TRÈS GROS revolver = TRÈS GROS gibier. Analyses.

Aimpoint sur revolver

Je rêve depuis longtemps de pouvoir pratiquer la chasse avec une arme de poing, ce qui n’êtes pas possible en France. Je dis bien chasser, car en Allemagne et en Suisse, dans certains cantons on peut utiliser une arme de poing à la chasse mais uniquement pour abréger les souffrances du gibier.

Chasse* : Arme de poing autorisée en Allemagne et en Suisse*. QUID de la France ? Propositions.

La chasse au gros gibier à l’arme de poing (revolver ou pistolet) est un sous-ensemble du « handgun hunting », très documenté en Amérique du Nord (États-Unis / Canada), plus marginal en Europe.

Je vous propose une sélection structurée de récits réels + axes de lecture, puisées à des sources fiables, avec un peu de contexte balistique pour comprendre ce que vous lisez.

John Linebaugh n’était pas seulement un chasseur. C’était surtout un armurier de génie, probablement le plus grand spécialiste des revolvers de gros calibre modernes. Il a énormément chassé lui-même, mais il a aussi recueilli et analysé les expériences de dizaines de chasseurs utilisant ses revolvers.

C’est un calibre très confidentiel. Le 475 Linebaugh n’est plus un simple wildcat (cartouche artisanale) : il est commercialisé, mais en très petites quantités.

Les revolvers de type Linebaugh revolver ne sont généralement pas des revolvers à canon basculant (« top-break »).

Ce sont des revolvers à simple action inspirés du design du Colt Single Action Army ou du Ruger Bisley. Le canon et la carcasse sont fixes.

  1. Pour le rechargement, de façon générale :
  2. On ouvre une trappe de chargement située sur le côté de la carcasse ;
  3. Le barillet tourne pour présenter chaque chambre l’une après l’autre ;
  4. les douilles sont retirées individuellement à l’aide d’une tige éjectrice*.

  5. Les nouvelles cartouches sont ensuite insérées une par une avant de refermer la trappe.

*La tige éjectrice est située sous le canon, logée dans un tube parallèle au canon, actionnée en poussant son bouton vers l’arrière pour chasser une douille ou une cartouche à la fois. 

Sur un revolver en 475 Linebaugh, elle a exactement la même apparence et la même position, simplement adaptée aux dimensions du revolver. 

Ce système est plus lent qu’un revolver à barillet basculant, mais il est très robuste, ce qui est recherché pour les calibres très puissants fabriqués par Linebaugh.

Revolvers disponibles : Aujourd’hui, les principaux fabricants proposant des revolvers en 475 Linebaugh sont :

Freedom Arms, notamment le Model 83, considéré comme une référence mondiale pour la chasse au revolver.

Magnum Research, avec certains modèles BFR (Big Frame Revolver).

  1. Les munitions : On trouve également des munitions manufacturées chez plusieurs fabricants spécialisés, notamment :
  2. Buffalo Bore ;
  3. Hornady ;
  4. Grizzly Cartridge Company.

En revanche, la plupart des utilisateurs de 475 Linebaugh rechargent eux-mêmes leurs cartouches, car c’est un calibre destiné à des passionnés. Les douilles sont disponibles, notamment chez Starline, ce qui facilite le rechargement.

Le 475 Linebaugh est un calibre de connaisseur. Il n’a jamais connu le succès commercial du 500 Smith & Wesson Magnum, mais parmi les spécialistes du handgun hunting, il jouit d’une réputation exceptionnelle. Beaucoup estiment qu’il représente le meilleur compromis entre puissance, pénétration, contrôle du recul et encombrement de l’arme.

Ce qui rend ses récits passionnants, c’est qu’il s’intéressait moins à la puissance affichée qu’à ce qui se passait réellement dans l’animal.

Récit n°1 – Le bison et le 500 Linebaugh : Linebaugh raconte la chasse d’un bison avec son revolver en 500 Linebaugh, propulsant une balle en plomb très dur de 28 grammes à 32 grammes à une vitesse modérée…. Il avait compris avant tout le monde que plus une balle est rapide (900 m/s et plus, moins elle est efficace. IL FAUT TIRER LENT ET LOURD !!!

Le tir est effectué de trois quarts avant. La balle entre à l’épaule, casse un os massif, traverse le thorax et est retrouvée sous la peau de la cuisse opposée après avoir parcouru presque toute la longueur du corps.

Le bison ne tombe pas. Il marche encore une trentaine de mètres, ralentit progressivement, puis s’écroule sans agitation.

Ce que Linebaugh en conclut : Il écrit que beaucoup de chasseurs auraient cru qu’un animal de cette taille devait être « renversé » par une telle cartouche.

