’à comprendre pourquoi il apparaît ici plutôt qu’ailleurs. Mon astuce : Je ne fixe pas un point, je transperce le paysage don je perçois tout mouvement.

Quand un Geai (oiseau) produit un cri strident, c’est qu’il a été dérangé. En Afrique, il y a des oiseaux dits « suceur de miel » qui détecte du miel dans un arbre à plusieurs kilométres mais ils ont besoin de l’Homme pour récupérer ce miel, ils ne peuvent pas le faire tout seul. Donc, dés qu’il croise un humain, il le harcèle pour que celui-ci les suivent jusqu’à l’arbre à miel et ils attendent leur récompenses : Du miel. Problème : Les animaux chassés par l’humain savent que si cet oiseau suceur de miel gueule à tout rompre c’est qu’il est en train de guider un humain donc potentiellement un chasseur. Résultat : Tous les animaux du secteur se barrent.

Le cerveau doit déjà connaître la suite : Avant même qu’un animal apparaisse, j’imagine différents scénarios. Cette préparation mentale réduit le temps de réaction, car je ne découvre pas la situation : je reconnais une scène que j’avais déjà envisagée.

Le premier tir n’est jamais la fin : Aujourd’hui, je considère le premier tir comme le début d’une séquence. Au moment où je presse la détente, je pense déjà au coup suivant si les circonstances l’exigent. Cette anticipation améliore la fluidité de l’action et renforce l’éthique du tir.

« Il est tombé… donc il est mort » : Je me méfie toujours des apparences. Un animal peut s’effondrer puis se relever quelques secondes plus tard. Je préfère préparer immédiatement un second tir plutôt que perdre un animal par excès de certitude.

Le tir est terminé… la chasse ne l’est pas : Après le coup de feu commence une autre phase : observer la réaction de l’animal, mémoriser le point d’impact, analyser la fuite et recueillir les indices. Ces informations sont souvent aussi importantes que le tir lui-même.

Le terrain ne ment jamais : Les habitudes, les discussions et les certitudes peuvent durer des années. Le terrain, lui, finit toujours par rendre son verdict. C’est pourquoi je continue à remettre mes propres conclusions à l’épreuve des faits.
Je n’essaie plus d’être un meilleur tireur que les autres. J’essaie d’être un meilleur observateur. Car un tir se joue en une seconde ; une décision se prépare plusieurs minutes auparavant.

 La méthode : Les deux formes d’intelligence

Pendant longtemps, j’ai cru que l’intelligence se mesurait aux diplômes : Intelligence Intellectuelle. Avec le temps, j’ai découvert une autre intelligence : Celle du terrain : Intelligence Émotionnelle. Elle se construit par l’observation, la décision et l’expérience analysée. Les deux ne s’opposent pas ; elles se complètent.
Ce que l’âge m’a appris La patience améliore la décision. Comprendre est plus important qu’avoir raison.
Changer d’avis lorsque les faits l’imposent n’est pas une faiblesse : c’est une force.

  1. Les sept piliers de la sagesse :
  2. Observer avant d’agir.
  3. Rester humble devant les faits.
  4. Remettre ses certitudes en question.
  5. Réparer ses décisions.
  6. Garder son sang-froid.
  7. Respecter le gibier.
  8. Continuer à apprendre jusqu’au dernier jour.

A l’attention des chasseurs débutants : J’ai été en 25 ans de chasse en moyenne montagne, confronté à plusieurs quasi accident de chasse. D’où les articles comme :

Identifier avant de tirer : Une consigne à repenser ?

C’est surtout vrai en moyenne montagne, parce que le gibier et bien souvent les utilisateurs de la nature arrivent sur 360° même si on arrive à circoncire les zones de tir à des parcelles forestières dégagées et vierges de tout chemin. Il y a et il y aura toujours des « comportements » imprévisibles même s’ils sont légitimes. Donc ayez en tête les consignes données ci-dessus.

Nous ne demandons pas au lecteur de partager nos conclusions. Nous lui demandons seulement de les confronter aux faits. Si les faits me donnent tort, il faudra les abandonner. S’ils les confirment, peu importe qu’elles soient populaires ou non.

Une méthode plutôt qu’une vérité : Observer. Comparer. Douter. Vérifier. Conclure. Puis recommencer. Les armes évoluent, les connaissances aussi. Le chasseur qui cesse d’apprendre finit par vivre sur des certitudes devenues obsolètes.

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