Livre : Colonel SASSI. Opérations Spéciales : 20 Ans de Guerres Secrètes

Encore livre de la série : « Récits & Documents » aux éditions NIMROD, je vais vous parler de celui-ci qui relate la vie de Jean SASSI, le Français dont l’action inspira la création des Bérets verts US. C’est le créateur des Bérets verts lui même qui le déclara dans ses mémoires : Le colonel Aaron Blank, ancien de l’OSS.

Venant de terminer « Opération Geronimo » il m’avait été conseillé de lire ce livre vu l’intérêt que je porte à l’étude des guerres asymétriques. Sans doute une question de réincarnation ;-)))

« Guerre asymétrique », terme inventé pour qualifier les guerres qui se font comme elles se sont pratiquées durant des millénaires et que quelques « Gentlemen » et autres « Seigneurs » ou « officiers  Prussiens » ont voulu codifier par des uniformes pour distinguer les populations civiles des soldats officiels. Les Conventions de la Haye et de Genève en découlent également.

Guerre asymétrique dont le contraire est évidemment une guerre dite « symétrique ». Une guerre dite symétrique est une guerre telle que l’a pratiquée Napoléon ou plus tard Pétain et les généraux de 14/18 : envoyer de la chair à  canon en rangs bien serrés se faire hacher menu par la mitraille, quand on ne les envoyait pas en pantalon ROUGE (!) et haut bleu marine à l’assaut des mitrailleuses Allemandes en 1914.

soldat-1914.jpg

A comparer ( si ce mot à encore un sens ! ) avec celui des Allemands :

Mitrailleuses, dont le  général en chef de l’infanterie française le Parlement en rejetait l’importance devant le Parlement en déclarant : 1910. « Ne vous méprenez pas, cette arme ne changera absolument rien ». Son homologue US ne valait pas mieux : « La mitrailleuse est une arme grossièrement surestimée ». Maréchal Douglas HAIG. 1914. FOCH n’était pas en reste : « Les avions sont des jouets intéressants, mais sans valeur militaire ». Maréchal Ferdinand FOCH, professeur de stratégie militaire et commandant de l’École supérieure de guerre (1911). Citations extraites du livre : « Paroles d’experts ».

Toutes ces guerres tenaient plus de l’assassinat que de la stratégie. On reviendra plus tard dans le livre sur le terme « assassinat » avec les propos de Pierre MESMER sur les actions des services secrets Français en Indochine à propos de leurs propres troupes… !!!

Une guerre symétrique disais-je est une guerre qui se déroule point par point comme l’a prévu le haut État-major, souvent, comme on le verra dans le livre, par une formule lapidaire comme celle du général Navarre à Diên Biên Phu : « Il y a 50.000 Viets face à nous. A chaque assaut, ils en perdront 5000 ! Faites le compte : en dix assauts ils seront réduits à néant ». On connaît la suite !

Puisque je suis chez moi et que j’écris librement je m’autorise à un long aparté sur plusieurs mentions du livre concernant la guerre asymétrique et le retard pris par la France :

NOTA BENE : La France a petit à petit regagné  son retard en matière de contre-guérilla mais a perdu tout crédit en action psychologique et en technologie de drone armé, désignation d’objectifs, etc…. Ce qui fait que nous avons constamment au moins deux guerres de retard ! Exception faites des industriels et de leur trésorerie… ! On peut quand même citer :

  • « la bleuite »,
  • « Comment la désinformation française a semé le doute chez les maquisards algériens »

………qui fonctionna tellement bien que l’on s’empressa de ne pas recommencer de peur que l’armée et ses généraux ne deviennent inutiles ! Nous avons, faut-il le souligner, 20 millions habitants de moins que l’Allemagne et pourtant nous avons 40% de généraux en plus ! Pour combien de guerres gagnées depuis deux siècles ?

