PARTITION, A-FRAME, noyau classique ou monométallique quelle différence ?

Cet article a fait l’objet du commentaire personnel d’un expert judiciaire (en activité, donc je ne peux pas citer son nom) en :  « Armes, Munitions, Balistique, Pyrotechnie ». « Premier labo privé de balistique en France » : « Votre article sur les expansions des différents types de balles est excellent ».

Le but de cet article n’est pas de vous dire lequel de ces procédés est meilleur que l’autre, non ! Il s’agit simplement d’expliquer pourquoi et dans quelles circonstances, l’un convient mieux que l’autre.

PARTITION c’est le procédé dit de la cloison, JOHN NOSLER produit la première balle (1948) pour grand-gibier avec une expansion fiable, progressive et contrôlée. NOSLER c’est le noyau soudé à la chemise et PARTITION comme son nom l’indique la fameuse cloison. La société s’appelle : NOSLER INC.

Le nom de « A-FRAME » est une marque déposé de la SWIFT COMPANY. La partie avant de la balle est fusionnée à la chemise pour éviter la séparation, la cloison intermédiaire bloque l’expansion de la balle.  Difficile de dire s’il existe une différence entre « A-FRAME » et « PARTITION ».

Un noyau classique pour faire simple est une balle en plomb fusionnée à la chemise ou pas. Fusionné, le noyau de plomb conserve sa cohérence, non soudé il se fragmente. S’il se fragmente il perd en pénétration et en pouvoir d’écrouler l’animal.

Comme on vient de me le faire remarquer fort aimablement : « L’expansion supérieure de la Nosler (NDR : par rapport à une monomètallique) produit sur un gibier standard, un effet « coup de poing » tandis que la pénétration reste suffisante ».

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Dans une balle monomètallique l’ensemble de la balle est homogène, il n’y a pas de pas de différence entre la chemise et le noyau. La balle est usinée dans un bloc de laiton ou de cuivre. Elle peut être tournée comme la FIP de SAUVESTRE ou issue d’un estampage comme la LAPUA ou la BARNES X. La pointe est creuse pour initier l’expansion et pour favoriser la tenue en vol.

BARNES TSX

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Photo SAUVESTRE FIP. 9.3×62 ou 375 HH Deux flèches interne portées.

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La différence entre tous ces procédés n’est pas que théorique !

Quels avantages par rapport à un noyau de plomb classique fusionné ou pas ?

L’avantage de la cloison A-FRAME ou PARTITION par rapport à un noyau de plomb classique, c’est qu’à l’impact, ce dernier, aura tendance à se désintégrer plus ou moins selon qu’il est fusionné à la chemise ou pas. On en revient au phénomène dit de la balle tirée « en plein cœur », mais qui en fait n’est que simplement « dirigé vers le cœur » et n’atteint que rarement ce dernier. Voir l’article :

Une nouvelle définition du « STOPING POWER » : « ZI²HL » : ©2017- “Zone Incapacitante instantanée Haute Létalité”.

P. LAURENT : « Il faut a minima que la balle atteignent les organes internes les plus profonds. Il faut aussi créer un canal d’attrition important, si possible de la manière la plus explosive possible aux endroits où ça compte ».

« L’attrition c’est le canal permanent (le crush). Et c’est mieux encore si on le crée avec un canal temporaire important ».

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Dans le cas d’une balle A-FRAME ou  PARTITION l’arrière étant très renforcé, au moment où la balle est freinée lors de l’impact, l’arrière plus lourd et plus dur, relance et perpétue à nouveau l’expansion par un formidable coup de pied au cul ! En termes plus scientifique on parle d’effet marteau  ou de contre-masse. Un tir au cœur avec un calibre adapté à la taille de l’animal, n’est plus  une simple vue de l’esprit ! La balle est conçue pour travailler en profondeur. A défaut de toucher le cœur, la délivrance de l’énergie est proprement ahurissante et peut « éteindre » subitement le système nerveux central comme j’ai pu le constater. Voir l’article : 375 HH : Un excellent calibre de battue .

