Livre : « Un chasseur en campagne » de Willy Schraen. Préface de Me Eric Dupond-Moretti.

Willy Schraen a été élu en 2016 Président de la Fédération Nationale des Chasseurs (F.N.C., 1.100.000 adhérents). Il est à l’origine des nouvelles lois sur la chasse, a négocié avec Emmanuel Macron la réforme de la chasse dont la très médiatisée baisse du prix du permis national à 200€.

Après des décennies où la chasse française n’osait ni s’exprimer ni se montrer, le nouveau président de la FNC souhaite désormais se faire entendre et affirmer le rôle que la chasse française joue au quotidien dans la conservation et la régulation des espèces, la défense de la biodiversité, son rôle de premier écologiste de France, en permanence sur le terrain et en lien étroit avec le monde rural. Il se bat contre une agriculture productiviste qui détruit une faune et une flore indispensables à l’équilibre écologique. Il se bat également pour les agriculteurs et tous les ruraux, souvent incompris et délaissés par une élite distante qui décide pour eux, sans les connaitre. Dans cet essai, Willy Schraen livre son analyse sur l’ensemble des politiques menées sur la chasse en lien avec les gouvernements, mais propose également des solution pour vivre mieux en milieu rural. Il y défend un mode de vie mis à mal par une méconnaissance globale et des problématiques en contradiction avec celles des populations urbaines. Plus qu’un réquisitoire, il s’agit ici d’un plaidoyer pour une France moins fracturée et un retour à une compréhension et une reconnaissance mutuelle de populations aux aspirations finalement assez proches.

Préface de Me Éric Dupont-Moretti

Voici la fin de cette préface en un court extrait : « Dans cette époque où l’anathème tient souvent lieu de pensée, le livre de Willy Schraen est indispensable. L’homme est d’une totale sincérité, il maîtrise son sujet, son analyse sur la chasse est argumentée, fine et intelligente. Merci Willy, ce livre est un petit bijou, un bréviaire où tous les aspects de la chasse sont évoqués : l’écologie, l’économie, la politique (avec de truculentes anecdotes). Merci Willy, mille fois merci de la battre, de la débattre et d’argumenter.Ce livre est fait pour que les chasseurs relèvent la tête. Enfin! Ce livre, est peut-être et surtout pour tous ceux qui ont la curiosité intellectuelle de comprendre et de découvrir la chasse et en quoi elle est indispensable à la nature.Ce livre, les ayatollahs de l’écologie s’en serviront pour allumer le barbecue où ils cuiront leurs steaks de soja ».

– MORCEAUX CHOISIS –

La ruralité en France

35% des Français vivent dans des communes peu ou très peu denses, réparties sur 90% du territoire. Aujourd’hui, les territoires ruraux ont le sentiment d’être incompris et peu visibles. Les citoyens qui y résident se sentent relégués, à l’écart des dynamiques qui portent la transformation de la France. Ils sont trop souvent représentés comme une « charge » pour la Nation. Le mouvement des gilets jaunes a été le catalyseur de ce sentiment ressenti par bon nombre d’habitants des zones rurales ou peu denses en périphérie des villes. Le mécontentement exprimé par cette mobilisation renvoie à des problématiques vécues par les habitants des territoires ruraux qui ne peuvent être laissées sans réponse. La hausse des taxes sur le carburant, qui a constitué le point de départ de cette mobilisation, a révélé d’autres inquiétudes vécues par les habitants des territoires, dont ils se sont fait échos sur les ronds-points : perte de pouvoir d’achat, éloignement voire suppression des services publics, manque de perspectives professionnelles, sentiment d’une inégalité des chances, etc.1Pour Willy Schraen, «le temps d’une nouvelle ruralité est venu. Je ne crois plus aux grands schémas internationaux, aux grandes déclarations d’intentions et aux promesses pleines de larmes. Si nous voulons vraiment commencer à agir contre le dérèglement climatique, commençons par travailler ensemble au cœur des villages. En matière d’aménagement du territoire, il n’y a pas de petites actions. C’est en se mobilisant au niveau local qu’on arrivera un jour à influer directement sur les grands sujets planétaires.»

– Impact économique et social de la chasse en France-

L’impact économique de la chasse française est de 3,6 milliards d’€/an. La chasse apporte 2,1 milliards d’€/an de valeur ajoutée à l’économie nationale (PIB). La chasse crée et maintient 25.800 emplois (ETP). Le bénévolat des chasseurs sur les territoires représente 78 millions d’heures chaque année. Le bénévolat éco-citoyen des chasseurs équivaut à 50 000 emplois (ETP). Chaque chasseur contribue directement à hauteur de 1 136 €/an à la richesse de notre pays. Pour 70 chasseurs pratiquants, il existe un emploi non délocalisable.

