Livre : « Les mythes de la seconde guerre mondiale ».

les mythes de la seconde guerre mondiale rectoC’est un livre de 441 pages divisé en 23 sujets, 23 mythes, 23 idées reçues dirais-je. Je dois avouer que certaines de ces idées reçues sont profondément ancrées non seulement dans la mémoire collective mais également chez le quidam moyen… ! Passionné de la seconde guerre mondiale, j’ai lu le livre avec beaucoup d’intérêt.

23 idées reçues

  1. « Les Britanniques étaient unaniment derrière Churchill avant et pendant la Seconde Guerre mondiale ».

churchill

On découvre dans ce chapitre que Churchill eut fort à faire avec la classe politique anglaise. J’ajouterai ce commentaire personnel pour connaitre « un peu le sujet » : « …..une certaine classe politique anglaise » très branchée dans l’Occulte et fort influente. Si l’union nationale prévalut après la guerre et dans les livres comme le dit très bien l’auteur en commençant son article : « …….Ceux qui critiquaient la façon dont elle était menée se sont généralement abstenus de s’en vanter après coup ».

L’auteur décrit très bien la rupture qu’il y avait entre Churchill et l’Establishment Anglais. L’équipe de Churchill fut baptisée de « gangsters » par l’opposition. On ne dira pas dire pro-Nazi mais « qui multipliait les gestes de conciliation avec le Führer ». Bien que cela ne soit pas mentionné dans ce chapitre, c’est quand même Churchill qui dégagea d’Angleterre le Duc de Windsor et sa femme Wallis Simpson, agent double de l’Allemagne et maitresse de Von Ribbentrop. Les deux compères sous prétexte de rendre visite aux troupes Françaises stationnées dans les Ardennes ne se prièrent pas de faire leur rapport à qui de droit en Allemagne ! Ce chapitre est un de mes préférés, il raconte par le menu les difficultés et les obstacles rencontrés par Churchill pour assoir sa politique anti nazi. Ce chapitre se lit comme un roman d’aventure.

  1. « La défaite de 1940 était inéluctable ».

Autre idée reçue à nuancer. Il est vrai qu’à posteriori il est toujours plus facile de rejouer la guerre.

Quelques vérités factuelles :

  1. « France vs Allemagne : 41 millions d’habitants en France contre 60 en Allemagne. 80 millions avec les frontières de la grande Allemagne en 1940 ».
  2. « …Ensuite l’affrontement entre un régime totalitaire prêt à tout pour vaincre et un régime démocratique faible, …..incapable de mener une politique sur la durée».Ce passage est très intéressant parce que toujours et éternellement d’actualité ! En 2015 comme en 1939 on ne gère pas un pays comme la France en étant « le Président des bisous ». Les prédécesseurs n’étaient pas plus compétents vu les « attentats-A.O.C » des années 80 A.O.C = « Attentat d’Origine Contrôlé ». Comprendre « Attentat d’origine étatique parfaitement identifié ».

Mais revenons-en à notre défaite de 1940. L’auteur dit bien : « Si certains arguments furent polémistes, en revanche les arguments militaires sont à considérer avec attention ». « Tous les auteurs rejoignent l’analyse selon laquelle les causes de la défaite ont été techniques et ont tenu à la carence de la doctrine militaire ». J’ajouterai qu’en France toutes les défaites depuis 1870, en passant par 1914/1918 (cette dernière fut gagnée à partir du moment où l’Amérique entre en guerre) Indochine, Algérie, Liban, etc, ne s’expliquent que par l’absence de tacticiens militaires et surtout par un matériel vétuste et inadapté. Rien n’a changé en 2015 ! Mon beau-père, 97 ans aujourd’hui, a été fait prisonnier dans la poche de Dunkerque. Il avait un fusil, une poignée de cartouches mais pas du bon calibre…. ! Le fantassin de 2015 a un FAMAS, les bonnes cartouches mais elles deviennent imprécises au-delà de 30 mètres !!!. Ne riez pas ce sont nos soldats !

