Livre : Les Français et les armes à feu de 1789 à nos jours.

Voici donc un  excellent livre qui m’a appris beaucoup de choses sur des sujets souvent abordés dans ce site : La place des armes dans la société Française, mais pas seulement, le tir, l’école de tir, la chasse, la légitime défense, les armes au combat, les aspects politiques et socio-culturels des armes.

L’article est illustré uniquement de vidéos et non pas de photos pour un aspect plus didactique.

Ce livre est une somme de contribution de 24 auteurs tous spécialistes dans leurs domaines et qui ont commis pour chacun d’entre eux une abondante littérature militaire et/ou liée aux armes.

Comme pour chaque livre dont j’aime parler, voici l’index détaillé des chapitres. C’est à cela que vous pourrez juger de la richesse de ce livre de plus de 400 pages tout de même… !

LES ASPECTS MILITAIRES P. 29
PENSER ET PRODUIRE LES ARMES P. 33
La question du fusil automatique dans l’armée française de la fin du XIXe siècle à 1919 P. 35
Produire et vendre des armes au temps de la neutralité imposée : le cas liégeois (1850-1880) P. 43
Le FELIN dans tous ses états P. 71
Des fusils allemands pour l’Armée française : le remplacement du Famas par le HK 416 P. 79
Le 6,35 de la « comta ». Une arme de femme, symbole de la Résistance P. 87
ARMES AU COMBAT P. 105
Trois combats en territoire saharien français, 1902-1913-1930 P. 107
Les armes à feu de cavalerie dans l’armée française, XIXe et XXe siècles :héritages et ambitions P. 121
L’instruction aux armes au travers des mouchoirs d’instruction : France-Allemagne (1876-1893) P. 135
Les Officiers généraux français tués ou blessés par balle en 1914-1918 P. 149
Masques et visages d’une guerre aux armes nouvelles :
retour sur les combattants, les armes et les blessures de 1914-1918 P. 167
Les armes d’infanterie des combattants du Corps expéditionnaire français
d’Extrême-Orient : un armement inadapté et obsolète ? P. 179
Des militaires sans armes : Médecins et aumôniers dans l’armée française XIXe-XXe siècles P. 193
II. LES ASPECTS POLITIQUES ET SOCIO-CULTURELS P. 211
LES ARMES À FEU ET LA POLITIQUE P. 215
Les Trois-Glorieuses : les Parisiens en insurrection et les armes P. 217
Quand des militants utilisent des armes à feu contre leurs adversaires : Le service d’ordre gaulliste et les armes de 1947 à 1968 P. 233
Le droit de tirer sur les voleurs ? Discours et pratiques de l’autodéfense dans la France des années 1970 P. 251
Dominique Venner, une vie au service des armes P. 267
Civils et militaires italiens à l’époque risorgimentale (1848-1870) :
les rapports aux armes à feu P. 277
LES ARMES À FEU DANS LEUR CONTEXTE SOCIO-CULTUREL P. 293
Les Français et la chasse (XIXe-XXIe siècles) :
le droit, les gibiers, les armes à feu P. 297
Le tir sportif en guerre :
l’Union des sociétés de tir de France de 1912 à 1920 P. 323
Histoire et expertise balistique P. 335
Géopolitique et culture Kalachnikov P. 351
Tintin à l’épreuve des armes P. 365

Ces deux extraits pris dans l’introduction résument bien l’approche pluridisciplinaire des auteurs

« ……….Depuis son apparition, l’arme à feu est porteuse d’images pour le moins contradictoires, mais toutes fortes, aussi bien dans ses usages guerriers que civils. Nous avons voulu penser ces deux emplois de manière parallèle car l’arme à feu débouche, dans l’un et l’autre cas de figure, sur la mort donnée, a un ennemi ou à un animal, dans le cas de l’usage cynégétique. Sans prétendre le moins du monde nous cantonner à une relation pseudo-psychanalytique, il est évident que l’arme à feu exalte certaines valeurs « viriles », mais se comporte aussi comme un objet magique ».

« ……Au début de la période que nous avons retenue, c’est à dire au moment de la Révolution française, la différence entre un fusil de guerre et un fusil de chasse est minime. Tel n’est plus le cas aujourd’hui, même si des passerelles existent encore, de manière plus ou moins visible. Ainsi s’impose une première dimension, généralement méprisée par l’université française, celle de la technicité des armes. Mais, l’usage de l’arme à feu signifie aussi un rapport au droit et à ses évolutions. Le XIXe siècle invente des pratiques juridiques venant tenter de réguler les formes de la guerre, tout comme, en France, il invente le droit de la chasse et l’usage des armes à feu pour cette pratique. Nous avons abordé aussi certaines de ces dimensions durant le colloque. Mais les usages ne sont pas tout. À la jonction d’une histoire des techniques et d’une histoire des représentations, nous voulons aborder les multiples dimensions réelles et symboliques des armes à feu. Le colloque, et cet ouvrage qui en est issu, a volontairement élargi les angles d’approche afin de mieux appréhender toutes les dimensions et tous les enjeux du phénomène ».