………. »La nature environnante, je l’ai découverte avec les gamins de mon âge en explorant avec eux les abords du village où nous vivions. Les arcs, les frondes, les pièges, les filets… Me reviennent en mémoire ces veilles d’ouverture où, à l’âge de six ou sept ans, je ne trouvais déjà plus le sommeil. Je me souviens de ces parties de pêche dans le marais audomarois qui finissaient par la dégustation de nos poissons ! Je me souviens de nos chasses aux grives et merles quand nous longions les haies d’aubépine pendant des heures avec frondes et arc à l’épaule. Je me souviens de ma fierté de porter le gibier que mon grand-père avait tué à l’arrêt de son chien. Je me souviens de ces après-midis d’été où tout le village retenait son souffle en attendant le retour des pigeons voyageurs de nos « coulonneux » ; de ces jours de ducasse durant lesquels nous nous affrontions dans un carrousel à vélos passionné ».

………..«Être rural c’est avant tout un état d’esprit et une compréhension de la nature que l’on reçoit souvent de ses parents et de ses grands-parents, parfois par des liens d’amitié forts. Il y a des personnes qui habitent aujourd’hui à la campagne et qui n’ont aucune notion de ce qu’est la ruralité. La ruralité ne sera jamais un positionnement géographique, mais une addition de valeurs fortes liées à l’évolution de l’homme. Le rural,comme le chasseur,est rarement un solitaire, il est au centre d’un maillage social indispensable qui relie les hommes aux territoires et à la nature. Il peut devenir demain un guide précieux de la nature, car il est l’un des seuls à la vivre de l’intérieur.Le rural est une richesse pour l’avenir, dans un moment où de nouveaux messies émergent un peu partout dans notre société. Il peut et il doit être l’incarnation de la nature,celui qui ramène à la raison tous les égarés.»

…….Pourtant je suis intimement convaincu que l’avenir de la France va se jouer dans les campagnes. La ruralité est forte d’une qualité de cœur et d’une ouverture d’esprit qui commencent à se faire rare dans d’autres parties de notre société. La fraternité, le dialogue, la tolérance, la connaissance de la nature, comme le choix de vivre une vie qui se définit par la transmission des identités et des valeurs de son terroir et les compétences écologiques de terrain, permettent de définir ce concept de « rurale attitude», de Ruralitude ! C’est la vie que j’ai choisie, que je défendrai jusqu’à mon dernier souffle. C’est celle que j’ai reçue de mes parents et de mes grands-parents, et c’est celle que je veux transmettre à mes enfants et à mes petits-enfants.»

«La chasse française ne cesse d’évoluer, mais dès que nous parlons d’écologie de terrain, on nous suspecte immédiatement de partialité et l’on remet en cause notre expertise au profit des écologistes politiques de salon et des antichasse qui occupent tout l’espace médiatique. S’ils arrivent un jour à interdire la chasse –leur rêve le plus fou– ils interdiront aussi toutes les autres activités qui les dérangent : élevage, agriculture, randonnée, VTT, escalade, sports d’hiver, etc.À terme la nature sera confisquée, mise sous cloche et fermée à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Ce rêve orwellien est en réalité la mort du monde rural. La chasse n’est pas toute la ruralité, mais elle est au cœur même de notre condition humaine. La nier, la refuser au nom d’un soi-disant progrès moral, c’est faire le jeu de l’intolérance et d’une forme de totalitarisme. »

La réunion du 27 août 2018 avec Nicolas HULOT

«La veille de ce jour fatidique, nous sommes attendus comme convenu à l’Élysée pour signer l’arbitrage final de la réforme de la chasse. Accompagnés de Thierry Coste, d’Alain Durand, de Pascal Sécula et de François Patriat, nous avons en face de nous le président de la République, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, le secrétaire d’État Sébastien Lecornu et le conseiller du président, Antoine Pellion.  Contrairement à ce qu’a affirmé publiquement Nicolas Hulot par la suite, Thierry Coste était bel et bien prévu sur la feuille de présence car même s’il connaît très bien le président, personne n’entre à l’Élysée sans accord préalable. Après avoir patienté un moment dans un salon proche de la salle de réunion présidentielle, Nicolas Hulot arrive le premier et fait un tour de table comme si de rien n’était, appelant même Thierry Coste par son prénom et le saluant par une longue poignée demain amicale.

« j’ai découvert la présence d’un lobbyiste qui n’était pas invité ». « ……j’ai dit à Thierry Coste très frontalement qu’il n’avait rien à faire là, qu’il n’était pas invité ».