Selon lui, c’est une erreur.Le revolver ne crée pas de choc hydraulique comparable à une carabine rapide. Il tue par une pénétration rectiligne, en détruisant progressivementles organes vitaux.

Récit n°2 – L’élan (moose) et le 475 Linebaugh :Un autre récit concerne un très grand élan. Le chasseur attend que l’animal présente son épaule. La balle traverse les deux poumons.

L’élan sursaute, se retourne presque comme s’il cherchait l’origine du bruit, puis part au trot. Une cinquantaine de mètres plus loin, il s’arrête quelques secondes avant de s’effondrer.

L’analyse : Linebaugh insiste sur un point fascinant. Si un observateur avait assisté uniquement à la réaction de l’animal, il aurait pu croire que la balle était peu efficace. En réalité, l’autopsie montre une destruction complète des deux poumons. La réaction extérieure est parfois très trompeuse : un animal peut sembler presque indemne alors qu’il est déjà condamné. C’est pour cela qu’il faut toujours redoubler à la tête ou au cou sans se pose de questions.

Récit n°3 – L’ours noir :  Ce récit a beaucoup marqué Linebaugh. L’ours est touché plein thorax avec un 500 Linebaugh. À l’impact, il ne s’effondre pas.

Il court vers un fourré, disparaît, puis le silence revient. Le guide conseille d’attendre. Après plusieurs minutes, ils suivent la piste. L’ours est retrouvé mort à moins de 40 mètres.

L’enseignement :  Linebaugh répète une phrase qui résume toute sa philosophie :

« La pénétration est reine. »

Selon lui, une balle lourde qui traverse complètement les organes vitaux est bien plus fiable qu’une balle légère très rapide qui se déforme excessivement et perd sa capacité à pénétrer profondément. C’est le cas 300 Winchester Magnum et autre 7 mm Remington Magnum.

Ce qui frappe chez Linebaugh : Il allait même à contre-courant de la mode des vitesses élevées. Il expliquait qu’un revolver devait lancer une balle lourde, large et à nez plat (wide flat nose), pas une balle légère poussée au maximum.

Pourquoi ?

Parce que la balle lourde….

  1. Conserve mieux sa trajectoire dans les tissus ;
  2. Casse plus facilement les gros os ;
  3. Traverse presque toujours l’animal ;
  4. Laisse souvent une meilleure piste de sang.

Il résumait cela ainsi : « Les gros trous profonds tuent mieux que les petits trous rapides. » Cette idée est devenue la base de la philosophie des calibres 475 et 500 Linebaugh.

Il y a un récit devenu presque légendaire, non pas parce qu’il est spectaculaire, mais parce qu’il a démontré ce que pouvait réellement faire le 475 Linebaugh sur un animal réputé parmi les plus résistants au monde : le buffle d’Afrique (Cape buffalo). Ce récit est celui de Ross Seyfried, très proche de John Linebaugh, qui utilisa l’un des premiers revolvers en 475 Linebaugh lors d’un safari.

Le face-à-face : Le buffle est repéré à faible distance, une quarantaine de mètres environ. Le guide insiste :

« Attends qu’il se présente de trois quarts. »

Le revolver est un simple cinq coups, équipé d’un canon d’environ 7½ pouces (19,05 cm). Il tire une balle lourde de près de 420 grains (27 grammes) , à une vitesse d’environ 1.350 à 1.400 pieds/seconde (410 à 425 m/s).

Le premier tir : Lorsque le buffle pivote légèrement, Seyfried presse la détente. Le bruit est énorme. Le buffle réagit immédiatement… mais pas comme beaucoup l’imagineraient. Il ne tombe pas. Il encaisse le coup, fait un bond en avant, puis démarre au galop. Le guide ne panique pas. Il observe simplement la course de l’animal. Puis, très rapidement, il remarque quelque chose d’inhabituel : les deux épaules semblent ne plus fonctionner normalement.

En réalité, la balle du 475 Linebaugh avait traversé l’avant du thorax et cassée les deux épaules avant de poursuivre sa trajectoire. Quelques secondes plus tard, le buffle ralentit fortement, chancelle et s’écroule.

Ce que Linebaugh en tira comme leçon : Pour John Linebaugh, ce récit démontrait que l’objectif n’était pas de produire une vitesse extrême.

Il voulait une balle :

  1. Très lourde ;
  2. À nez plat ;
  3. Capable de rester intacte ;
  4. Et surtout de traverser les plus gros os tout en conservant sa cohésion.
  5. Il disait que si une balle peut casser les deux épaules d’un buffle avant d’atteindre les organes vitaux, elle possède la qualité essentielle d’un calibre de chasse :

Ce qui est fascinant : Linebaugh comparait souvent ce résultat à certains calibres très rapides. Selon lui, une balle légère lancée beaucoup plus vite peut produire une cavité temporaire plus importante, mais si elle se fragmente ou s’arrête dans la première épaule, elle perd son avantage. Allez faire comprendre cela aux chasseurs qui tirent des balles de 11 grammes au lieu de 13 ou 14 grammes :

Balles de 13 grammes (200 grains) et 14.3 grammes (220 grains) en 308.

