Je rêve depuis longtemps de pouvoir pratiquer la chasse avec une arme de poing, ce qui n’êtes pas possible en France. Je dis bien chasser, car en Allemagne et en Suisse, dans certains cantons on peut utiliser une arme de poing à la chasse mais uniquement pour abréger les souffrances du gibier.
Chasse* : Arme de poing autorisée en Allemagne et en Suisse*. QUID de la France ? Propositions.
La chasse au gros gibier à l’arme de poing (revolver ou pistolet) est un sous-ensemble du « handgun hunting », très documenté en Amérique du Nord (États-Unis / Canada), plus marginal en Europe.
Je vous propose une sélection structurée de récits réels + axes de lecture, puisées à des sources fiables, avec un peu de contexte balistique pour comprendre ce que vous lisez.
John Linebaugh n’était pas seulement un chasseur. C’était surtout un armurier de génie, probablement le plus grand spécialiste des revolvers de gros calibre modernes. Il a énormément chassé lui-même, mais il a aussi recueilli et analysé les expériences de dizaines de chasseurs utilisant ses revolvers.
C’est un calibre très confidentiel. Le 475 Linebaugh n’est plus un simple wildcat (cartouche artisanale) : il est commercialisé, mais en très petites quantités.
Revolvers disponibles : Aujourd’hui, les principaux fabricants proposant des revolvers en 475 Linebaugh sont :
Freedom Arms, notamment le Model 83, considéré comme une référence mondiale pour la chasse au revolver.
Magnum Research, avec certains modèles BFR (Big Frame Revolver).
Les munitions : On trouve également des munitions manufacturées chez plusieurs fabricants spécialisés, notamment :
- Buffalo Bore ;
- Hornady ;
- Grizzly Cartridge Company.
En revanche, la plupart des utilisateurs de 475 Linebaugh rechargent eux-mêmes leurs cartouches, car c’est un calibre destiné à des passionnés. Les douilles sont disponibles, notamment chez Starline, ce qui facilite le rechargement.
Le 475 Linebaugh est un calibre de connaisseur. Il n’a jamais connu le succès commercial du 500 Smith & Wesson Magnum, mais parmi les spécialistes du handgun hunting, il jouit d’une réputation exceptionnelle. Beaucoup estiment qu’il représente le meilleur compromis entre puissance, pénétration, contrôle du recul et encombrement de l’arme.
Ce qui rend ses récits passionnants, c’est qu’il s’intéressait moins à la puissance affichée qu’à ce qui se passait réellement dans l’animal.
Récit n°1 – Le bison et le 500 Linebaugh : Linebaugh raconte la chasse d’un bison avec son revolver en 500 Linebaugh, propulsant une balle en plomb très dur de 28 grammes à 32 grammes à une vitesse modérée…. Il avait compris avant tout le monde que plus une balle est rapide (900 m/s et plus, moins elle est efficace. IL FAUT TIRER LENT ET LOURD !!!
Le tir est effectué de trois quarts avant. La balle entre à l’épaule, casse un os massif, traverse le thorax et est retrouvée sous la peau de la cuisse opposée après avoir parcouru presque toute la longueur du corps.
Le bison ne tombe pas. Il marche encore une trentaine de mètres, ralentit progressivement, puis s’écroule sans agitation.
Ce que Linebaugh en conclut : Il écrit que beaucoup de chasseurs auraient cru qu’un animal de cette taille devait être « renversé » par une telle cartouche.
Selon lui, c’est une erreur.Le revolver ne crée pas de choc hydraulique comparable à une carabine rapide. Il tue par une pénétration rectiligne, en détruisant progressivementles organes vitaux.
Récit n°2 – L’élan (moose) et le 475 Linebaugh :Un autre récit concerne un très grand élan. Le chasseur attend que l’animal présente son épaule. La balle traverse les deux poumons.
L’élan sursaute, se retourne presque comme s’il cherchait l’origine du bruit, puis part au trot. Une cinquantaine de mètres plus loin, il s’arrête quelques secondes avant de s’effondrer.
L’analyse :Linebaugh insiste sur un point fascinant. Si un observateur avait assisté uniquement à la réaction de l’animal, il aurait pu croire que la balle était peu efficace. En réalité, l’autopsie montre une destruction complète des deux poumons. La réaction extérieure est parfois très trompeuse : un animal peut sembler presque indemne alors qu’il est déjà condamné. C’est pour cela qu’il faut toujours redoubler à la tête ou au cou sans se pose de questions.
