La chasse commence bien avant l’apparition du gibier.
On parle souvent de l’arme idéale, du calibre ou de la munition. Pourtant, il existe une compétence beaucoup plus discrète qui influence directement la réussite d’une battue : savoir tenir un poste. Ce savoir ne s’achète pas. Il s’acquiert par l’expérience, l’observation et la discipline.
Être assis : un choix technique : Depuis 2007, que ce site existe, je recommande de chasser assis en battue lorsque les conditions du poste le permettent. Ce n’est pas une recherche de confort, mais une véritable technique de chasse. Une position assise apporte une stabilité remarquable, réduit la fatigue et limite presque tous les mouvements parasites. Le chasseur ne change plus constamment d’appui et conserve plus facilement une attitude parfaitement immobile. L’immobilité est votre meilleur camouflage
Je vois d’ici les esprits chagrins qui vont me rétorquer : On ne tire pas assis ! Ah bon….!!! J’ai dit le contraire ??? Je parle dans cet article de la position à tenir au poste dans 99 % du temps. Le fait d’être assis et en position de tir avec l’arme à 45°,crosse à l’épaule, c’est que l’on ne fait que monter le canon en direction de la bête et au moment où tout est dans l’axe, on finit de se relever en visant. L’animal, s’arrête pour identifier et là on tire !!! VU ????
Le gibier perçoit souvent votre odeur bien avant votre présence visuelle. Pourtant, ce qui déclenche le plus fréquemment sa fuite est le mouvement. Une silhouette immobile est parfois tolérée quelques instants, bien que la silhouette humaine soit facilement reconnaissable. D’où l’intérêt de briser ce visuel. En revanche, un mouvement d’épaule, un demi-pas ou un geste brusque attirent immédiatement son attention. On entend souvent dire que les animaux « voient mal ». Ce n’est pas tout à fait exact.
Beaucoup d’espèces détectent surtout les mouvements avec une remarquable efficacité. Tant que vous restez immobile, vous conservez un avantage. Lorsqu’ils vous identifient clairement, il est souvent déjà trop tard… pour tenter de les surprendre.
Préparer son poste : Avant le début de la traque, prenez le temps d’observer. Identifiez les angles de tir
autorisés, vérifiez l’arrière-plan, imaginez les trajectoires probables du gibier et placez votre siège de manière à pouvoir épauler sans effort. Lorsque l’action commence, rien ne doit vous obliger à improviser.
Observer sans s’agiter, entendre avant de voir, voir avant d’être vu : Regarder ne signifie pas bouger. Les yeux travaillent beaucoup mieux que la tête. En limitant les rotations du buste et les changements de position, vous demeurez discret tout en restant attentif à votre environnement.
La patience est une technique : Le poste récompense rarement le chasseur impatient. Celui qui remue, se retourne sans cesse ou manipule continuellement son arme finit presque toujours par être repéré. La patience n’est pas une qualité abstraite : c’est une méthode de chasse.
À retenir : Le tir ne commence pas lorsque l’animal apparaît. Il commence lorsque le chasseur s’installe. Un poste bien préparé, une position assise stable, une immobilité maîtrisée et une observation calme offrent souvent davantage d’efficacité qu’un équipement plus coûteux. La discrétion est une compétence, et comme toutes les compétences, elle se travaille.
Le meilleur tir n’est pas celui que l’on réalise au stand. C’est celui que l’on réalise lorsque tout devient plus difficile.
Le sang-froid n’est pas l’absence d’émotion. C’est la capacité à prendre la bonne décision malgré l’émotion.
En battue, ce n’est pas le temps qui manque. C’est le temps qui est compté.