L’auteur a parfaitement raison quand il démystifie le fameux Blitzkrieg. Mon analyse personnelle c’est qu’il n’y a pas eu « guerre éclair » mais « effondrement éclair » de l’armée Française. Les généraux Allemands pragmatiques et empiriques face aux cartésiens Français (La différence entre un empirique et un cartésien c’est que l’empirique baise tranquillement pendant que le cartésien se fait chier à comprendre) décidèrent de passer par les Ardennes. Or les Ardennes était réputées « infranchissables » par les généraux Français, d’une part et la ligne Maginot s’arrêtait aux Ardennes pour « ne pas froisser la Belgique pays neutre » !!! Comme dirait Coluche « T’aurais vu la gueule de la neutralité après le passage des Allemands… ». En 2015 nous avons encore une ligne Maginot qui s’arrête aux Ardennes elle s’appelle « Dissuasion » nucléaire ».

« Un détail » en passant…. : Page 42 : « …..beaucoup d’avions Français ne sont pas « bons de guerre ». ……car on craignait que les ouvriers des usines d’armements, connus pour leur engagement politique et syndicalistes ne s’en emparent ». Plus tard en Indochine : Extrait de l’article : Les communistes français durant la guerre d’Indochine : « Dans les usines d’armement, les armes et les munitions destinées aux soldats de l’Union Française étaient systématiquement sabotées… « L’effet retard » des grenades était volontairement supprimé, ce qui entraînait leur explosion immédiate dès qu’elles étaient dégoupillées, la plupart du temps, dans les mains de leurs servants… Les canons des pistolets mitrailleurs et des fusils étaient obturés avec une balle, ce qui entraînait souvent leur explosion… Les munitions étaient sous chargées ou ne l’étaient pas du tout… Les obus de mortier explosaient dès leur percussion ou s’avéraient inertes… Les moteurs des véhicules de terrains comme ceux des avions subissaient également toutes sortes de sabotage : Joints de culasse limés et  limaille de fer dans les carters à huile… Ils ne furent jamais inquiétés ! Et cette strophe du poème du capitaine Borelli, officier de Légion, adressé à ses hommes morts au combat, prennent ici, un sens particulier : « Quant à savoir, si tout s’est passé de la sorte, si vous n’êtes pas restés pour rien là-bas, si vous n’êtes pas morts pour une chose morte, Ô, mes pauvres amis, ne le demandez pas ! ». Et je ne vous parle pas des trains qui furent déraillés après la guerre et qui provoquèrent des dizaines de victimes. Ce n’est ni dans ce livre ni dans les livres d’histoire. Plus prés de nous, Giscard lors de l’élection présidentielle de 1974 n’avait t’il pas fait placer des charges explosives sur l’émetteur de la Tour Eiffel, craignant un coup d’état communiste….

Page 43 : « l’aviation militaire ne jouit pas d’une véritable autonomie ». Doux euphémisme quand on sait que le Générallisime JOFFRE, futur directeur de l’école de guerre à la Française, « un boucher » selon Churchill, disait des avions : « Des jouets intéressants sans valeur militaire ». Les exemples donnés par l’auteur ne manquent pas en ce qui concerne les différentes conceptions de la guerre : Page 44 : « D’un bout à l’autre de la guerre, l’état-major n’a pas cessé de se battre avec plusieurs mesures de retard ». Je vous laisse découvrir plus de détails de ce chapitre sur cette infamie politico-militaire de 1940. Une belle leçon d’Histoire sur ce mythe d’une défaite Française rétrospectivement supposée acquise dés le début du conflit.

  1. « Les U-BOOT pouvaient renverser le cours de la guerre ».

Cette affirmation fait également partie des grands mythes de l’histoire. Les films de cinéma n’y sont pas pour rien. Je dois dire que l’auteur de ce chapitre s’est livré à une véritable comptabilité analytique, digne d’un contrôle fiscal renforcé pour faire de ce mythe une foutaise complète !

