« Telle carabine de petit calibre, suffisante pour tuer un animal dangereux, ne doit pas être considérée comme assez puissante pour arrêter le même animal CHARGEANT ». John A. Hunter. Chasseur professionnel (Professionnel Hunter) et guide de chasse au Kenya de 1908 aux années 1950.
Quand on lit ce qui suit… On comprend qu’il sait de quoi il parle…!!!
Né en 1887 à Shearington, Dumfries, en Ecosse, John Alexander Hunter s’installa au Kenya en 1908. Au cours d’une carrière de près de cinquante ans, il deviendra l’un des plus célèbres guides de chasse, professional hunters, de l’est africain. Il a fait tirer plus de mille quatre cents éléphants et a récolté de nombreux trophées records. Il fut aussi attentif à la conservation et à la régulation des espèces. Il décéda en 1963 à Makindu, Kenya. Ce texte, paru en anglais en 1952 sous le titre Hunter, est l’ouvrage le plus connu de John Hunter. L’auteur y explique comment il est devenu PH, professional hunter, et raconte de nombreuses anecdotes sur la chasse de l’éléphant et du rhinocéros, sur la traque du bongo en forêt ituri, sur la quête du lion en pays masaï, sur l’approche des buffles aux chutes Thomson. Hunter livre également ses réflexions sur l’Afrique et les peuples parmi lesquels il a vécu, ainsi que sur les chasseurs européens et américains qu’il a côtoyés. Un des meilleurs classiques de la grande chasse en Afrique.
Ce texte, paru en anglais en 1952 sous le titre Hunter, est l’ouvrage le plus connu de John Hunter. L’auteur y explique comment il est devenu PH, professional hunter, et raconte de nombreuses anecdotes sur la chasse de l’éléphant et du rhinocéros, sur la traque du bongo en forêt ituri, sur la quête du lion en pays masaï, sur l’approche des buffles aux chutes Thomson. Hunter livre également ses réflexions sur l’Afrique et les peuples parmi lesquels il a vécu, ainsi que sur les chasseurs européens et américains qu’il a côtoyés.
La première édition française est parue en 1953 sous le titre Chasseur dans la Création. Paris, Montbel, 2007. 13,5 x 20 cm, in-8, 368 pages, broché.
« Au bruit du coup de fusil la lionne blessée bondit d’une touffe d’herbes mortes à deux ou trois pas de là. Au même instant, une autre lionne surgit du couvert sur ma droite et nous chargea. Ce n’était pas le moment de réfléchir. Les deux félins étaient presque sur nous, chacun d’eux arrivant d’une direction différente. La seconde lionne paraissant la plus résolue je tirai sur elle. La balle l’atteignit à un centimètre au-dessus de l’œil gauche. En même temps je vis Kirakangano plonger sa lance dans le corps de la lionne blessée, à côté de nous. Elle se tourna furieusement, agrippant des dents la hampe de la lance et essayant de l’arracher de son corps. Kirakangano se mit à tirer de sa ceinture son couteau à double tranchant, mais avant qu’il l’eût dégagé j’avais achevé la lionne d’une balle dans le cou. Je serrai silencieusement la main de Kirakangano. »
« Tout à coup le léopard explosa littéralement hors de l’herbe à un mètre environ en avant de moi et sur ma droite. Il fit un grand bond pour m’atteindre, mais, avant que j’aie pu lever mon fusil, le moran se trouvant à ma droite avait transpercé la bête avec sa lance. Le léopard avait à peine quitté le sol que la fine lame s’enfonçait en lui. La lance l’atteignit entre le cou et les épaules, le clouant au sol. Il se tordait en grondant, incapable de se libérer. Aussitôt le moran tira son simi et bondit en avant pour l’achever. J’eus beaucoup de peine à le retenir, mais j’envoyai une balle à l’animal embroché et pus empêcher qu’une belle peau fût réduite en lanières. »
« Le rhinocéros fut aussitôt sur ses gardes. Il se tourna pour faire face à la direction dans laquelle les oiseaux s’étaient envolés, battant des oreilles en avant pour saisir le moindre bruit. Alors, il partit au trot et passa devant nous. Il n’avait pas fait 10 mètres qu’il aperçut nos silhouettes immobiles. Il vint lentement vers nous, ressemblant à un grand tank cornu qui aurait possédé un cerveau dans sa mécanique. Il est difficile de savoir ce qui se passe dans la tête d’un animal en de semblables moments. Je crois qu’on peut comparer un rhinocéros à quelque vieux colonel myope et irritable qui voit tout d’un coup quelqu’un traverser son jardin. Son premier mouvement est de chasser l’intrus. »
« L’éléphant blessé vous attend quelque part dans la brousse. Il se tient coi, la trompe dressée pour sentir le vent et les oreilles tendues pour saisir le moindre bruit. Vous ne pouvez vous tenir sous son vent, car il vous faut suivre sa piste. Un animal immobile possède un grand avantage sur le chasseur qui doit s’en approcher. L’animal attend, se reposant et se préparant à l’attaque. Ne faisant lui-même aucun bruit, il peut facilement entendre celui qui le poursuit. Il sait exactement où vous êtes, mais vous n’avez aucune idée de l’endroit où il se trouve. Si vous devez traquer l’animal pendant cinq milles, vous restez dans une tension continuelle à chaque pas que vous faites. Vous ne savez jamais quand aura lieu l’attaque. La bête peut choisir son moment. Tout ce que vous savez, c’est que l’attaque se déclenchera quand vous vous y attendrez le moins. »