Le rédempteur des guerres asymétriques mené par une armée officielle, fut bien évidemment Lawrence d’Arabie  « Colonel Awrence ». Les Français n’en ont pour ainsi jamais eu avant la création du 11éme Choc, hormis des entreprises individuelles comme celles de SASSI, Vandenbergue et ses tigres noirs.

vandenberghe.jpgMais nous n’avons jamais eu et nous n’avons toujours pas une vraie école de guerre psychologique.

Sans vouloir vous déprimer, celle des Américains remonte à….. 1952 !!!

Churchill disait : « Que la stratégie soit belle est un fait, mais n’oubliez pas la réussite ». Hitler complétait en ces termes : « L’art, je m’en moque ! Pour moi, les plus belles œuvres d’art sont au nombre de trois: l’obus, le fusil et le char blindé ! » 60 ans après qui a retenu la leçon en Irak, Afghanistan, Rwanda, Côte d’ivoire, etc…
Page 71 : Parachuté au sein de la Résistance Française : « Nous avons inauguré une guerre insurrectionnelle inconnue des Français et qui relevait autant de l’action psychologique que du combat armé ». La création des Bérets verts US est résumée à elle seule dans cette phrase. On est en 1945…. !

Page 86 : « Les Britanniques avaient une longueur d’avance sur nous en matière de guérilla irrégulière en milieu tropical ».

Page 89 : « Nos supérieurs français, …….ces officiers de la vieille école qui n’avaient jamais mis les pieds dans la jungle, se permettaient de nous tenir un avis aussi doctoral que doctrinal ».

Page 145 : « La reconquête de l’Indochine entamée par le général Leclerc en automne 1945 relève de tactiques et de techniques de guerre conventionnelle, avec champs de bataille mouvements blindés ». Remplacez Indochine par : Irak, Afghanistan, Rwanda, Côte d’ivoire, etc…
Page 198 : « La hiérarchie militaire, conservatrice pour ne pas dire réactionnaire, ne comprenait pas la vocation de cette guérilla ».

Page 226 : A lire aussi sans modération !

Analyse personnelle : La désastreuse deuxième guerre d’Irak fut de mon point de vue, la défaite de Rumsfeld face à l’US ARMY représentée par le général Franks, artilleur de son état. Le fait qu’il soit artilleur compte pour beaucoup  dans son étude comportementale ! Je veux dire par là que l’artillerie classique est la grande perdante de la guerre High-tech ! Pas besoin de calculer la  trajectoire parabolique du calibre, tu rentres les 10 chiffres des coordonnées du GPS et tu tires. Un peu comme si on demandait à Beethoven de composer la cinquième symphonie sur un clavier de PC !

La première partie de la guerre d’Afghanistan, celle qui fit tomber le régime Taliban (ex pro-américain) peu de gens le savent, fut gagnée en seulement trois semaines (oui 3 semaines !), avec 500 hommes des Forces Spéciales Américaines, soit 10% de la Police de New-York à l’époque. FS équipés essentiellement de désignateurs lasers GPS. On est en 2001, la guerre est gagnée en trois semaines, reste à consolider cette action sur le terrain. Et là patatras.. !!! Mais c’est une autre histoire !

Cette victoire éclair fut l’aboutissement de la tactique dite de Rumsfeld, un techno-maniaque qui a réussi à imposer son point de vue du « tout- technologique » allié à des forces spéciales. Il a alors gagné son pari. Mais le high-tech n’est rien sans une occupation intelligente du terrain et une approche psy. Faire une approche psy du paysan Afghan en allant recruter de jeunes désœuvrés sur les parkings de supermarché, je doute que cela fonctionne !

Évidemment pour la deuxième guerre d’Irak, il souhaite récidiver si je puis dire ! Mais c’est sans compter avec l’opposition de l’US-ARMY qui voulut montrer qu’elle aussi pouvait gagner une guerre tout aussi facilement et rapidement que les barbouzes de la CIA. Le fait qu’il soit un artilleur frustré, c’est moi qui le dis, ne va rien arranger !