A coups de ratios de tonnage/U-Boot coulé, de statistiques toutes aussi factuelles et sourcées il vous démontre à l’emporte-pièce et par A+B que la Kriegsmarine dés le 24 Mai 1943 ( !!!) avait déjà perdu la bataille de l’Atlantique. Ce livre sert à comprendre l’erreur stratégique majeure commise par Hitler qui fonde tous ses espoirs sur sa priorité numéro UN : L’Union Soviétique « qu’il imagine pouvoir éliminer en quelques mois » au détriment de la stratégie maritime, pour ce qui est des U-boot et au détriment du front Ouest (la Normandie) pour la guerre terrestre. C’est la grande leçon de ce livre : En concentrant le gros et le meilleur de ses troupes à l’Est, Hitler a perdu la bataille du débarquement Allié et par là même la guerre. Note personnelle : Pour la petite Histoire, les Français, Anglais et les Américains parlent de « débarquement » allié et les historiens Allemands ainsi que leurs journaux encore aujourd’hui, parlent « d’invasion ».

  1. « Hitler a devancé une attaque de Staline ».

C’est un mythe dont je n’avais jamais entendu parler ! A la lecture de ce chapitre, il semble que cela soit une querelle d’historien. Vous y apprendrez quand même la différence qu’il y a entre une frappe « préemptive » et une frappe « préventive ». Forcément instructif ! Tout au long de ce chapitre et du livre tout entier, on ne peut être que stupéfait par le degré d’intox que subirent Hitler et Staline. L’Histoire repassant toujours les plats (mais en plus tragiques) qu’en est il aujourd’hui de nos dirigeants…. ???

  1. « Pearl Harbour, une victoire Japonaise ».

Alors là………. !!!!!!! Si cela est un mythe il va falloir le démontrer (!!!) me suis-je dit en commençant ce chapitre ! Bon hé bien 4 pages sur 10 après, le mythe est plié ! PLIÉ !!! Une seule citation : « …..Ainsi donc, l’un des raids les plus audacieux mené par 28 navires, de surface, dont 6 porte-avions portant 414 avions, 23 sous-marins a abouti à la mise hors de combat de cinq cuirassés dont trois obsolètes, plus quelques dégâts au menu fretin ». Hors bilan humain plus dramatique évidement ! Et d’ailleurs selon les propos même de l’amiral Yamamoto : « La mission n’est pas accomplie ».

Comme dans l’armée Française, les rivalités interarmées (lire à ce sujet le livre : « Opération MANTA. Les documents secrets. Tchad 1983-1984 » entre les tenants du porte-avions et les tenants des cuirassés ont grandement contribué à la défaite du Japon. Le mythe de Pearl Harbour est pulvérisé quand on lit par le récit des « bombes bricolées à partir de vieux obus de marine »… C’est un de mes chapitres préférés. Dès cet instant on comprend déjà le pourquoi de l’utilisation de l’arme atomique. Pearl Harbour une erreur stratégico-militaire qui va couter très cher au Japon. Pearl Harbour, un mythe de plus, brillamment descendu en flammes et en 10 pages !

  1. « Rommel était un bon chef de guerre. »

Le chapitre commence ainsi : « La question de savoir si Rommel est un bon chef de guerre pourrait, à première vue, paraitre saugrenue ». Arrivé à la page 105 du livre, je dois dire que plus rien ne m’étonne surtout après le dézingage en règle de Pearl Harbour. Concernant Rommel les propos sont plus nuancés. A la lecture de ce qui suit, on comprend que Rommel était d’abord et avant out le prototype de ce que j’appelle : Un tacticien-praticien : « Le chef doit toujours être à l’avant ». « La transmission des ordres et des compte-rendus doit être primordial ». « Surprise tactique ». « Attaque tactique ». On a l’impression de lire le CV d’un général Israélien de la guerre des 6 jours ! Soit-dit en passant : Cette leçon de 1940 : « La transmission des ordres et des compte-rendu doit être primordial » n’est pas encore arrivée aux cerveaux de notre école de Guerre. Voir les lamentables passages concernant l’opération SERVAL. 1940 – 2013 = 73 ans… !