Saison 2026-2027. Les bonnes techniques, les bons calibres et les bonnes balles…!

La balle du 475, elle, continue son chemin presque en ligne droite.

Il résumait sa philosophie ainsi :

« La pénétration est la seule chose sur laquelle on peut toujours compter. »

C’est cette idée qui a profondément influencé la conception moderne des revolvers destinés au très gros gibier : des projectiles larges, lourds et solides, privilégiant la traversée complète de l’animal plutôt qu’une vitesse maximale.

475 Linebaugh VS 500 S&W Magnum

Ce qui ressort de tous ces récits : Après avoir lu : Keith, Linebaugh, Ross Seyfried ou John Taffin, on retrouve toujours les mêmes conclusions :

  1. Le gros gibier meurt rarement « foudroyé«  par une arme de poing, même très puissante.
  2. La pénétration est la qualité essentielle : une balle lourde qui traverse les organes vitaux est plus fiable qu’une balle très rapide qui se déforme excessivement.
  3. Les animaux les plus résistants sont généralement le sanglier, le buffle d’Afrique et les grands ours.
  4. Le cerf et le wapiti réagissent souvent de manière plus démonstrative, mais peuvent eux aussi parcourir plusieurs dizaines de mètres avec une blessure mortelle :

Ce que Seyfried a retenu de toute sa carrière : Il résumait souvent son expérience en quatre principes :

  1. La pénétration prime sur la vitesse.
  2. Une balle lourde à nez plat est plus fiable qu’une balle légère très rapide sur le très gros gibier.
  3. Le placement du tir reste le facteur déterminant, quel que soit le calibre.
  4. Un animal dangereux peut conserver toutes ses capacités pendant plusieurs secondes, même avec une blessure mortelle. C’est pourquoi les guides professionnels restent toujours prêts à effectuer un tir de sécurité.

Ross Seyfried, c’est qu’il ne cherchait jamais à impressionner le lecteur. Il décrivait avec beaucoup de sobriété ce qui se passait réellement. Et sa conclusion revenait sans cesse :

« Les très gros calibres de revolver ne sont pas des rayons de la mort. Ils donnent simplement au chasseur une pénétration exceptionnelle, à condition de placer sa balle exactement où il le faut. » Cette philosophie est d’ailleurs devenue la marque de fabrique de John Linebaugh et de tous les spécialistes du « handgun hunting ».

Qu’en est-il du frein de bouche ?

Un frein de bouche sur un revolver en 475 Linebaugh ne rend pas le calibre plus puissant. En revanche, il peut améliorer la maîtrise de l’arme.

Les avantages : Un bon frein de bouche peut réduire le recul ressenti de l’ordre de 20 à 40 %, selon sa conception. Voir les tests du DF 2000 dans l’article sur les freins de bouche.

Concrètement, cela peut permettre :

  1. De moins fatiguer le tireur lors d’une longue séance d’entraînement ;
  2. De revenir plus vite en ligne pour doubler immédiatement ;
  3. De diminuer l’appréhension du recul chez certains tireurs.

Les inconvénients : John Linebaugh n’était pas un grand partisan des freins de bouche pour la chasse. Pourquoi ?

  1. « Le bruit augmente énormément ». Avec le DF 2000, on n’a pas ce genre de désagrément.
  2. « Avec un revolver déjà très puissant, le souffle latéral devient extrêmement violent ».
  3. Le fait d’envoyer une partie du souffle sur les côtés améliore la précision.
  4. « Le souffle est dirigé sur les côtés, ce qui peut être désagréable pour un guide ou un compagnon de chasse placé à proximité ».
  5. Certains pays d’Afrique interdisent l’utilisation du frein de bouche.  Il y a fort à parier qu’ils confondent frein de bouche et les incisions dans le canon de type MAGNAPORT qui sont insupportables à proximité.
  6. « Dans la végétation ou au ras du sol, les gaz peuvent projeter poussière, sable ou débris végétaux ».
  7. Tout cela peut-être largement compensé par une fabrication minutieuse du frein de bouche qui annule cet effet.

Pour la chasse : Le frein de bouche apporte beaucoup moins de recul notamment avec le 375 HH Magnum et surtout le 338 Winchester Magnum qui se cabre comme un…. cabri. Il aide à retrouver plus rapidement la visée. Le frein de bouche permet de doubler très rapidement.

Mon appréciation : Si je devais chasser au revolver de chasse en 475 Linebaugh,  un frein de bouche est de mon point de vue, obligatoire.