TABLE DES MATIÈRES
Introduction A. T. Ritchie
I. L’éléphant solitaire.
II. En Écosse?: John Hunter.
III. En Afrique?: chasseur de métier.
IV. Le safari de Serengeti.
V. Des clients courageux… et d’autres.
VI. Chasse au lion dans le pays masaï.
VII. Chasseurs masaïs à la lance?: les braves des braves.
VIII. La vie et la « mort » d’un chasseur blanc.
IX. L’île cachée de Fumve.
X. Chasse au buffle.
XI. La forêt d’Ituri.
XII. La grande chasse au rhinocéros dans le Makueni.
XIII. Une autre espèce de solitaire?: le conservateur des chasses.
XIV. Des fusils, des hommes et de la peur.
XV. La photographie des grands fauves.
XVI. Quel est le gibier le plus dangereux??
XVII. Retour au foyer.
Commentaires après avoir lu le livre
Je continue d’acheter et de lire tous ces livres dont les récits sont d’une beauté renversantes. Cela redonne le gout de la lecture.
Vous allez être choqué comme moi quand vous commencerez à lire le livre et que l’on vous dit : « J’ai tué 1200 éléphants, plus d’un milliers de lions et 350 rhinocéros ». Cela parait disproportionné mais en fait dans le cas de John HUNTER, on a pas affaire en tout cas très peu, à un chasseur d’voire. C’est avant tout le premier administrateur officiel de la faune sauvage au Kenya. Ce qui implique aussi et principalement d’abattre les éléphants qui dévastent les cultures, qui tuent les villageois, détruisent les villages, etc… Son travail était aussi de traquer les braconniers. C’est cet aspect que l’on découvre à travers ce livre. Ce n’est pas juste un tueur d’éléphants, c’est aussi et surtout un régulateur, un professionnel qui doit maintenir un équilibre entre les tribus Masai (ou Maasai, « ceux qui parlent la langue Maa ») et les animaux sauvages.
Après avoir lu les deux précédents livres et y avoir beaucoup appris sur la mentalité et l’intelligence des éléphants, voici que dans ce récit on s’adressent surtout aux lions. C’est tout aussi captivant, parce qu’on découvre des animaux d’une intelligence supérieure.
Quand je parcours ces livres, je suis toujours à l’affut :
Des armes utilisées.
De l’efficacité des munitions.
Des techniques de tir.
D’anecdotes qui viennent déranger la Doxa officielle.
Commençons par cette dénomination de « Lions mangeurs d’hommes ». John Hunter le dit très bien ces « mangeurs d’hommes » ne se sont pas levés un matin en se disant : « Tiens je vais aller manger des hommes ». Il explique le phénomène très simplement. Lors de la construction du chemin de fer au Kenya, la ligne passait par la région du Tsavo. Les indigènes qui construisaient la ligne mourraient en nombre et on ne prenais pas le temps de les enterrer. CQFD : Les lions sont nécrophages, donc ils se sont mis à manger de la chair humaine et à la trouver bonne. D’où les attaques qui augmentèrent vis à vis des hommes.
Certains chasseurs professionnels chassaient l’éléphant au calibre 165, soit du 6.5mm !!! « Mais ils connaissaient parfaitement les points vitaux de l’éléphant, qu’ils n’avaient pas besoin d’une arme plus importante ».
Certains chiffres sont hallucinants : « Notre safari comptait 150 porteurs pour trois mois d’expédition ». Plus les cuisiniers, pisteurs, porteurs d’armes, etc…
Pour tirer efficacement un éléphant de profil, il faut viser « le trou de l’oreille ». On peut aussi tirer « au cœur » qui se trouve à une douzaine de centimètres au-dessous du point où le bord de l’oreille touche le corps ».
Où l’on reparle comme à la chasse au sanglier de l’animal « mort sur le coup » et qui se réveille « au mieux » quand le chasseur se rapproche pour charger « le mort » ou à l’arrière du véhicule……!!!! « Maints chasseurs ont été tués par un buffle ou un rhinocéros « MORT » qu’ils avaient touché à un endroit vital ».
La description du travail des pisteurs qui juste en regardant les excréments peuvent dire dans quel été mental est le rhinocéros chassé : Calme ou stressé.
Dans mes précédents commentaires sur les livres lus, je disais que je préférai une carabine à 4 coups +1 qu’un Express à deux coups et encore faut-il qu’il soit à éjection automatique sélective. Hunter se retrouve face à un troupeau d’éléphants qui le charge : « Comme je rechargeais, l’un des trois autres me repéra. Il quitta ses compagnons et me chargea. C’est là ce qui peut arriver de pire avec un fusil à deux coups [NDR. EXPRESS]. Le temps de décharger et de recharger donne souvent la mesure de ce qui séparer la vie de la mort. Le crâne de l’éléphant se rapprochait désagréablement lorsque je finis de fermer ma culasse ».
Grossière erreur de traduction page 303 : « la balle du 600 Nitro express pèse 900 g ». Non c’est des « grains ». Elle pèse en vrai : 58 grammes. Cela représente quand même : 4 tonnes de pénétration.
Encore un livre que je conseillerai à des jeunes à partir de 10–11 ans voire avant tant ces récits sont imagés.






