Chasse à l’approche : Définitions, conseils, astuces.

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 « Chasses solitaires faites d’observations, d’écoute et de silence. Elles offrent un complément appréciable aux battues… Elles permettent de joindre l’utile à l’agréable. » « Il est agréable en effet de chasser dès le mois de Juin, dans l’intimité de la nature… »

Et il est utile de prélever, dès cette période, des sangliers dont les effectifs sont pléthoriques…

L’approche c’est d’abord une éthique qui répond à des règles.

A l’origine, et pour les puristes, l’affût et l’approche constituaient avant tout une période d’observation et de régulation : Une période d’observation à la fois pour le plaisir propre à celle-ci et pour la possibilité, ainsi offerte, d’effectuer un contrôle quantitatif et qualitatif des espèces. Une période de régulation car elle permettait de procéder à un tir sélectif, voire d’élimination des animaux chétifs, malades ou déficients. Bref, sans sous estimer la possibilité d’effectuer un tir, dit de récolte, il est primordial d’effectuer avant tout des tirs sanitaires.

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Chasse à l’approche et législation

La chasse à l’approche, dénommée encore « chasse individuelle » ou « chasse silencieuse » s’exerce dans des conditions très précises :

  • Le chasseur doit chasser seul, sans chien et sans rabat.
  • La chasse s’exerce de jour, soit une heure avant le lever du soleil et une heure après le coucher du soleil.
  • La chasse à l’approche se pratique entre le 1er Juin et le 28 Février.
  • Entre le 1er Juin et l’ouverture générale, seuls les chevreuils et les sangliers peuvent être chassés.Ces animaux étant soumis à des plans de chasse, il n’est possible de chasser à l’approche que sur accord des détenteurs du plan de chasse.
  • Chaque chasseur doit obligatoirement être porteur de l’autorisation préfectorale individuelle.
  • Si plusieurs chasseurs se trouvent sur le même lieu de chasse, ces derniers doivent se tenir à au moins 500m l’un de l’autre et chasser de façon indépendante, sans rabattre le gibier.
  • A compter de l’ouverture générale, le cerf se rajoute à la liste des espèces chassables selon les mêmes conditions que pour le sanglier et le chevreuil.

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L’équipement

 L’équipement de base comportera :

  • Une carabine de chasse munie d’une lunette parfaitement réglée. Canon de 61 cm minimum.
  • Calibre : 300, 30.06, 7RM à partir de 150 mètres.
  • Poids et structures de balles : De 11 à 13 grammes. Structure recommandée par ordre de préférence : « Swift A Frame » ou « A Frame », TSX, Kalahary, Oryx. Pas de H-Mantel ou de pointe plastique.
  • Une paire de jumelles.
  • Une canne de Pirsch (ou canne d’appui). Pour les tireurs les plus entrainés vous pouvez également utilisée une bretelle de tir.
  • Un télémètre est fortement recommandé.
  • Lampe de poche Ampoule LED Lite Xpress X-Tactical 103 : LED bleue : Recherche au sang, LED rouge : Vision nocturne préservée, LED verte : Lecture carte. LED blanche : éclairage en continu ou SOS en Morse pré-enregistré.

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Le tir

En cette matière, il existe un principe de base incontournable : Une balle « propre » bien placée !

Pour y parvenir, le tir est soumis à trois conditions :

  • L’animal doit être arrêté.
  • L’animal doit être de travers.
  • Aucun obstacle ne doit s’interposer entre l’animal et le chasseur.

Le chasseur respectera, avant tout, les règles de sécurité. Compte tenu de l’allongement des distances, il sera d’ autant plus vigilant il assurera donc, et préalablement, qu’il peut tirer sans danger. Le tir devra être assisté : canne de Pirsch, bretelle de tir pour les tireurs entrainés. Le chasseur ne tirera qu’un animal parfaitement identifié.

Le chasseur visera une zone réputée mortelle : ZI²HL : (Zone Immédiate Instantanée Haute Létalité) : Colonne au cou. L’atteinte « au cœur » est trop aléatoire, on ne sait pas où est le cœur, on ne peut que supposer son emplacement. Le tir à la « colonne au cou » écroule l’animal sur place. Le tir s’effectuera à distances raisonnable : De 0 à 150 -vrais !- mètres. 200 maximum…!

Le tir sera prohibé dans les circonstances suivantes : Doute sur la sécurité, animal en mouvement, présence d’un obstacle.

L’après tir

L’animal est atteint et reste sur place : Pose du bracelet de marquage, présentation des honneurs, éviscération immédiate.

L’animal s’enfuit : Observation attentive du comportement de l’animal et repérage de sa ligne de fuite, attente de 10 à 15 minutes minimum, recherche d’indices (sang, poils et os). En présence d’indices, marquage de ceux-ci de façon visible. Utilisez du papier WC pour sa biodégradabilité. Absence de chevauchement de la ligne de fuite. Appel à un conducteur de chiens de sang agréé.

