Livre. « Un aller simple pour le Vietnam (1966-1968) ».

Catherine Leroy, correspondante de guerre

Première femme à recevoir la médaille d’or Robert Capa, qui récompense un reporter pour son courage et son esprit d’indépendance, Catherine Leroy est l’une des rares femmes photographes à couvrir la guerre au Vietnam entre 1966 et 1968.

Elle a tout juste vingt-et-un ans lorsqu’elle s’envole, avec un aller simple, pour Saigon, avec pour seuls bagages un boîtier Leica et une centaine de dollars. Très vite, la jeune femme sympathise avec les soldats américains et partage leur quotidien – ils appartiennent à la même génération. Durant trois ans, elle va couvrir le conflit au plus près de l’action. Elle suit les patrouilles en mission, partage avec les soldats leurs rations et couchages de fortune.

Ses cadrages serrés et sa très grande proximité avec les Marines saisissent les visages et les corps pris dans la tourmente des tirs. Dans la chaleur et la boue de la jungle vietnamienne, Catherine Leroy capture les moments de courage, de peur, de tension, mais aussi l’amitié, la solidarité et la détresse de jeunes hommes foudroyés par la violence du terrain. Son objectif restitue la fulgurance des combats, le désespoir du peuple vietnamien, les ravages de chaque côté du conflit. Faite prisonnière à Hué par les soldats nord-vietnamiens durant l’offensive du Têt, elle réalise un reportage exceptionnel et fait la couverture de Life.
Ses photographies font le tour du monde.
Seule femme civile à sauter en parachute avec l’armée américaine, Catherine Leroy ouvre la voie à ses consœurs reporters de guerre. Brevetée parachutiste après effectué un « saut de guerre », c’est à dire entre 150 et 200 mètres maximum.

Catherine Leroy just before her parachute jump
uncredited troop photo

Ses images, publiées dans de prestigieux magazines internationaux, témoignent de l’acuité d’un regard photographique singulier : celui de l’une des toutes premières femmes engagées au plus près des combats dans un univers professionnel essentiellement masculin. Son audace, sa curiosité, son œil acéré confèrent à ses photographies une extraordinaire puissance visuelle.
Ce livre, qui inclut la correspondance de Catherine Leroy avec ses parents, de 1966 à 1968, révèlent l’émergence d’une jeune photojournaliste et racontent son parcours initiatique : une vie où se mêlent engagement politique, social et féministe.

  • Catherine Leroy, la photographe française oubliée de la guerre du Vietnam.
    Un livre puissant, qui mêle aux images de la photo-reporter des écrits envoyés à ses parents, rend justice à cette femme partie seule, à 21 ans, pour Saïgon.
  • Catherine Leroy (1944-2006), un regard oublié. Seule femme photographe à couvrir le conflit au Vietnam en tant que correspondante de guerre (1966-1968), première lauréate de la médaille d’or Robert Capa pour ses reportages sur la guerre civile au Liban, Catherine Leroy a imposé son regard sur le front des conflits, avant d’être oubliée. 
  • Catherine Leroy prenait des photographies comme personne avant elle, précisément parce qu’elle ne savait pas ce qu’elle était censée faire. Elle a ouvert un champ dans la photographie.(..) Mais aussi elle a tracé un chemin pour les femmes. Elle était tellement mal traitée par ses collègues que ces exploits ont été minimisés. Elisabeth Becker.

One-way ticket to Viêtnam (1966-1968)

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