Page 110 : la pratique de Rommel « lançant ses blindés évoluant comme une flotte de haute mer ». Très instructif ! Très Israélien ! Tout cela me conforte dans cette théorie que je développe depuis plusieurs d’années : le génie militaro-stratégique du militaire israélien, sans parler du Renseignement au sens British du terme : « L’Intelligence », le militaire Israélien est issu du métissage, d’un parfait équilibre entre le tacticien Allemand et le joueur d’échecs Russe. Page 111 : Tiens, tiens… ! Rommel était lui aussi un « indiscipliné », comme les officiers Israéliens d’ailleurs. Lire à ce sujet mon commentaire sur le livre de Lartéguy : « Les murailles d’Israël ». Un autre aspect inconnu de Rommel, un « pluri-IN-disciplinaire ». Un « officier-Prussien » : « Il désobéit à des ordres déshonorants concernant le traitement de certaines catégories de prisonniers. Le français libre de Bir-Hakeim : Pierre Messmer l’atteste dans ses mémoires ». Par contre, je trouve la conclusion de l’auteur chapitre assez contradictoire avec tout ce qui est dit tout au long du chapitre.

  1. « Les cheminots, fers de lance de la Résistance Française et acteur majeur de la Libération ».

bataille du rail

L’auteur revient d’emblée sur le film mythique : « La bataille du rail » pour expliquer, entre-autre d’où vient ce mythe. C’est intéressant mais je n’ai pas de commentaires particuliers à faire sur ce sujet là. Le récit de ce chapitre se suffisant à lui-même.

  1. « L’économie Soviétique ne pouvait rivaliser avec le potentiel du Reich ».

Bis repetita, nous assistons à une descente en flamme d’un autre mythe bien réel et bien connu. ! A coups de chiffres, de statistiques et de sources factuelles, l’auteur nous explique, démonte toute la situation économique de l’Union Soviétique des années 30 à la fin de la guerre. Que de sacrifices !

Récemment les historiens ont « découvert » ou redécouvert, grâce à Poutine qui leur a rafraichi la mémoire, que l’Union Soviétique avait eu plus de 30 millions de morts ! Pour vous donner une idée, la France était à cette époque composée de 40 millions d’habitants… Elle n’a perdu « que » 330.000 civils, plus par les bombardements Anglo-américains que par les Allemands ! On comprend dès lors ce qui sauva l’Union Soviétique, c’est l’étendue de son territoire qui permit de décentraliser toute la production industrielle et notamment les usines d’armements, toujours plus à l’Est.

Les chiffes fournis sont stratosphériques : « L’Union Soviétique produit 8.331 avions de combat en 1940 vs 33.205 en 1944. 2.797 blindés en 1940 vs 28.983 en 1944. 40.547 camions en 1940 vs 122.385 en 1944 ». Je vous passe les statistiques de productivité ! Quel paradoxe ! Les Russes produisaient de l’armement à une vitesse démentielle mais crevaient littéralement de faim pendant que les Allemands ne produisaient pas grand-chose (hors de la propagande) mais « étaient convenablement nourris ». Page 143 : Ce dilemme est résumé en un paragraphe.

  1. « Montgomery un général surestimé ».

« Surestimé » Are you sure my dear ? J’aurais plutôt dit le contraire ! Surtout après l’épisode « Market garden » : « Un pont trop loin ». Personnellement je n’impute la victoire de Monty à El Alamein que parce que Rommel n’avait plus d’essence pour ses chars et pas pour le génie militaire de Monty. C’est juste mon avis. On découvre dans ce chapitre un autre Monty : « Refusant de s’entêter si les combats deviennent trop sanglants, il change constamment d’axe d’attaque ». Un vrai général Boche quoi ! « Il dose et gère plutôt qu’il ne s’obstine ». « Ce n’est pas un théoricien, mais avant tout un praticien ». Ça me rappelle quelque chose ou quelqu’un… ! Ce chapitre réhabilite un grand chef de guerre « qui avait le défaut d’avoir une haute opinion de lui-même ».

  1. « La Waffen SS : Des soldats d’élites ».

Rappelons que la Waffen SS est la branche militarisée de la SS. D’emblée l’auteur situe parfaitement le cadre de son étude : « ….comment définir autrement l’élitisme militaire, sinon par la capacité de troupes à remplir sa mission avec rapidité et efficacité ». Ce fut loin d’être le cas et le sujet vaut la peine d’être lu… Je me contenterai de donner le titre des sous-chapitres, ils sont assez éloquents :      « L’élitisme, valeur suprême de la SS ». « Niveau d’instruction militaire à la veille du conflit ». « La Waffen SS à l’épreuve de la guerre ». « Aux origines du mythe : Lobbying et propagande ». La conclusion : « …..deux mois avant la fin de la guerre ….. on assistait en l’occurrence à une véritable prise de distance avec le mythe ».

