T. Sánchez-Ariño. « Histoires d’ivoire. Mozambique, Angola, Ouganda, enclave du Lado, Afrique australe ».

Les souvenirs de cinquante ans de chasse à l’éléphant de l’Espagnol Tony Sánchez-Ariño (né en 1930), l’un des plus grands guides de chasse contemporains, ayant tiré plus de mille trois cents éléphants, trois cents lions et deux mille buffles ! Ces récits fruits de la riche expérience de l’auteur au Mozambique, en Angola, en Ouganda et dans l’enclave du Lado sont ponctués de nombreuses et intéressantes anecdotes et de photos sur les grands aventuriers et les plus fameux chasseurs d’ivoire qui ont parcouru l’Afrique de la fin du XIXe siècle à l’arrivée de Tony sur le sol africain, en 1952 en Guinée alors espagnole.

Actualisation en fin d’article

TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos 
Préface 
Introduction
I L’ivoire 
II La piste de l’ivoire 
III Les dernières frontières des chasseurs d’ivoire
IV Quelques aventures
V L’éléphant d’Afrique 
VI La chasse
VII Armes et munitions 
Épilogue

EXTRAIT DE L’OUVRAGE

« Je visai soigneusement le milieu de son épaule. Au coup de feu il se précipita devant lui et je le perdis de vue quelques instants. Je n’avais pas encore rechargé que je me retrouvai subitement face à un éléphant qui venait droit sur moi. C’était le second éléphant. Il était resté tout ce temps derrière son compagnon et j’avais supposé que tous les bruits que j’avais entendus ne provenaient que d’un seul éléphant. Quand son compagnon blessé s’est enfui, le second éléphant soudain réveillé en a fait autant et par hasard, droit dans ma direction. Bien que je sois d’une nature imperturbable et que j’aie les nerfs solides, c’était un moment à vous dresser les cheveux sur la tête. Réagissant immédiatement, je tirai au milieu du front pour l’arrêter sans avoir le temps de viser proprement. Heureusement, la balle a atteint son but sinon j’aurais été aplati comme une crêpe. » Paris, Montbel, 2010. In-8, 17 x 24 cm, broché, 264 pages.

Mon commentaire après avoir lu ce livre

Dans les 40 articles consacrés aux livres des « aventuriers voyageurs » il y a plusieurs livres  dont la présentation m’avait mis l’eau à la bouche. Celui-ci est le premier et au fur et à mesure d’autres viendront s’y ajouter.

D’abord ce sont des récits de vie HORS NORMES. J’ai croisé certains d’entre eux quand j’ai vécu un an à Abidjan en 1978. J’avais 21 ans. En 1979, j’ai traversé le Sahara dans sa plus grande longueur en partant de ORAN jusqu’à AGADEZ. Maintenant force est de constater que cette époque est révolue. Mais quels souvenirs….!!! J’ai eu la chance de croiser des gens TRÈS HAUT EN COULEURS, qui vous font une confidence par ci par là : La petite Histoire dans la grande Histoire.

Souvenirs souvenirs……

1979 : Traversée du Sahara de Oran à Agadez en camion et voiture.  Parce que moi aussi j’ai fait du  »pelletage » au milieu du Sahara, avec les mêmes camions et les mêmes énergumènes… j’avais 22 ans à l’époque, de Sète à Oran puis Agadez au centre du Niger, 3000 km (le Sahara dans sa plus grande longueur), avec les mêmes camions, les mêmes pelles (!!!) et les mêmes moments à désensabler.

Les mêmes gars : Baroudeurs, ex …. ou …. du bord opposé, qui vous faisiez hurler de rire en racontant leurs souvenirs au moment des repas dans un coin perdu au fin fond du désert du Sahara. Agadez Niamey en C130 Hercules Nigérien piloté par…. des Américains et Niamey la France sur un vol d’Air Algérie avec comme tout billet d’avion un mot de l’ancien chef d’escale… Prescription….

Une autre époque…!!! Merci aussi à l’amicale d’Occitanie, au Docteur Bonnafous et du LIONS CLUB d’Abidjan en 1978 pour le « GP » (Passage Gratuit) pour la France… Prescription là aussi…. Circonstance « aggravante », j’ai passé mon permis de conduire à Abidjan et on me l’a donné parce que………. je m’appelais « Olivier » comme l’inspecteur !!!

Immeuble Nasser. Rue du Commerce. Abidjan.

J’ai eu la chance de croiser quelques « GRANDS BLANCS » de cette trempe :

Bernard LUGAN, le « Grand Blanc » qui redonne ses titres de noblesse à l’Afrique.

