Supprimer « le coup de doigt ». STETCHER « à la Française » et STETCHER « à l’Allemande ».

Les expressions STETCHER « à la Française » et STETCHER « à l’Allemande » sont de moi. Ce n’est pas très académique mais si quelqu’un à mieux à me proposer….

Un dogme immuable voudrait que l’on presse la détente avec le bout de la première phalange. Cela ne s’impose que dans les disciplines du tir de précision : 10 mètres, 50 mètres, 200 mètres, etc. Lorsque la pression nécessaire pour lâcher la balle équivaut à quelques dizaines de grammes, voire moins, « le lâcher » ne doit demander au tireur qu’un simple effleurement de la détente par le doigt. Lorsque la pression nécessaire sur la détente est de 2-3kg, voire beaucoup plus, tout change ! Idéalement, un tireur confirmé, exercera une pression strictement continue d’avant en arrière et parfaitement parallèle. Mais lorsque vous pressez une détente de 2 kg et plus, vous allez aussi exercer une pression oblique de la droite vers la gauche. Autrement dit vous allez provoquer une poussée perpendiculaire à la queue de détente. C’est naturel et instinctif que votre doigt se courbe vers la gauche. Cette action conjuguée à la pression mentale et musculaire pour commander le départ de la balle fait partie d’un ensemble plus vaste surnommé « le coup de doigt ».

Le « coup de doigt » en vidéo : Deux excellentes vidéos qui expliquent parfaitement les bonnes postures :

Pour contrer ce mouvement et contrôler la pression sur la détente, vous allez presser cette dernière, en prenant -AU MINIMUM- appui entre la première et la deuxième phalange dans le creux formé par leur séparation. Autrement dit, engagé fortement le doigt dans la détente. Vous contrôlerez mieux votre force musculaire avec cette partie du doigt. Avant d’essayer cette technique à la chasse, travailler la d’abord « à sec » avec une douille factice (évitez les douilles percutées, source de confusion) pour ne pas abimer le percuteur.

Épaulez votre arme et prenez une visée, sortez le doigt du pontet et pressez la détente avec le bout du doigt, ce dernier fait un V dont la pointe est à « 1 heure ». La pression exercée sur la détente est oblique. Refaites le même mouvement mais en pressant la détente en prenant appui entre la première et la deuxième phalange dans le creux formé par leur séparation, votre doigt fait un angle parfait de 90°. La poussée sur la détente est parfaitement dans l’axe de l’arme.

Mieux, la pratique assidue de cette technique, permet d’acquérir « la connaissance » de sa détente. A force de vous entrainer vous allez-vous rendre compte que vous sentez ce que l’on appelle « le lâcher », le moment où vous passez « le point dur » et que le coup part. Toujours en tir « à sec » avec douille amortisseur, suivez une cible factice et pressez la détente progressivement de façon à acquérir cette connaissance « du lâcher ».REvérifier qu’il n’y est rien dans l’arme et entrainez vous. Ne désépaulez pas, suivez « la cible » durant deux secondes après avoir tiré. Passer ensuite au stand, puis en action de chasse.

En action de chasse

– Ne dégagez la sécurité que lorsque l’ouïe ou la vue commence à vous alerter. Remettez vous aussitôt en sécurité s’il n’y a rien.

– Le bruit de l’animal lancé ou au pas se fait entendre, crosse à l’épaule, canon à 45° vous semblez visez le sol, seule votre tête est bien droite et regarde dans la direction de ce qui est pour l’instant, supposé être un animal. Tout dépend des conditions de chasse. En moyenne montagne l’espace est complètement ouvert, nous sommes encore plus vigilants.

– L’index est toujours le long du pontet et il y restera tant que l’identification visuelle n’aura pas eu lieu.

– L’animal est identifié et peut être tiré, ce qui suit, se fait évidemment en même temps : le canon remonte de sa position au sol vers l’animal. Ne regardez pas l’animal en tant que « masse », concentrez-vous exclusivement sur un point : la colonne au cou.

Tout en se calant sur celui-ci, placer l’index entre la première et deuxième phalange, commencer à presser la détente à mi-course. Lorsque vous décidez de tirer, continuez la pression pour passer le point dur (la bossette) et commander le départ du coup. Concentrez-vous sur la pression du doigt sur la détente et soyez « surpris » par le départ du coup. Ne devancez pas la bête, ne stoppez pas le mouvement de votre bras au moment de tirer, suivez la bête, accompagnez la, lâcher la balle en continuant à viser et en suivant l’animal. Pour savoir si vous donnez un coup de doigt ou pas lorsque vous tirez, le plus simple c’est d’aller au stand et de demander à quelqu’un de se placer à coté de vous, de fermer un œil et de « viser » le bout canon. Si au moment de presser la détente il constate un brusque mouvement du canon, il y a « coup de doigt ». Je ne conseille pas cet exercice en tir à sec, cela peut modifier le comportement du tireur par rapport à une arme qu’il sait vide. Si la détente est trop dure, on peut quand cela est possible, diminuer le poids de détente. Si elle « gratte », un bon armurier devrait pouvoir « polir » légèrement la détente pour que le départ soit plus doux. Cela reste tout de même en l’absence d’un réglage spécifique, une opération délicate, notamment sur les armes semi-automatique. Un bon poids de détente c’est 1,3-1.5 kg. Préférez les détentes « directes » aux détentes à bossette. Le stetcher à la Française est intéressant pour certains tirs à partir de 50 mètres, quand l’animal s’arrête ou progresse lentement. Je l’utilise assez souvent. Il ne doit être enclenché qu’au dernier moment. Le fait de ne pas avoir à gérer la pression musculaire sur la détente offre une opportunité supplémentaire pour un tir de grande précision. Le tir en stetcher se fait avec le bout du doigt.

Bossette, détente directe, Stetcher « à la Française » ou « à l’Allemande ».

Sur les armes de chasse il existe plusieurs sortes de détente :

A bossette : la course de la queue de détente s’effectue sous une faible pression dans un premier temps jusqu’à l’arrivé du point dur : la bossette. A partir de là, la pression nécessaire au départ du coup devient plus importante et le coup part.

Détente directe : Il n’y a pas de course entre la position d’origine et le départ du coup.

Stetcher « à l’Allemande » : il y a 2 queues de détente, la 2ème servant à l’armement du stetcher.

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Stetcher « à la française » : Il s’arme en poussant la détente en avant jusqu’au « clic ».

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Dans le cas du stetcher, le départ du coup ne demande qu’une pression du bout du doigt et de quelques grammes. Notre préférence va nettement au stetcher à la Française, plus facile à mettre en œuvre et plus sûr d’utilisation : on ne risque pas de presser la première détente par inadvertance.

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