  1. « La seconde guerre mondiale, une affaire d’hommes ».

La question est posée d’emblée : Les Français du commando Kieffer sont connus à l’unité prés : 177 ; mais qui sait combien de femmes participèrent aux opérations ? On connait le sniper Finlandais Simo Häyhä, soldat Finlandais considéré comme le meilleur tireur d’élite de toute l’histoire, Il fut surnommé Belaya Smert (« La mort blanche ») par l’armée soviétique, qui déploya des moyens considérables pour l’abattre et dans les rangs de laquelle Häyhä fit entre cinq et sept cents victimes.  « 6 mars 1940. Après avoir abattu 505 soldats soviétiques, le sniper Simo Häyhä est neutralisé ». Il meurt dans son lit à 96 ans ! Et comme dit l’article : « Ils étaient nombreux à l’attendre là haut »…! »

Page 183 : Les Russes avaient eux aussi leur « mort blanche » : « Lioudmila Pavlitchenk, crédité de 309 soldats ennemis tués entre juin 41 et juin 42 ». Citons également : « Suzanne Masse, conductrice ambulancière de la 2ème ». Extrait de mes recherches personnelles : Sœur Pauléne qui passa un aviateur anglais caché sous sa robe, assise à côté du conducteur de la voiture : mon grand-père. Même si cela n’a pas un rapport avec la seconde guerre mondiale, comment passer sous silence celle que l’on surnomme encore aujourd’hui : « L’ange de Dien-Bien-Phu » : Geneviève de Galard : Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures. Médaille de la Liberté (Medal of Freedom). Grand officier de l’ordre national du Mérite. Grand officier de la Légion d’honneur. Et la nomination dont est la plus fière : Elle est faite « au feu », « à l’ennemi » : « Première classe d’Honneur de la Légion Étrangère ». Celle qui tint tête au Viet-minh et qui refusa d’abandonner SES blessés en captivité. Page 190 : Un épisode volontairement occulté dans l’histoire Franco-française : « …..3000 à 5000 viols commis par les troupes coloniales du Corps Expéditionnaire Français en Italie. …….Des indemnités obtenues des autorités Françaises dont certaines encore versées dans les années 70. »

  1. « L’armée Italienne était mauvaise ».

Je passe sous silence la blague Marseillaise de l’époque : « Quand l’officier Italien crie à la Baïonnette….. ». Comme toujours, la réalité historique moins connue donne une toute autre image de l’armée Italienne, plus sombre ou plus noble. Les soldats italiens « étaient mal équipés, mal habillés, mal nourris ». Page 222 : Un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale : Suite à la capitulation de l’Italie en 1943, Hitler ne voulut pas reconnaître cette reddition de l’Italie et la division Acqui retourna ses armes contre les allemands. Le bilan fut effroyable ! Sur 11.500 militaires, à peine plus de 3500 revinrent à leurs foyers, les autres furent déportés ou tués par les Nazis. A noter, 3 pages de sources biographiques. La Tragédie de la division Italienne ACQUI.

  1. « le Pacifique un théâtre secondaire ».

Bercés que nous sommes par les faiseurs d’Histoire de France : L’éducation-nationale-gauchisée, nous considérons à tort que le nombril de la Seconde Guerre mondiale c’était l’Europe. Page 227 : « Vu d’Europe, il est aisé de ravaler au rang de théâtre d’opérations secondaire, l’Asie et le Pacifique à égalité avec la Méditerranée voire après ». C’est un des chapitres les plus instructifs.

