La bretelle de tir ou la canne ?

Dans l’esprit du grand-public, la bretelle de tir sert uniquement à porter l’arme à l’épaule. C’est un objet que l’on qualifie, de « dangereux  parce qu’elle peut s’accrocher dans les branches » (on se demande comment font les militaires !). On en a finis pas de lire dans les revues de chasse qu’il faut « enlever la bretelle de tir au poste ». Encore une ineptie sorti d’on ne sait où…..!! Surement pas du cerveau d’un tireur ! Je pense qu’il s’agit d’une vraie-fausse mesure de sécurité du au fait que trop de chasseurs posent les doigts sur la détente où accroche cette dernière aux vêtements en se saisissant de l’arme.

La bretelle de tir, si elle correctement choisie peut soulager très efficacement le poids de l’arme à condition de la porter de la bonne façon. La mauvaise -façon- de porter une arme c’est de la porter à l’épaule parce qu’elle a toutes les chances de glisser et qu’elle devient très difficile à rattraper parce qu’elle part dans tous les sens… Pour de courts déplacements, on peut coucher l’arme dans la saignée du bras, canon dirigé vers le bas et vers une zone neutre.

Pour de longs déplacement et notamment dans des milieux escarpés ou présentant des obstacles naturels il est préférable de passer la bretelle de tir autour du cou et de laisser pendre l’arme sur la poitrine, culasse ouverte pour les semi-auto.

Pour les carabines à culasse, je vous livre mon truc : Je ferme la culasse mais la paume de ma main droite prend appui sur la bouche du canon et recouvre ce dernier. L’effet est instantané !! Personne ne viendra vous demander si l’arme est chargée !!

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C’est là que la bretelle de tir en néoprène extensible de type BUTLER CREEK va prouver sa remarquable efficacité. En effet, le principe de l’élasticité va empêcher la courroie de vous cisailler la nuque puisqu’elle va amortir tous les à-coups provoqués par la marche.

L’intérêt de la porter de ces deux façons, c’est qu’il est très rare de tomber à plat ventre, la plupart du temps on se réceptionne plutôt sur les fesses. Ce faisant on protège l’arme et surtout la lunette de tout choc direct. Même dans le premier cas on  peut tomber en arrière et bloquer l’arme contre soi à l’aide du bras gauche tout en gardant son bras droit libre.

Le tir à l’approche procure un peu plus de temps pour prendre sa visée que le tir en battue. Mais le tir à l’approche se faisant sur des distances plus importantes qu’en battue, il nécessite souvent d’avoir une position très stable, d’où la fausse-bonne idée de vouloir utiliser une béquille pour stabiliser l’arme.

L’arme immobile est une utopie, le corps bouge, l’arme bouge, l’animal bouge (!) Mais le tireur gère tout cela pendant qu’il exerce la pression sur la détente. Le coup part sans s’en rendre compte lorsque les instruments de visée sont alignés. Le départ du coup doit vous surprendre. Au stade supérieur il y a une forme de dédoublement : celui qui vise et analyse la situation, « l’autre » qui autorise le lâcher de la balle.

L’autre façon d’utiliser une bretelle de tir c’est d’améliorer le tir à bras franc, notamment à l’approche.

Pourquoi « à bras franc » allez-vous me dire alors qu’il existe la canne de pirsh ? Je ne vais pas faire le procès de la canne de pirsh mais enfin je suis toujours stupéfait de voir toutes ces vidéos où le guide  installe la canne de pirsh devant le tireur comme on tend une béquille à un handicapé. Cela m’est insupportable ! De même qu’il faut un minimum d’entrainement pour marcher plusieurs heures, il faut un minimum de capacité musculaire (et d’entrainement au stand)  pour pouvoir tirer à bras franc.

« Le tir à bras franc (debout) améliore les coordinations et les forces physiques. Il nécessite un temps de réponse œil/main plus rapide. Il nécessite un tir plus prompt ». Extraits du livre : « Death from Afar ». « Marine Corps Sniping ».

Ne pas être capable de tirer à bras franc peut se révéler extrêmement dangereux, notamment en Afrique quand après avoir blessé un lion (à l’aide de la béquille) le tireur doit faire face à une charge en règle sur 80 mètres. On voit alors les balles siffler aux oreilles du lion et ce dernier vient s’aplatir sur le chasseur. Vidéo sur le site : « Afrique le lion contre-attaque ». Prévoyez dans ce cas que la canne de pirsh soit réversible en épieu de chasse… Je plaisante !