Nous échangeons un peu. Comme souvent, il affiche un visage tourmenté et fait de grands gestes nerveux mais rien d’inhabituel. Après l’arrivée de Sébastien Lecornu, d’Emmanuel Macron et de son conseiller, la réunion commence. La négociation débute pour essayer de trouver un accord sur l’ensemble des points à l’ordre du jour. Ce n’est pas facile. 90 % des échanges se passent entre le président, Sébastien Lecornu et moi-même. Le président demande l’avis de son ministre d’État sur chaque partie de la réforme, et Nicolas Hulot les valide une par une, sauf celle des chasses traditionnelles. Il propose même comme solution politique de les faire disparaître purement et simplement.» Le président sonne la fin de la réunion suivie des traditionnelles photos avec poignées de main et sourires de circonstance. Puis, déjà très en retard, il nous quitte pour aller honorer un autre rendez-vous. Nous sommes encore dans la salle de réunion à l’Élysée, lorsque Nicolas Hulot produit son premier esclandre. Furieux, il envoie valser ses dossiers et perd son self-control avant de s’attaquer violemment à Thierry Coste à qui il reproche sa présence. Hors de lui, il annonce qu’il démissionnera le lendemain matin.

« Le lendemain l’annonce de sa démission par Nicolas Hulot sur France Inter provoque un vrai tsunami politique. Il raconte une tout autre version de ce qui s’est réellement passé . Devant témoins pour expliquer sa démission. Quand on pense qu’il est soi-disant la personnalité préférée des Français ! Lorsqu’on connaît la nature du personnage et que les langues se délient, quelle imposture ! Ce ministre de la Transition écologique a été une catastrophe pour l’État. En réalité, il savait déjà que certaines de ses mesures écologiques punitives allaient provoquer un tel rejet populaire, qu’il était préférable pour lui de partir avant. Courage fuyons ! Puis les gilets jaunes arrivèrent.« 

……«J’aurai donc connu sous la présidence d’Emmanuel Macron au moins trois ministres de la Transition écologique et deux secrétaires d’État. Allez savoir pourquoi, mais aucun de ces ministres n’arrivait à la cheville des deux secrétaires d’État. Ah j’oubliais,ils pensent que puisqu’ils sont écologistes ils sont forcément les meilleurs pour parler d’écologie, alors que nous, les ruraux, nous sommes sans doute trop limités pour les comprendre. Et pourtant chaque fois que nous sommes sortis d’un rendez-vous avec eux, nous avions justement souvent l’impression d’être de vrais génies !»

« Le loup en France est un énorme mensonge écologique, et à part le Sénat qui s’en inquiète aujourd’hui, pour les autres le sujet semble rendu tabou par la pression des groupuscules de l’écologie animaliste. C’est aussi un énorme mensonge financier, où les soi-disant 40 millions d’euros dépensés annuellement, ont été là aussi largement dépassés depuis longtemps (… »

– Commentaires –

Tout est dit dans ses extraits choisis. On découvre que la gestion de la chasse est extrêmement complexe. On a bien de la chance d’être représenté nationalement par un Président Willy Schraen aussi compétent et aussi motivé. Le permis national à 200 €uros est une magnifique réussite. Les techniques de tir doivent être enseignés par des moniteurs de tir et pas par des fonctionnaires. Personnellement je suis plus concerné sur les questions techniques liés au tir en battue, à la sécurité et par exemple ces deux absurdités FRANCO-FRANÇAISE : Le chargeur fixe sur les semi-auto,une aberration sur le plan de la sécurité et le doigt sur le pontet PROSCRIT à l’examen au permis de chasser qui est unique au monde et comme seule l’administration française sait en inventer.

Plus de 40 millions d’€uros annuel pour le loup et combien pour l’ours ???? Et après on vous explique qu’on n’a pas assez d’argent pour les hôpitaux !!!!

J’ai écrit à la chaine LCI ce jour : A 11h45 sur LCI, dans le sujet sur la chasse et le livre de Willy SCHRAEN, le journaliste Julien ARNAUD à parler au sujet des chasses de Chambord : « d’étalement du gibier devant le Président de la République ». Merci de préciser à ce monsieur que l’on n’étale pas le gibier, on lui rends les honneurs ! C’est un poil pas pareil ! Merci.

« Doigt sur le pontet » : Une obligation jurisprudentielle !

Propositions insolentes pour réformer la chasse.

Faut-il identifier avant de tirer ou identifier avant de prendre la visée ? Tir fichant ou zone fichante ?

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