Récit n°3 – L’ours noir : Ce récit a beaucoup marqué Linebaugh. L’ours est touché plein thorax avec un 500 Linebaugh. À l’impact, il ne s’effondre pas.
Il court vers un fourré, disparaît, puis le silence revient. Le guide conseille d’attendre. Après plusieurs minutes, ils suivent la piste. L’ours est retrouvé mort à moins de 40 mètres.
L’enseignement : Linebaugh répète une phrase qui résume toute sa philosophie :
« La pénétration est reine. »
Selon lui, une balle lourde qui traverse complètement les organes vitaux est bien plus fiable qu’une balle légère très rapide qui se déforme excessivement et perd sa capacité à pénétrer profondément. C’est le cas 300 Winchester Magnum et autre 7 mm Remington Magnum.
Ce qui frappe chez Linebaugh : Il allait même à contre-courant de la mode des vitesses élevées. Il expliquait qu’un revolver devait lancer une balle lourde, large et à nez plat (wide flat nose), pas une balle légère poussée au maximum.
Pourquoi ?
Parce que la balle lourde
- Conserve mieux sa trajectoire dans les tissus ;
- Casse plus facilement les gros os ;
- Traverse presque toujours l’animal ;
- Laisse souvent une meilleure piste de sang.
Il résumait cela ainsi : « Les gros trous profonds tuent mieux que les petits trous rapides. » Cette idée est devenue la base de la philosophie des calibres 475 et 500 Linebaugh.
Il y a un récit devenu presque légendaire, non pas parce qu’il est spectaculaire, mais parce qu’il a démontré ce que pouvait réellement faire le 475 Linebaugh sur un animal réputé parmi les plus résistants au monde : le buffle d’Afrique (Cape buffalo). Ce récit est celui de Ross Seyfried, très proche de John Linebaugh, qui utilisa l’un des premiers revolvers en .475 Linebaugh lors d’un safari.
Le face-à-face : Le buffle est repéré à faible distance, une quarantaine de mètres environ. Le guide insiste :
« Attends qu’il se présente de trois quarts. »
Le revolver est un simple cinq coups, équipé d’un canon d’environ 7½ pouces (19,05 cm). Il tire une balle lourde de près de 420 grains (27 grammes) , à une vitesse d’environ 1.350 à 1.400 pieds/seconde (410 à 425 m/s).
Le premier tir : Lorsque le buffle pivote légèrement, Seyfried presse la détente. Le bruit est énorme. Le buffle réagit immédiatement… mais pas comme beaucoup l’imagineraient. Il ne tombe pas. Il encaisse le coup, fait un bond en avant, puis démarre au galop. Le guide ne panique pas. Il observe simplement la course de l’animal. Puis, très rapidement, il remarque quelque chose d’inhabituel : les deux épaules semblent ne plus fonctionner normalement.
En réalité, la balle du 475 Linebaugh avait traversé l’avant du thorax et cassé les deux épaules avant de poursuivre sa trajectoire. Quelques secondes plus tard, le buffle ralentit fortement, chancelle et s’écroule.
Ce que Linebaugh en tira comme leçon : Pour John Linebaugh, ce récit démontrait que l’objectif n’était pas de produire une vitesse extrême.
Il voulait une balle :
- Très lourde ;
- À nez plat ;
- Capable de rester intacte ;
- Et surtout de traverser les plus gros os tout en conservant sa cohésion. Il disait que si une balle peut casser les deux épaules d’un buffle avant d’atteindre les organes vitaux, elle possède la qualité essentielle d’un calibre de chasse :
Ce qui est fascinant : Linebaugh comparait souvent ce résultat à certains calibres très rapides. Selon lui, une balle légère lancée beaucoup plus vite peut produire une cavité temporaire plus importante, mais si elle se fragmente ou s’arrête dans la première épaule, elle perd son avantage. Allez faire comprendre cela aux chasseurs qui tirent des balles de 11 grammes au lieu de 13 ou 14 grammes :
Balles de 13 grammes (200 grains) et 14.3 grammes (220 grains) en 308.
Saison 2026-2027. Les bonnes techniques, les bons calibres et les bonnes balles…!
La balle du 475, elle, continue son chemin presque en ligne droite.
Il résumait sa philosophie ainsi :
« La pénétration est la seule chose sur laquelle on peut toujours compter. »
C’est cette idée qui a profondément influencé la conception moderne des revolvers destinés au très gros gibier : des projectiles larges, lourds et solides, privilégiant la traversée complète de l’animal plutôt qu’une vitesse maximale.
475 Linebaugh VS 500 S&W Magnum