Celui-ci va se lancer dans un remake de guerre aussi « doctrinale que doctorale » comme dirait Sassi et nous la rejouer façon Napoléon, balise GPS en plus. Les soldats de plomb de l’Empereur ont été remplacés par des triangles bleus sur un écran de télé géant !

Résultat des courses : Après avoir détruit autant d’infrastructures militaires que civiles, (sauf le ministère du pétrole qu’ils ont protégé bien avant le musée de l’ancienne Babylone) ces abrutis d’Américains n’ont pas trouvé mieux que de licencier toute l’administration Irakienne, puis tous les cadres de l’armée Irakienne qui du jour au lendemain se sont retrouvés sans solde ! Je vous laisse deviner qui les a payés, dans quel but et contre qui ils se sont retournés !

Les Américains ont fait en Irak ce que leurs grands-parents et arrières grands-parents rêvés de faire en France avec l’AMGOT ! A croire que la connerie est héréditaire et congénitale ! Dans son malheur le peuple Irakien n’eût pas la chance d’avoir un De Gaule pour s’y opposer !

On continue l’étude chronologique du livre une longue série de crétinerie (je suis poli) administratico-militaire-Franco-Française, qui si j’en crois le livre « d’une guerre à l’autre », n’est pas prêt de s’arrêter ! Les clones de 1954 ( je dis « clone » parce que 50 ans après je doute que ce soit les mêmes ! ) répondent en 2004 à l’auteur du livre cité, ce dernier arrive blessé du bombardement de Bouaké, est contraint de rentrer en France en plein hiver avec un survêtement usagé prêté par un officier qui lui déclare : « qu’il  ne sera pas évident de faire ouvrir le magasin des réserves un dimanche ! ».

Page 45 : Bien avant le débarquement en Normandie, l’intendance Française avait reçu EN CADEAU des Américains, 300.000 paquetages américains qu’elle n’a jamais distribués arguant du fait que les hommes devaient les acheter sur leur propre argent.

Page 90 : Ce constat lapidaire : « En outre en 1945 c’était encore l’armée Française avec des bandes molletières ».

Page 92 : SASSI qui a commencé à opérer dans la jungle Indochinoise comme Jedbugh doit repartir pour une nouvelle mission. Il réclame à son commandant : un Colt 45 et une carabine US M1 (en lieu et place de la pétoire MAT 49). Le commandant Français lui offre un pistolet (pour dame) en 6.35 nacré. Et il ajoute : « Vous sautez avec un poste récepteur mais vous n’aurez pas  de poste émetteur ». Ne riez pas ! Tout est vrai !

Page 93 : Toujours en Indochine, Sassi demande de l’argent pour payer ses partisans. Réponse de son commandant : « Vous les paierez en bonnes paroles ».

Page 112 : Ahhhhhhh !!!!!!! La page 112 un chef d’œuvre ! Que dis-je une ode à la connerie !

Sassi depuis la jungle demande de l’équipement à l’Etat-major Français : « Nous voulions des treillis : on nous envoyait des uniformes bleus de marins et de pompiers ». « On était pieds nus, on demandait des jungles boots, on nous gratifiait de sandales sahariennes à sangles ». « Il nous fallait des médicaments : Nivaquine, antibiotiques, seringues, etc… On nous a parachuté un hôpital de campagne ! Mais sans les infirmières… ! ».

Vous comprendrez plus loin pourquoi Pierre MESMER parlera « d’assassinat »  dans ses mémoires.

Rappel : Le bilan de la guerre d’Indochine se chiffre à 20 000 morts français, 11 000 légionnaires (dont beaucoup d’Allemands démobilisés), 15 000 Africains et 46 000 Indochinois. Il faut ajouter à ces chiffres le nombre très important de prisonniers de l’armée française qui moururent durant leur captivité, soit 3000 survivants pour 12.000 prisonniers à Dien Bien Phu.