  • Henri Nérac c’est le pseudonyme que prend Bernard Lugan pour raconter sa propre histoire. C’est important de le souligner avant la lecture du livre ! Un extrait haut en couleur qui résume bien le livre : « …….Henri Nérac [NDR. Alias Bernard Lugan] logeait au Kiyovu. Et c’est là qu’il fut le témoin d’une scène interdisant de totalement désespérer de l’avenir de la Civilisation…
  • Le silence était à peine troublé par les grillons et autres multiples insectes qui animent les nuits sous ces latitudes, quand deux détonations retentirent.
  • Surpris, Henri sursauta, il vit le bourgmestre remettre dans son étui le Colt qu’il tenait à la main….
  • Et, quelques secondes plus tard, le serveur du bar apparut, courant…. en portant un plateau sur lequel trônait un verre. Deux coups ayant été tirés, Athanase avait compris que l’ancien édile désirait un double whisky…!!! »

« C’est [NDR.C’était…] l’AFRRRIKK Patrrron…! »

Après cet hommage qui ne me rajeunit pas, venons en au livre lui même. Ce genre de livre c’est mieux qu’un roman parce que c’est du vécu, tout simplement. Le livre est illustré de photos en couleur.

Ce livre parle essentiellement de la chasse à l’éléphant. L’auteur est un spécialiste qui a chassé du nord de l’Afrique au sud, du Nil à la forêt équatoriale. C’est aussi et surtout un spécialiste des armes et munitions ayant à peu prés tout chassé avec toutes les armes disponibles, notamment celles qui développent jusqu’à 17 tonnes de pression pour 6.45 cm² !!!!!!!!! Pour vous donnez une idée, c’est comme recevoir un parpaing de plus de 650 Kg. Il faut bien ça pour arrêter un éléphant à qui il ne reste plus que 10 mètres avant de vous marchez sur le ventre. Mieux encore, vous êtes encerclé par un troupeaux d’éléphants et vous en tuez 12 (!!!!) pour vous dégagez de là !!!!!!!!!!! Je vous l’ai dit c’est mieux qu’un roman !

« Chapitre VII. ARMES ET MUNITIONS »

Ce commentaire fait que cet article sera intégré à un autre article :

Chasse en Afrique. Conseils. 375 HH Magnum, 9.3×62, 9.3×74

Tony Sanchez nous livre ses conseils et ils sont uniques. D’autre part, ils rejoignent mon avis sur certains sujets comme l’éthique mais aussi techniques.

Première recommandation dont je découvre toute l’importance sur le plan balistique, c’est une révélation : « À la chasse à l’éléphant, il est obligatoire de ne tirer que des balles blindées à pointe ronde. Une balle pointue est inutilisable parce qu’elle a tendance à prendre de l’angle à l’impact, on réservera ce type de balle à un usage militaire. La balle doit avoir les côtés parallèles et non coniques. Il est très important qu’elle soit assez solide pour ne pas se déformer ni se désintégrer en heurtant de gros os et qu’elle puisse poursuivre sa course avec une pénétration maximale, essentielle sur ce genre de gibier ».

Le livre a été écrit il y a fort longtemps. En 2025 le technique des balles a bien évolué. Même si cela reste vrai pour les balles pointues, certains fabricants ont opté pour une autre approche :

Nouveauté 2020 FEDERAL : La balle « traditionnelle » expanse aussitôt à l’impact et libère toute son énergie. Autrement dit elle va abandonner une partie de son énergie dans le cuir de la bête. La balle FEDERAL expanse deux fois plus mais très loin dans la cible. D’où de gros dégâts et un pouvoir d’arrêt qui doit être phénoménal !!!! Je chasserai en Afrique, je me précipiterai pour l’essayer…!!! Et m’envoyer les photos…

La pointe n’est pas creuse (concave) pour faire joli. Cela renforce la pénétration en concentrant toute l’énergie au centre du projectile.

Dans un précédent article, je parlais d’un chasseur qui tirait l’éléphant avec du 7 ou 8mm, ce qui est maintenant interdit. Tony Sanchez n’est absolument pas d’accord avec cette pratique et je le rejoins parfaitement car c’est l’éthique de ce site aussi quand il dit : « ….Il serait intéressant de connaitre le nombre d’animaux blessés qu’il a perdus en rappelant que Bell chassait en forêt équatoriale d’Afrique centrale et occidentale où la visibilité est très réduite ».