« La guerre du Pacifique » ou plus justement, la guerre pour la domination de l’Asie n’a pas commencé comme on le croit le 07/12/1941 par Pearl Harbour mais en réalité elle a commencé le 07/07/1937 lorsque le Japon envahit la Chine. On pourrait même la faire commencer encore plus tôt en 1931 lorsque le Japon s’empare de la Mandchourie « nominalement Chinoise pour en faire un protectorat nippon ». On pourrait même remonter (!!!) à 1894-1895 : « Un bref conflit oppose le Japon et la Chine ». La guerre du Pacifique…. vous avez dit « secondaire » ? Page 229 : «………représente un gros quart des terres émergées du globe terrestre. « La moitié de la population mondiale en 1939 ». « Un théâtre maritime de prés de la moitié de la surface de la terre ». Alors…. ??? Toujours secondaire la guerre du Pacifique ? Le Pacifique fut aussi le terrain d’essai du débarquement en Normandie et l’Armée Rouge développa et améliora son propre Blitzkrieg dans les plaines de Mandchourie.

  1. « Le débarquement en Provence, une opération inutile ».

A l’origine, le débarquement en Provence devait apporter un appui au débarquement en Normandie. Il fut plusieurs fois annulé. Recherche personnelle : Il devait se dérouler initialement sur les plages de Leucate Plage et l’actuel Port-Leucate dans l’Aude. Source : « Il était une fois Leucate ». Jacques Hiron. Édition du Cap Leucate. « Le site de l’actuel Port-Leucate constituait en effet un verrou qui commandait l’accès aux plages Sud (Leucate plage) là où une opération amphibie d’envergure a effectivement été longtemps envisagée par les Alliés » Une fois passé les défenses Leucatoise, l’objectif était de prendre le port de Sète ». Il semble à la lecture de ce chapitre que ce débarquement fut surtout destiné à permettre aux Français libres de De Lattre de jouer un rôle plus important dans la libération du pays. Giraud et De Gaulle insistèrent sur « l’importance pour les Français de la bataille de France ».

  1. « Le soldat américain ne sait pas se battre ».

Ce n’est pas tant qu’il ne sait pas se battre mais surtout qu’à l’époque il n’a pas appris à se battre, que l’encadrement ne suit pas, ils sont en fait sans expérience. L’auteur nous explique très bien l’état de l’US ARMY avant 1943 et après le tournant de 1943. « L’US ARMY est composée à l’époque de 99% de mobilisés n’ayant aucune expérience militaire ! »

Le ratio armement/groupe de combat est en défaveur des américains :

  • « Une MG42 pour 9 hommes vs un fusil mitrailleur BAR pour 12 hommes.
  • A l’échelon de la compagnie : 28 pistolet-mitrailleur vs 15 MG 42 ».

Même en 2015, nombre de soldats français, en autres, troqueraient bien leurs mitrailleuses -très, très- légères en 5.56 contre une MG 42 en 7.62. Ah ! Non ce n’est pas possible ! Il y a des crétins qui ont décrété que plus le calibre est léger plus la dotation est importante ! Et tant pis si notre 5.56 est en deçà de la portée des petits copains d’en face, bien calés à distance de sécurité avec leur 7.62. « Le soldat américain peut dire merci à son industrie ». Non cette phrase n’a pas été prononcée en Irak ou en Afghanistan mais en 1945 par les généraux allemands. A la lecture de ce chapitre, on réalise que tout ce que les allemands reprochaient aux américains en 1943 est en tout point semblable à leurs comportements aujourd’hui et sur tous les théâtres d’opérations.

Que voit-on dans tous les reportages de guerre ? Des soldats qui « patrouillent » telle une chèvre attachée à un poteau pour appâter le loup. Qui attendent le départ d’n coup de 7.62 lâché par un paumé lambda à qui on offert 100 Dollars, l’équivalent d’une année de salaire et qui fait bien attention de tirer à distance de sécurité puisque sa 7.62 porte plus loin que le 5.56 d’en face ! Le crétin-américain-moyen envoie alors une tonne de bombes sur le bâtiment en question, toujours situé -évidement- au centre du village. Je pourrai développer cela sur des dizaines de pages. Ces mêmes américains aussi incompétents mais mieux armés que leurs homologues FR zappent complètement le SAV de l’après-guerre ! Pire ! En installant des fantoches corrompus et incompétents : Viêt-Nam, Irak, etc, ils créent Al-Qaïda et Daesh qui sont des purs produits MADE-IN-OCCIDENT. Al-Qaïda a été créé et financé par les US pour contrer les Russes en Afghanistan. Daesh est la conséquence de la mise en place au pouvoir en Irak d’un fantoche Chiite qui n’a cessé de persécuter les sunnites sous le regard concupiscent des obèses US se gavant de pétrole gratuit à l’insu du plein gré des dirigeants Irakiens.