Page 127 : Où comment Sassi découvre 50 ans avant nos soldats en Afghanistan que : « l’ennemi connait la portée de nos armes et gardent la distance de sureté ».

Les talibans connaissent dés 2001 la déplorable portée de notre 5.56 (300 mètres utile grand maxi) mais l’Etat-major, lui, l’ignorait….. !

Conséquence les talibans engagent le tir à partir de 400 mètres et de notre côté……… on baisse la tête et on attend que ça passe ! A ce jour en 2012 il n’est toujours pas question de remplacer le 5.56 par du 7.62 !

Vous découvrirez pour ceux qui l’ignorent encore qu’après avoir abandonné les Méos, nos Harkis Indochinois, il n’en reste aujourd’hui après représailles que 10.000 sur les 90.000 qui existaient à l’époque, nous abandonnerons tout aussi allégrement les Harkis en Algérie (150.000 morts excusez du peu !) pour continuer d’entendre aujourd’hui dans la bouche des soldats en Afghanistan, à l’adresse du paysan Afghan : « Mais pourquoi vous ne nous aidez pas ! Nous sommes vos amis ! Nous sommes là pour vous défendre ! Nous ne partirons que lorsque le pays sera redevenu démocratique ». Ce serait amusant qu’il tombe un jour sur un paysan Afghan qui leur réponde : « Tu me prends pour un con…. Tu veux voir ce qu’ils disent sur WIKIPEDIA concernant les Méos, les Irakiens et autres boat peoples Viet-Namiens que vous avez lâchement abandonnés ». Et d’ajouter : « Tu connais le proverbe Arabe qui dit : « Assieds toi au bord de l’oued et regardes le corps de ton ennemi passer ». « Retourne à tes études soldat ! Fin de la récréation ! »

Sassi rentre donc en France encore très jeune et intègre un lycée « au Nord de la Méditerranée ». Je ne peux m’empêcher de citer cette phrase d’un professeur de notre sublime éducation nationale qui sut si bien politisé ses élèves : « C’est vous le français ? On attendait un noir ! Nous avons un blanc, on s’en contentera ! ».

Vous lirez page 30 pourquoi il a été viré du collège après avoir -à raison- mis un grand coup de pied au cul de son prof d’Allemand !

Ce n’était qu’un début ! En 1939, en pleine débâcle, simple soldat un officier Français lui demande « de nettoyer l’armement d’une compagnie pour le remettre le lendemain aux Allemands ». Sassi a méthodiquement détruit tout le matériel puis s’enfuit pour ne pas être fusillé !

Au même moment, mon grand-père organisait dans le Gers le CDM (Camouflage Du Matériel) et beaucoup d’autres choses qui ne figurent dans aucun livre d’histoire. Il s’en foutait totalement de toute façon ! Je pense entre-autre au « Réseau Maurice », « Réseau militaire de renseignements et d’évasions », sous-réseau d « ’ALIBI ». Conclusion : « L’HISTOIRE n’a que faire du passé ! ».

Si Sassi a inspiré par ses actions la création des bérets-verts Américains il n’en reste pas moins et il le reconnait lui-même, qu’il a d’abord été formé à ce genre de guerre par les Anglais. Les Anglais étaient déjà des orfèvres en la matière ! Otto SKORZENY ne disait-il pas : « Les Anglais…. nos maîtres à tous ». Cette phrase dont j’ai perdu l’auteur : « Les Anglais font de l’Intelligence, les Français de l’espionnage ». La messe est dite ! Cette citation que j’adore de René Cousinier : « Quelle est la différence entre un empirique (Anglais)et un cartésien (Français) ?  Un  Anglais baise tranquillement pendant que le Français se fait chier à comprendre ! ».