Il y a frein de bouche et… frein de bouche !!!

Il y a les vrais freins de bouche, placés au bout du canon :

Source photos : Revolver 500 Bushwhacker : tiiarmory.com 

…….et d’autres procédés dits aussi «« frein de bouche » mais qui n’en sont pas vraiment, je veux parler du MAGNAPORT de BLASER.

Certains freins de bouche comme le MAGNAPORT de BLASER, c’est à dire des incisions faites dans le canon avant la bouche, sont effectivement totalement assourdissants, ils provoquent un son si strident qu’ils peuvent rendre sourd à terme.. Je trouve un peu gonflé d’appeler « frein de bouche » des rayures taillées en bout de canon ! Ce frein de bouche produit un son si strident qu’il peut vous rendre sourd !

Connaissant le probléme du MAGNAPORT de Blazer, je déconseille ce genre d’incisions dans le canon d’une arme de poing :

C’est d’ailleurs intéressant de noter que de nombreux revolvers en 500 Smith & Wesson Magnum sont livrés d’origine avec un compensateur ou un frein de bouche, alors que la plupart des revolvers en 475 Linebaugh ne le sont pas. Cela reflète bien la différence de philosophie entre les deux calibres : Le 500 S&W recherche la puissance maximale, tandis que le 475 Linebaugh privilégie un équilibre entre puissance, contrôle et maniabilité, mais le frein de bouche, même s’il ne plait pas à tout le monde, en résumé : L’ESSAYER C’EST L’ADOPTER !!!

Qu’en serait-il si on avait le droit de chasser en France à l’arme de poing ?

Je dis bien « chasser » pas abréger les souffrances de l’animal. Comme partout et en toute chose, il faut des règles.

Je reprend les mêmes règles que j’ai proposé dans l’article concernant le port d’une arme de poing comme en Allemagne et dans certains cantons Suisse, mais, pour abréger les souffrances de l’animal.

Je suis pour l’utilisation en France d’une arme de poing à la chasse pour le grand gibier, mais pas avec n’importe quelle arme et pas n’importe comment…!

Quels seraient les pré-requis administratifs ?

1. Être titulaire d’un permis de chasse depuis 7 ans révolus.

2. Être tireur sportif aux armes de poing catégorie B (licencié FFTIR) depuis 7 ans révolus.

3. Posséder une arme de poing catégorie B depuis 7 ans révolus.

Quels seraient les pré-requis matériels ?

Un DESERT EAGLE (semi-auto) n’est pas nécessaire pour chasser le grand gibier….!

1. Pistolet (donc semi-auto) interdit. Pourquoi ? Puissance de feu inutile ! Le déchargement d’un pistolet est sujet à problèmes. On le voit avec la Police qui utilise ce que l’on appelle un puits de déchargement pour s’assurer qu’après avoir enlevé le chargeur on n’a pas oublié d’enlever la balle chambrée. Cela arrive suffisamment souvent pour que le puits de déchargement fasse partie de l’équipement standard de tous les commissariats. On décharge ou on croit avoir déchargée l’arme et on percute dans le dit puits.

Une fois sur….X au lieu de faire « clic » ça fait « PAN ! ».

Ne soyez pas étonnés ! J’ai fait mon service militaire à Hyères dans le Var et chaque fois qu’un ÉTENDARD IV allait se poser, un contrôleur aérien sortait de la tour avec ses jumelles pour vérifier que le gars avait bien sorti…. le train d’atterrissage. OUPS ! J’AI OUBLIE….!!! Mon travail de photographe consistait à faire les photos pour le dossier.

2. Revolver obligatoire. Un revolver à 6 coups c’est suffisant ! C’est très sûr puisqu’il suffit d’ouvrir le barillet pour ôter toutes les cartouches. il n’y a pas de cartouche « cachée » comme avec le semi-auto…

3. Longueur minimale du canon = 8 pouces, soit : 20 cm minimum. Vingt centimètres de canon et un point rouge, ce n’est déjà plus un jouet que l’on égare et cela demande un réel effort physique pour tirer.

4. Quel calibre : 44 Magnum minimum. Compte tenu que l’on peut tirer tout du chevreuil au cerf en passant par le sanglier.

4. Port de l’arme : Étui à la ceinture autorisé même en apparent. Possibilité de garder l’arme chargée en dehors du poste tant que la battue est en cours  et jusqu’à la voiture. Avant de monter dans le dit véhicule, évidemment.

Résultat

Même si je trouve cette arme très difficile à utiliser à la chasse, il n’en demeure pas moins que cette capture d’écran est très parlante : Ce que je me tue à dire concernant les balles : « Plus c’est lourd, plus loin cela pénètre ».

John Linebaugh : Le visionnaire qui a révolutionné le revolver de chasse.

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