  1. « Le corps expéditionnaire Français en Italie, un sacrifice inutile ».

Les sous-chapitres se suffisent à eux-mêmes :

  • « Une mise à l’épreuve réussie ».
  • « Une étape capitale dans la reconstitution de l’armée Française».
  1. «  Les bombardements aériens ont vaincu l’Allemagne ».

…aurait dû vaincre l’Allemagne, c’était du moins l’affirmation que portait certains généraux anglais et américain. Leur théorie était qu’il suffisait de bombarder les villes, de tuer un maximum de civils pour faire plier Hitler. Ces crétins sont allés perdre jusqu’à 500 bombardiers entre novembre 43 et avril 44 pour valider leur thèse, en vain ! En vain, mais en tuant quand même 500.000 civils au bas mot. Rappel : Les Alliés ont déversé sur la France et pas que dans la campagne autour de Falaise, 500.000 tonnes de bombes, en aplatissant certaines villes bien françaises et tous leurs habitants… Tout ça parce que des crétins croyaient qu’un fanatique comme Hitler finirait par se rendre pour ne pas voir son peuple être détruit. Comme quoi la conduite de la guerre est une chose trop importante pour n’être confiée qu’à des militaires.

  1. « Les kamikazes sont morts pour rien ».

« La conduite de la guerre est une chose trop importante pour n’être confié qu’à des militaires ». L’auteur ne me démentira pas : « La tactique kamikaze rend de fait sa justification impossible d’un point de vue stratégique ».

Les sous chapitres sont explicites :

  • « Tactiques, stratégies et manipulations». Phrase clé : « Les kamikazes devinrent l’un des appareils idéologiques du maintien de la cohésion sociale dans une société pourtant au bord de la rupture ».
  • « Face aux kamikazes, l’incompréhension et l’effroi ».
  • « Psychose des kamikazes ». « Certains évoquent une fascination hypnotique».

La question de savoir si les kamikazes sont morts pour rien n’est pas complètement tranchée. Sur le plan tactique, c’est sûr qu’avec un taux de mortalité de 100% c’est un échec. Sur le plan politique lire les hypothèses de l’auteur.

  1. « La France a contribué à la victoire des Alliés ».

Eisenhower parlant de la Résistance Française dans ses mémoires, parle « d’équivalent à 15 divisions ». L’auteur démonte cette affirmation comme étant plus rétro-diplomatique que réellement militaire.

Sous-chapitres :

  • « Koufra et Bir Hakeim : Les deux mythes fondateurs».
  • La résistance intérieure et l’échec des grands maquis.
  • La Résistance dans le débarquement ».
  • « L’âme de la Libération, une armée en trompe l’œil ».

Et l’auteur de conclure « L’apport militaire de la Résistance intérieure consista essentiellement dans la formation de filières d’évasions, la collecte de renseignements et ponctuellement le sabotage ». J’ajouterai suite à des recherches personnelles : L’exfiltration de techniciens à forte valeur ajoutée : Techniciens de chars, ingénieurs, pilotes, etc. Via les réseaux de « renseignements et d’évasion militaire ».

  1. « les armes miracles allemandes auraient pu tout changer ».

L’auteur écrit à propos d’un article du POINT un peu trop sensationnaliste : « Si l’article est bourré d’invraisemblances, il présente l’intérêt de cumuler tous les mythes et croyances sur les armes nazies ». Sur ce sujet que j’ai la prétention de connaître « un petit peu », je porterai un jugement très sévère sur son auteur ! Vous êtes comme le poisson rouge qui dit : « Hors de mon bocal point de vie possible ». Ceci étant dit, l’analyse militaro-industrielle est comme toujours dans ce livre parfaitement documentée et pertinente.