Page 36 : Comme le rappelle SASSI, il ne faut pas confondre SAS et JEDBURGS. Pour faire un parallèle avec aujourd’hui, les SAS de l’époque étaient des Forces Spéciales conventionnelles alors que les Jedburgh étaient des Forces Spéciales clandestines.

Aujourd’hui on enverrait des commandos marines pour une action d’assaut mais en uniforme, alors que pour une action clandestine, on utilisera un certain régiment du S-O pour former des FS clandestines en civil. Sassi fut de cela.

Page 66 : Passage très intéressant toujours sur la Résistance Française et sur ce que je considère comme « un gros oubli » volontaire de l’histoire de France, je veux parler des représailles Allemandes dues à des actions individuelles, gratuites et contre-productives qui conduisirent à des représailles massives lors de la retraite Allemande. Il faudra bien un jour qu’un historien de renom ait les couilles de dire ce qui a prévalu aux massacres comme ceux perpétrés en Haute-Garonne (là on connaît les faits !) ou à Oradour sur Glane !!! Je sais pour l’avoir lu sur la bataille du Fort du Verdon, que plusieurs Français ont été fusillés pour « crimes de guerre et parce qu’ils avaient déjà commis des crimes de guerre dans le centre de la France ». Donc Sassi en vertu de ce principe de précaution interdit à son coéquipier de tirer sur un side-car Allemand pour éviter des représailles. Représailles qu’il peut constater de visu !

Au même moment, mon grand-père, maire d’une petite commune du Gers, voit arriver deux « résistants » qui viennent de se payer une estafette Allemande qui battait en retraite et qui ne sachant pas très bien quoi faire de la moto et du cadavre, s’adressent à mon grand-père qui s’empressa de faire évacuer discrètement et rapidement le village puis fit enterrer le corps de l’Allemand. 60 ans plus tard, le corps fut retrouvé, exhumé, un office religieux fut prononcé et une cérémonie Franco-allemande eut lieu.

Page 67 : Où comment les différents réseaux  de résistance se sont fait la guerre entre FFI, FTP, Communistes, Gaullistes, etc… Je suis intimement persuadé que Jean Moulin en a fait les frais !

Page 86 : Où comment ces abrutis d’américains ont amené Hô Chi Minh au pouvoir en l’aidant y compris sur le plan militaire, à faire la guerre au français pour que finalement tout cela se retourne contre eux. Comme le régime Taliban s’est retourné contre ses créateurs et financiers : toujours les américains !

C’est à lire page 141 : Où comment l’administration Française a dévalué les soldes en retard de ses propres combattants de 90% ! Vive la France !

Page 162 : Un incident récurent et dont mon « patron » à la B.A.N Hyères avait lui aussi fait les frais à son retour d’Algérie, on tente d’interdire à SASSI de porter une décoration trop glorieuse pour……. ses supérieurs ! Notez que ce n’est jamais l’inverse !

Page 173 : A lire pour savoir comment nos blessés et rapatriés d’Indochine ont été accueillis à leur retour dans un port « au nord de la Méditerranée ».

Page 205 et suivantes : Comment Sassi monte une opération pour briser l’étau de Dien Bien Phu avec 2000 partisans. Mais lui répond t’on : « Le géné chef est optimiste ». Navarre : « Il y a 50.000 Viets face à nous. A chaque assaut, ils en perdront 5000 ! Faites le compte : en dix assauts ils seront réduits à néant ».

SASSI révèle les faits suivants : La fameuse « colonne Crèvecœur » qui devait briser l’encerclement de Dien Bien Phu et dont Sassi ignorait jusqu’à l’existence (!!!) et qui progressait à seulement 50 kilomètres de lui, était en fait commandé par le Lieutenant Colonel Godard !!! Elle aurait donc du s’appeler « colonne Godard ». Mais comme L’HISTOIRE N’A QUE FAIRE DU PASSÈ, elle portera le nom de celui qui était resté derrière son bureau dans la capitale : le colonel Crèvecœur. De retour de son infructueuse mission le Colonel Godard se présentera devant Crèvecœur avec ces mots :  « Les ceusses qui marchent saluent les ceusses qui pensent ». Lire la suite page 211 et suivantes.