Le procédé de la cloison sert aussi comme c’est le cas pour la balle NORMA en 30-06 de 11 grammes à perpétuer l’expansion sur un tir à plusieurs centaines de mètres. En effet là où une balle se contentera de taper plus ou moins faiblement, l’effet marteau va relancer l’expansion dés que la balle aura commencé à ralentir.

Quels inconvénients par rapport à un noyau de plomb classique fusionné ou pas ? Je suis ouvert à la discussion mais je pense quand même qu’il n’y en a pas ! Le procédé de la cloison associé à une fusion du plomb et de la chemise, évite l’explosion du projectile et… du gibier. Par voie de conséquence, pénètre profondément ! Que demander de plus à une balle ? !

Cloison ou balle monomètallique quelles différences, quelles utilisations ?

La balle monomètallique est usinée dans un bloc de cuivre avec une pointe creuse pour démarrer l’expansion dés l’impact.

C’est une balle qui ne se fragmente pas, elle s’ouvre en une corolle plus ou moins marquée selon la violence de l’impact.

Vu qu’il s’agit d’un bloc de métal, il n’y a pas d’effet  secondaire comme c’est le cas pour les balles cloisonnées.

Voici deux photos très intéressantes à plus d’un titre

Voyons cette BARNES TSX monomètallique.

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L’expansion est parfaitement régulière. La différence d’expansion est due soit à la distance plus ou moins grande de tir soit à la dureté de la cible. Le canal central sert à initier l’expansion, la pointe creuse améliore la tenue en vol.

Examinez maintenant le corps de la  balle : celui-ci ne fait l’objet d’aucune déformation, aucun gonflement. Nous allons y revenir !

Voyons maintenant une balle SWIFT A FRAME

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La partie avant a champignonnée mais le noyau de plomb est resté lié à la chemise donc à la balle. Vous notez immédiatement le gonflement de la partie arrière.

Si je prends le catalogue de NORMA, je constate qu’une BARNES TSX peut conserver 100 % de son poids après impact et qu’une SWIFT A FRAME peut conserver jusqu’à 98 % de son poids. Pourtant la SAF est plus efficace que la balle monomètallique ! Pourquoi ? Nous l’avons vu plus haut ! Le gonflement de la partie arrière laisse imaginer le formidable coup de pied au cul, l’effet marteau que la balle a pris au moment où elle s’arrêtait ! Imaginez un camion qui transporte des poutres dans sa remorque, il percute un mur à 100 km/h, le camion s’arrête donc brutalement à 100 km/h mais les poutres elles sont lancés ou relancés elles aussi à 100 km/h, défonçant la cabine et même le mur en face !

La balle monomètallique et/ou classique c’est le camion qui s’arrête brutalement dans un mur. La SAF c’est à la fois le camion qui tape en premier, la cabine qui se déforme sous l’impact et la partie arrière de la SAF avec son chargement  plus lourd qui défonce tout devant lui = relance de l’expansion.

Monomètallique ou SAF elles sont conçues pour le grand-gibier, elles n’explosent pas les bêtes. La SAF va pénétrer plus profondément sur un animal dont le cuir est plus épais.

Après, il y a la capacité à faire saigner par « lames de rasoir », la BARNES TSX rattrapant là un peu son retard en matière de pénétration. A surface d’expansion égale, l’effet de coupe de certaines chemises permettent de faire saigner plus et de « calmer » plus vite le gibier.

Le phénomène dit : « d’essuyage des balles » : le plomb et les résidus de poudre tapissant la l’entrée de la blessure, empêchant la plaie de saignée ne concerne pas les balles monomètallique comme la BARNES TSX ou la SAUVESTRE. Au contraire ! Elles favorisent l’écoulement du sang à l’entrée de la blessure.

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