Sous-chapitres :

  • « Des engins développés par l’armée à son propre détriment ».
  • « La Wehrmacht est en 1945 la moins bien équipée de toutes les armées ».
  • Avions à réaction et armes V, beaucoup de projets en l’air ».
  • « Armes guidées et sous-marins, de vrais réussites, mais trop tardives».
  1. « L’Allemagne a-t-elle perdue la guerre à cause d’Hitler ».

L’Allemagne a-t-elle perdue la guerre à cause du Complexe-Militaro-Industriel allemand de l’époque ? C’est en tout cas la conclusion que j’en tire en lisant ceci : « L’Allemagne ne recherche pas pour ses armes la juste performance, mais la performance pour elle même. En la matière la doctrine militaire est le facteur déterminent ». Tiens ça me rappelle un article que j’ai rédigé : « Mikhaïl Kalachnikov est décédé : “Tout ce qui est compliqué est inutile. Tout ce qui est utile est simple. Cela a toujours été ma devise ». Extrait : « …..C’est le même problème avec les systèmes d’armes Français : Le Français se fait chier à comprendre comment complexifier au maximum le produit pour le rendre le plus cher possible à l’entretien ! Ah bon ! Vous ne comprenez pas pourquoi ? Faut bien pantoufler caser la famille pourtant…! « On croît mourir pour la patrie, et on meurt pour les industriels ». (Anatole France). Ne dit-on pas que le F22 américain coute tellement cher à développer que l’AIR FORCE ne pourra tout au plus en acquérir…………..QU’UN SEUL… !!!

Sous-chapitre révélateur : « L’armée allemande sait seulement gagner des batailles». Page 387 : L’auteur relève plusieurs évidences :

  1. Churchill en refusant de plier face à Hitler, à contrecarrer les plans de ce dernier dont l’objectif était d’abord de se débarrasser de l’Armée Rouge.
  2. L’Armée Rouge en ne s’effondrant pas contrairement à ce que croyait Hitler n’a pas permis à ce dernier de concentrer ses troupes sur le front Ouest et de repousser le Débarquement. « l’invasion» comme on dit encore aujourd’hui en Allemagne… !
  3. « Hitler est incapable de penser selon d’autres critères que ceux, raciaux, racistes, qui sous-tendent son projet idéologique».

22 . « Le Japon a capitulé en raison d’Hiroshima ».

Comme disait très justement Nikita Khrouchtchev : « L’HISTOIRE n’a que faire du passé ». Grand MYTHE abondamment prouvé et argumenté par l’auteur. Non ! Le Japon n’a pas capitulé à cause des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki ! Le Japon a capitulé parce que les Rouges s’apprêtaient à envahir le Japon en ayant amassé en seulement 3 mois en Mandchourie (Mandchoukouo) (juste en face) : 1.5 million de soldats, 30.000 pièces d’artillerie, 380 avions, etc…

mandchourie

Source de la carte : jp-petit.org

Page 235 : « le Pacifique un théâtre secondaire » : « La reddition du Japon doit d’ailleurs plus de la peur des élites militaristes japonaises d’une occupation soviétique -entendre « communiste »- qu’à celle d’une destruction par le feu nucléaire ». Je vous laisse lire les détails tactiques. Les considération qui ont prévalus à la naissance de ce mythe sont d’ordres géostratégiques : « Reconnaitre les mérites de l’Armée Rouge reviendrait à concéder une place à l’URSS dans la réorganisation de la société Japonaise. Blanchir Hirohito et mettre l’accent sur Hiroshima et Nagasaki était indispensable pour faire du Japon le plus asiatique du système de défense US ».

  1. « YALTA ou le partage du monde entre les trois grands ».

C’est le chapitre que j’ai trouvé le moins intéressant. Trop de politique politicienne. Je n’ai pas accroché.

les mythes de la seconde guerre mondiale recto

EN CONCLUSION, un livre très instructif pour démystifier 23 mythes de la Seconde Guerre mondiale. Chaque mythe faisant une dizaine de pages chacun, il se lit facilement. Une grosse compilation biographique est à la disposition des chercheurs qui souhaiteraient approfondir tel ou tel sujet.

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