
En matière de chasse, les certitudes sont souvent plus dangereuses que les doutes.
La chasse EN BATTUE est un monde où circulent de nombreuses affirmations. Certaines sont fondées. D’autres sont devenues des vérités simplement parce qu’elles ont été répétées pendant des années. Pourtant, le terrain ne ment jamais. Chaque tir apporte une information. Chaque animal prélevé confirme ou contredit une théorie.
Nous n’avons n’a pas pour vocation de distribuer des vérités absolues.
Nous invitons simplement le lecteur à confronter les idées reçues à l’expérience, à la physique et à l’observation.
« L’énergie tue » : C’est probablement l’affirmation la plus répandue. Elle est pourtant incomplète. L’énergie est une grandeur physique. Elle ne tue rien à elle seule. Ce qui compte réellement, c’est la manière dont cette énergie est utilisée.
Une balle qui traverse les organes vitaux avec une pénétration suffisante sera plus efficace qu’un projectile très énergétique qui n’atteint pas les structures essentielles. La physique est un moyen. Le placement reste la finalité.
Efficacité terminale d’une balle de chasse : Remettre l’église au centre du village.
« Plus la vitesse est élevée, plus l’efficacité est grande » : Si cela peut vous consoler, même un des plus grand fabricant d’armes au monde y croit encore…:
Puissance d’arrêt : Quand le marketing donne des leçons de balistique…
La vitesse favorise l’expansion de nombreux projectiles, mais elle peut aussi réduire la pénétration si la balle se fragmente prématurément. C’est le cas des balles de chasse à la différence des balles dites « de guerre » qui sont blindées (FMJ). Face à une agression TRÈS RAPIDE, La peau a tendance à se comporter comme les fibres d’un gilet pare-balles : La peau ou le cuir de l’animal se contracte d’autant plus fort, que la vitesse est rapide.
À l’inverse, une balle plus lourde, plus lente et correctement construite peut traverser davantage de tissus et atteindre des organes plus profonds.
La vitesse est un paramètre, mais un paramètre important ! : On considère qu’en battue, il faut rester bien au dessous-des 900 m/s en terme de vitesse initiale. La vitesse ne résume pas l’efficacité d’une munition.
« Un gros calibre arrête toujours » : Si c’était vrai, aucun animal atteint par un gros calibre ne parcourrait plusieurs dizaines de mètres. Or chacun sait que cela arrive, voire même des centaines de mètres… Le calibre augmente les possibilités.
Il ne remplace jamais un bon placement de balle. La précision reste la première qualité d’un chasseur.
« Un animal qui tombe est mort » : Quand je découvre la chasse en 2000, je suis horrifié par ce que je vois ! En 2007, un gars vient de tirer un cerf et qu’il l’a laissé agonisé un très long moment avant qu’il ne meure. Là j’ai dit : « C’est pas possible ! ça et les balles trop légères, il faut que ça cesse ». Je décide donc de créer ce site fin 2007. Il y a encore trois ans de cela en moyenne montagne, le tireur déclare au retour à la cabane : « A la premiére balle le cerf a fléchi, j’ai dit : « il est mort, je ne vais pas GASPILLER UNE DEUXIÈME BALLE….!!! C’est quand même DINGUE d’entendre des trucs comme ça….. C’était un invité, la tête du responsable de chasse…., j’ai vu le moment où il allait exploser !!!! On ne peut pas tolérer un comportement pareil, c’est inadmissible. Vous avez, nous avons l’obligation de toujours doubler le tir : Le premier pour écrouler l’animal, le deuxiéme en visant un point vital, tête ou cou pour ne pas qu’il puisse disparaitre, mortellement blessé. Sur un sanglier de 108 kg, à mes débuts, j’ai enchainé 4 balles ORYX de 7×64, quand j’ai vu la taille du monstre…
Un animal peut s’écrouler sous l’effet du choc, d’une atteinte neurologique partielle ou d’une perte d’équilibre. C’est une erreur fréquente.
Il peut également se relever quelques secondes plus tard. Mais aussi et à plusieurs reprises le sanglier « mort sur le coup » se réveille à l’arrière du CITROËN C15 sur la route….
Histoires vraies !!!
Considérer qu’un animal est mort parce qu’il est tombé conduit parfois à perdre un temps précieux. Un animal au sol doit toujours être considéré comme potentiellement capable de repartir.
« Un animal qui fuit n’est pas touché » : C’est probablement l’une des erreurs les plus coûteuses. De nombreux animaux mortellement atteints parcourent encore plusieurs dizaines voire centaines de mètres. Parfois davantage. La vitesse de fuite ne permet jamais, à elle seule, de conclure.
Seule l’observation attentive de la réaction de l’animal permet d’évaluer la situation.
« Le deuxième tir signifie que le premier était mauvais » : Cette idée mérite d’être abandonnée. Le deuxième tir n’est pas l’aveu d’un échec.
C’est souvent la conséquence d’une bonne décision. À condition toutefois ne pas tirer d’abord, chercher ensuite à analyser la situation et éventuellement redoubler.
En battue, lorsque l’animal est encore visible et que les conditions de sécurité le permettent, doubler immédiatement augmente les chances de maîtriser la situation, donc de ne pas perdre l’animal.
Le premier tir ouvre parfois une opportunité, le second permet de la saisir.
« Le meilleur calibre est celui dont tout le monde parle » : Les modes existent aussi dans le monde de la chasse. Un calibre devient populaire. Puis un autre. Mais aucun calibre ne compense une mauvaise décision.
Le meilleur choix reste celui que le chasseur maîtrise parfaitement et qu’il utilise avec une munition adaptée au gibier chassé.
Le terrain tranche toujours. Les discussions sont passionnantes. Les chiffres sont utiles. Les essais en laboratoire apportent des informations précieuses.
Mais aucune théorie ne remplace des années d’observation honnête sur le terrain.
Le chasseur progresse lorsqu’il accepte de remettre en question ses certitudes.
L’expérience n’est pas l’accumulation des années, c’est l’accumulation des observations.
À retenir : Les idées reçues simplifient des réalités souvent complexes.
Elles rassurent. Mais elles peuvent aussi conduire à de mauvaises décisions. Le chasseur responsable ne recherche pas des réponses toutes faites.
Il observe.
Il compare.
Il réfléchit.
Il lit des sites comme celui que vous lisez. Dites vous bien que si des experts, judiciaires notamment, ont publiés leurs livres ou m’ont fait une dédicace personnelle, c’est parce que ce que j’écris remet l’église au centre du village…!
Je ne cherche pas à avoir raison, je démontre simplement ce qui fonctionne… et ce qui ne fonctionne pas.
Quel calibre pour le sanglier ? Les erreurs et idées reçues de la presse chasse.