Page 212 et suivantes : Pour comprendre comment les politicards de l’époque ont laissé tomber l’Indochine avec cet aveu hilare de Khrouchtchev, ahuri par, je cite : « La bonne volonté des négociateurs Français nous a surpris alors même que le Viet-Minh s’apprêtait à battre en retraite à la frontière Chinoise ».

Pour en terminer avec les actions des services secrets Français en Indochine et des Jedburgh, laissons la parole à Pierre Mesmer  quand il est encore ministre de la défense : « Mesmer chercha les rapports qui avaient été versés aux archives de la DGER puis du SDECE, l’actuelle DGSE.

Dans son livre « Après tant de batailles » il écrit : «  Au bout d’un mois de recherches infructueuses,

mesmeril fallut m’avouer que ces documents avaient été brulés clandestinement, c’est-à-dire sans procès-verbal d’incinération. Les responsables avaient voulu effacer la trace d’une action si désastreuse, du fait de sa conception, qu’elle ressemblait plus à une tentative d’assassinat qu’à une opération militaire ». Faut-il ajouter que les archives Américaines sur les Jedburgh furent déclassifiées en 1979 et en Grande-Bretagne en 2002.

Jean SASSI termine sa carrière comme directeur du personnel chez Citroën où il recrutera comme ouvriers les boat-people et autres Hmong abandonnés à leur tour par leurs ex-protecteurs US : « Il avait été ministre, conseiller du roi avec rang de prince, il avait sept enfants à nourrir et aucune perspective. Je lui ai trouvé un emploi qui lui a permis de toucher une retraite ».

 C’est donc  le récit d’un homme exceptionnel, respecté de ses hommes, de ses partisans Indochinois qui fut toute sa vie en bute à la crétinerie militaro Française.

Le livre se termine par un hommage officiel et une reconnaissance internationale ! De la France ??? De ses généraux ??? Mais vous rigolez !!!!!!  Reçu en grande pompe au siège même de la CIA (le siège de la guerre clandestine)  et à FORT BRAGG, le siège des Bérets verts, le Président Ronald Reagan s’adressera à lui en ces termes : « Les risques extraordinaires que vous avez pris, les sacrifices que vous avez partagés, votre bravoure derrière les lignes ainsi que votre inépuisable énergie ont apporté une contribution magnifique à la victoire des Alliés. Que Dieu vous bénisse ! ».

Il est parti quelques jours après avoir bouclé la rédaction de cet entretien, il était satisfait du résultat : « Au moins les gens sauront ». J’ajouterai : « Mission accomplie mon colonel ! ».

Le livre comporte 95 pages de documents d’archives, compte rendu du Service Action en Indochine, reproduit en fac-similé mais également refrappé proprement  en gardant la structure du texte, l’orthographe et les abréviations originales. C’est aussi ce qui fait toute la richesse de ce livre.

Post Scriptum : Lisez « AutoRoute vers l’enfer » toujours aux éditions NIMROD. Je l’avais lu avant la création de ce blog, c’est un bouquin qui vous colle au plafond de la première à la dernière page.

Concernant les Harkis et les conditions indignes (c’est peu de le dire !) dans lesquelles ils ont étré « accueillis » en France, j’ai reçu un commentaire que vous pouvez lire ci-dessous avec la vidéo correspondante :

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2 thoughts on “Livre : Colonel SASSI. Opérations Spéciales : 20 Ans de Guerres Secrètes”

  1. HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE :

    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après
    24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l’époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l’Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200
    harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société
    française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude
    Honnorat.

    Sur radio-alpes.net – Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) – Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone…émotions et voile de censure levé ! Les Accords d’Evian
    n’effacent pas le passé, mais l’avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

    Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

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