Chasse à l’approche du sanglier

Le sanglier a un odorat bien développé et une excellente ouïe. Lors du pirsch du sanglier, il faut donc surtout faire attention au vent et éviter les bruits. Les mouvements sont aussi rapidement perçus par le sanglier. Il faut donc toujours veiller à être le mieux caché possible. Le sanglier ne reconnaît que difficilement le chasseur au sol. En rampant, on risque donc moins d’être trahi par ses mouvements. Les sangliers qui ont échappé à des tirs sur les sites d’agrainage sont en principe nettement plus vigilants et donc plus difficiles à approcher. En période de rut, les sangliers trahissent plus fréquemment leur présence par des manifestations sonores. Avec la neige, les traces donnent des indications sur l’emplacement possible du sanglier et les corps des animaux sont plus faciles à repérer. A l’époque où le sanglier occasionne des dégâts aux cultures, on devrait en principe renoncer au pirsch en forêt et ne le pratiquer que dans les champs. Pirsch de jour : Le sanglier se tient presque toujours en forêt. Le chasseur pratiquera donc le pirsch au voisinage des remises des sangliers, dans les peuplements forestiers clairsemés et sous le vent.

Pirsch de nuit : Dans le cas où il est autorisé, il est conseillé d’avoir des indications préalables sur le lieu de séjour approximatif de la harde. Il faut porter une attention toute particulière à la réalisation d’un tir fichant. En raison de l’identification rendue plus difficile, il faut toujours tirer sur le plus petit animal le mieux situé. Si les conditions de visibilité sont insuffisantes ou que les animaux sont mal situés ou en déplacement rapide, il faut renoncer à les tirer, même à faible distance. Si l’animal tiré ne reste pas au sol, il faut immédiatement rechercher et relever avec une lampe de poche des indices sur le lieu où l’animal a été touché. Il existe des lampes spéciales pour la recherche au sang qui émettent un rayonnement bleu faisant ressortir les taches de sang. Il est vivement recommandé de n’entreprendre une éventuelle recherche que le matin suivant à la première lumière du jour. Une recherche nocturne est dangereuse, même pour des personnes expérimentées, et devrait être évitée. Le pirsch de nuit est très dangereux ! Le chasseur ne doit tirer que si l’animal a été identifié avec certitude. Le chasseur doit donc s’assurer qu’aucune autre personne (chasseur ou non-chasseur) ne se trouve à proximité du sanglier. Le chasseur pratiquant le pirsch de nuit ne doit pas non plus risquer d’être confondu avec un sanglier en déplacement par un autre chasseur à l’affût.

Pirsch de nuit en terrain ouvert : Le sanglier se laisse aussi approcher en terrain découvert, à condition que les mouvements restent discrets, lents et silencieux. Le pirsch de nuit en terrain ouvert est recommandé comme mesure égale ou supplémentaire à l’affût nocturne dans les champs, sur lesquels des dégâts ont été constatés les jours précédents.

Pirsch de nuit en forêt : Le pirsch de nuit en forêt exige une très bonne connaissance des lieux et du comportement du sanglier, ainsi qu’une maîtrise corporelle et des capacités sensorielles excellentes. Le pirsch de nuit en forêt est expressément déconseillé en raison du très grand risque d’accidents!

Chasse à l’approche du chevreuil.

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C’est une chasse identique à celle du sanglier à la différence que le chevreuil vient plus facilement vers soi.

Approche, affût : Les astuces.

La législation interdit de se servir des viscères de chevreuil, dont les sangliers raffolent, pour le tir au mirador. L’agrainage s’il est autorisé par votre préfecture doit -devrait obligatoirement- se faire à proximité des cultures agricoles menacées par les dégâts.

Chaque point d’agrainage doit être espacé de 10 mètres. Le gibier doit se détacher sur un sol clair et être entouré de celui-ci. Les places d’agrainages doivent être espacées entre-elles. Environ deux fois la longueur cumulée de deux animaux concernés.

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Texte et images avec l’aimable autorisation de chasses-berrysologne.com. Astuces de Daniel C.

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4 thoughts on “Chasse à l’approche : Définitions, conseils, astuces.”

  1. Mes observations se confirment. Un seul chevrillard observé depuis le 3 juin! J’ai donc décidé de ne tirer, cette saison, aucun chevreuil ou chevrette si ce n’est un brocard que j’ai repéré et présentant une dague en lieu et place du bois droit et qui peut s’avérer dangereux pour ses congénères.

  2. Bonjour,

    Je suis chasseur du brocard à l’approche d’été ; avez-vous une idée sur le sujet suivant ? :

    Pour des raisons de reproduction des “vieux” brocards, il faut les laisser se reproduire avant le tir d’été ; mais a-t’on une idée sur le fait que le changement climatique de cette année 2016 (froid et pluvieux) pourrait (supposition) influer sur les dates du rût ? c’est important pour décider des dates de la campagne de tir.

    Quelqu’un a-t’il publié quelque chose sur ce sujet ?

    Bien à Vous,

      1. Dans le secteur où je vais à l’affût au sanglier (Puisaye), le rut est commencé depuis une quinzaine de jours. Donc pas d’influence des conditions climatiques. Par contre sur sept chevrettes observées, une seule était suitée d’un seul chevrillard. Je pense que beaucoup de nouveaux nés ont été noyés par les pluies diluviennes qui ont entraîné l’inondation de nombreux sous-bois.

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