« ……Le fait qu’une balle tue n’est pas suffisant. Il est beaucoup plus important de savoir si elle peut arrêter sur place un éléphant qui charge. Ceci ne peut être obtenu qu’avec un gros calibre tirant des balles LOURDES ».

J’ajouterai qu’il en va de même pour le sanglier, je me tue à le dire depuis 2017, on ne veut pas une balle qui tue, on veut une balle qui écroule l’animal sur place et on le tue en doublant !!!

« Double Tap », « Drill de chasse » : Comment ne plus perdre de bêtes.

Stopping power, distance de fuite, Tué sur place, ou « Pouvoir d’écrouler » ?

Le calibre 500 et le calibre 416 Rigby sont sur-représentés parmi les chasseurs professionnels. Même le 375 H&H Magnum n’est cité que 2 fois sur  60 contre 7 pour chacun des calibres cités plus haut. Tous les autres calibres sont anecdotiques.

Express ou carabine ?

« L’Express a été créé principalement pour chasser dans un environnement dense ou la visibilité est réduite et où il est indispensable d’avoir deux coups disponibles sans desépauler, c’est pourquoi elle est considérée par beaucoup comme le standard pour chasser l’éléphant. Cependant, si l’on observe la vie des grands chasseurs d’éléphants, on se rend compte que beaucoup utilisaient une carabine simple et il ne semble pas qu’il y ait une arme idéale en toute circonstances. Chaque système a des avantages en fonction du terrain et de l’habilité du chasseur ».

Tony Sanchez considère que l’Express est plus adapté face à des animaux imposants et dangereux en Afrique en Asie ou en Amérique du Nord, dans un environnement dense de broussailles dans une forêt impénétrable. C’est le seul point de désaccord que j’ai avec lui. Avec ma carabine en 375 H&H Magnum je tire aussi vite qu’un express mais par contre j’ai quatre balles + 1 au lieu de 2 en tout.
Il dit bien aussi que si on a un Express, il faut absolument avoir des éjecteurs automatiques. CQFD : Je suis contre ces armes qui avec le même poussoir vous permettent de choisir entre : éjection manuelle, automatique ou sélective ! Et pourquoi pas faire le café tant qu’on y est….!!!
C’est un coup à s’embrouiller et à ne pas éjecter les balles au moment où on en a le plus besoin. Il faut que l’arme soit simple c’est-à-dire qu’elle éjecte automatiquement les cartouches et sélectivement les douilles vides et basta !!! Surtout, quand vous êtes encerclé par un troupeaux d’éléphants et que vous en tuez 12 (!!!!) pour vous dégagez de là !!!!!!!!!!!
Il préfère les Express à 2 détente mais n’a rien contre les Express mono-détente. Personnellement je préfère mono-détente.
Pour lui un Express doit grouper dans un cercle de 10 cm à 100 m ce qui est la norme HEYM.

Une remarque que j’avais déjà faites dans mon article de 2010 : Grand-gibier : Fusil / carabine / Express idéal : Je cite Tony-Sanchez : « Les Express de gros calibre doivent toujours avoir des canons juxtaposés. Les superposés sont plus difficiles à recharger car il faut les casser plus pour charger le canon inférieur. Aucun armurier anglais n’a construit de superposé à l’exception de Westley Richard qui en proposa quelques années il y a longtemps ». 

Angle d’ouverture plus faible sur un juxtaposé

Conseil intéressant pour tous ceux qui chassent dans les pays tropicaux, il conseille de mettre les balles dans des pochettes scellées sous vide pour les protéger des variations de température et de l’humidité.

Conseil personnel : Faites tourner les balles contenues dans le chargeur de façon à ce que ce ne soit pas toujours les mêmes balles qui encaissent le recul. Cela va finir par les déchausser.

  • Il ressort de ce livre de Tony Sanchez et des autres livres (« Gros la viande ») que je suis en train de lire, plusieurs choses pour nous autres chasseurs lambda, non-guide :
  • 1. 416 Rigby pour le buffle ou l’éléphant « au contact ».
  • 2. 375 H&H Magnum pour l’éléphant si vous le tirez de profil entre l’œil et l’oreille avec un tir oblique pour que la balle trouve le cerveau.
  • 3. Éléphant de face = 416 Rigby. Inutile de vous esquinter les tympans et l’épaule avec du 500, du 600 voire du 700, ça ne sert à rien. Avis personnel.
  • 4. Avis personnel même s’il n’en parle pas :  Je rajouterai dans tous les cas un réducteur de recul et un frein de bouche.

  • 5. Chaque boite de balles dans un pochette SOUS VIDE D’AIR pour ne pas les exposer aux variations de température et à l’humidité.

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