Pour pouvoir transformer sa bretelle de tir de chasse en bretelle de tir, il faut une bretelle de tir, d’au moins 5 centimètres dans sa partie terminale, celle qui est reliée au canon et du type précité : large et un peu extensible. La véritable « bretelle de tir » utilisé par les tireurs professionnels ne convient pas à la chasse.

A quel moment allez-vous l’utiliser ? Dans le cas d’un tir qui demande une grande précision, donc à une distance assez éloignée ou en visant quelque chose de très petit. Avec quand même cette restriction : Tirer avec une bretelle de tir ne peut pas se faire dans la précipitation. Il y a 3 gestes à faire : grosso-modo il s’agit d’enrouler le bras autour de la bretelle de tir puis de revenir serrer le fut. Donc cela demande un tout petit peu de préparation. Si vous êtes sur un mirador et que le cerf de votre vie arrive au loin, lancé par les chiens, mettez ces quelques secondes à profit pour verrouiller l’ensemble de votre position de tir. Bloquez les coudes contre votre corps. Vous ne devez pas trop forcer en enfilant le bras dans la bretelle de tir, en cela le néoprène extensible est plus efficace que le cuir naturel.

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« La fonction de la bretelle de tir est de prendre en charge le poids de l’arme. De fait, le poids de l’arme, force verticale vers le bas, est transformé en une traction horizontale, appliquée sur l’humérus par le biais de la bretelle de tir. Lorsqu’elle est bien employée, la bretelle de tir évite au tireur de porter la carabine par une contraction du biceps. On se rapproche, dans le triangle « avant-bras-bras-bretelle » du cas d’un triangle isocèle ». Extrait du blog du Tir Olympique Savoisien. TOS 73.

L’arme s’auto-verrouille sur le bras. En cela c’est une position qui est très stable et très sûre permettant d’un tir d’une grande précision à la lunette. Cela demande toutefois un minimum d’entrainement en tir « à sec » d’abord  puis au stand. Veillez à conserver la visée 5 secondes après avoir appuyé sur la détente.

Vous tirerez une immense satisfaction  d’avoir réussi un tir de cette manière.

Les points de fixation d’une bretelle de tir sont la première chose à revoir quand on pose une bretelle  de tir sur une arme. Les 2 points de fixation classique sont : sous la crosse et un autre sous le fut de l’arme. Remplacez les grenadières existantes par celles de la marque UNCLE MIKES, ce sont les meilleures et les plus sécurisés, elles répondent aux normes militaires Américaines.

La grenadière située sous  le fût, subit toutes les contraintes et torsions dus aux nombreuses manipulations de l’arme. Aucun bois, aucun collage ne résiste à ces tractions répétées. Pour ne pas voir la bretelle de tir se détachée de l’arme et cette dernière, s’écraser par terre, il vous faut impérativement remplacer la grenadière vissée dans le bois par une grenadière fixée directement sur le canon. Soit par une grenadière en collier qui fait tout le tour du canon, soit en demi-lune comme sur cette CZ en 375 HH.

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Les grenadières UNCLE MIKES sont distribuées par RIVOLIER.

Référence pour ma CZ 550 Magnum : QD115 SG2 Most 12s. (.800-.850″ dia.) 15932.

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2 thoughts on “La bretelle de tir ou la canne ?”

  1. Oui magazine : Sanglier techniques de chassse et à partir de décembre dans chasse pratique.

    Moi je peux vous dire qu’en ce qui concerne ma CZ en 375 la vis s’est arrachée à deux reprises. Voir la carabine étalée dans l’herbe ça fait un choc !

    Évidemment tout dépend du poids de la carabine.

    Non pour la crosse il n’y a pas de probléme !

    C’est sans doute la torsion excercée sur la vis quand je lance la carabine à l’épaule qui a fragilisé la vis du fut

     

  2. Bonjour,

    Ca fais un moment que je lis vos articles avec passion ! Bravo vous faites du bon boulot, il me semble vous avoir déjà lu dans un magazine ?!

    Mais par contre un petite ma fait doucement rire c’est sur la fixation de la grenadière. Vous dites qu’aucun bois ne résiste aux tractions répétés de la grenadière, mais jamais je n’ai entendu
    parler de bretelle qui se décroche, qui plus est comment faire avec une carabine fût long ? Et pour la grenadière de crosse ? La je ne vous suis pas du tout, le risque zéro n’existe pas mais pas
    loin !

    Cordialement

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