« LA QUESTION DU FUSIL AUTOMATIQUE DANS L’ARMÉE FRANÇAISE DE LA FIN DU XIXe SIÈCLE À 1919 ».

Passionnant chapitre qui traite des armes d’avant 1914. Je n’entends rien à la mécanique des armes, je vais donc relever ce qui m’interpelle eu égard à mes sujets de prédilection : Le poids des balles, leurs structures, leur efficacité.

Je suis aux anges de lire qu’en 1911, l’obsession du HC « Très+Haut » 😉 Commandement est « de fabriquer un fusil automatique (jusque-là rien d’anormal) « ayant un calibre d’environ 7mm tirant une cartouche  d’un poids total de 15 grammes pour une vitesse initiale de 875 m/s ».

À comparer au calibre 5.56 et un poids de balle de 5 à 6 grammes soit plus de 50% de réduction ! Ce qui de l’avis de TOUS LES COMBATTANTS DEPUIS UN SIÈCLE est notoirement insuffisant !

Les névroses obsessionnelles de la bureaucratie militaire ne datent pas d’aujourd’hui, mais à l’époque, ils voulaient : Le beurre, l’argent du beurre et b… la crémière. Donc en 1911 le HC (Haut Commandement) voulait « une cartouche puissante pour avoir un tir le plus tendu le plus lointain possible ». Toutefois, à l’inverse de leurs futurs successeurs et jusqu’à aujourd’hui à la tête des écoles dites de guerre on ne peut toutefois pas les blâmer complétement. L’arme à feu était une nouvelle arme dont on voyait surtout l’efficacité en termes de tirs lointains et l’on pensait garder la baïonnette, très ancrée dans la culture militaire Française pour le corps à corps.

« ….Il est significatif de rappeler à ce propos l’affirmation du général Patton sur « la baïonnette arme préférée des Français », alors que ce cavalier émérite joueur de polo avait, dès 1918, tout compris sur la bataille : « Faire progresser l’infanterie à la vitesse des chars et non l’inverse ».

Seulement voilà ça ne se passe jamais comme les militaires le pensent ! Jamais ! Mais comme ils payent cash c’est pas grave, « ça coute pas cher c’est l’État qui paye ».

Donc le HC fixe quand même une limite basse-haute à cette balle, soit 10-12 grammes maximum. On est quand même à 50% en plus du calibre OTAN d’aujourd’hui ! À quoi cela sert-il d’avoir plus de cartouches à emporter si elles sont notoirement insuffisantes :

Indochine : « De même, un rapport de 1949 fait apparaître que les combattants se plaignent du MAS 38 et notamment « de ce que la puissance d’arrêt de la cartouche 7,65 est insuffisante : une balle de 9 mm et surtout de 11 mm stoppe l’adversaire or, il arrive assez souvent que [ce dernier] continue son geste après avoir reçu une balle tirée par le PM MAS ».

Indochine : « La carabine US M1, de calibre .30 (7,62 mm), déjà connue par ceux qui l’avait utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, arrive désormais en quantité. L’arme est notamment appréciée pour sa légèreté et sa précision en même temps qu’elle offrait une puissance d’arrêt appréciable jusqu’à une distance d’une centaine de mètres. »

Question idiote : À quoi cela sert-il d’avoir une école de guerre si on n’apprend rien des –très nombreuses- mêmes erreurs du passé ? Ceci pourrait-il expliquer que notre école de guerre Française n’en est pas gagnée une seule depuis sa création ?

PRODUIRE ET VENDRE DES ARMES AU TEMPS DE LA NEUTRALITÉ IMPOSÉE : LE CAS LIÉGEOIS (1850-1880).

Une vingtaine de pages fortement documentées sur le panier de crabes de la fabrication des armes à Liège : « ….La province de Liège comptait entre 20 000 et 30 000 artisans à domicile, et un recensement officieux mais incomplet de 1860 relevait pour la seule ville de Liège 142 « fabricants » dont 55 « négociants notables » et 1 777 « maîtres et ouvriers en tout genre » groupés pour la plupart dans le quartier du Nord et celui de Sainte-Marguerite ».

Le titre de ce sous-chapitre résume bien la conception de la neutralité des Liégeois : « les mêmes armes pour tous, c’est cela être neutre ». Où l’on voit que les premiers « end users » « certificats de destination finale » bidonnés ne datent pas d’hier mais de très longtemps. Vas-y que je fabrique pour les Sudistes et voilà les Confédérés US qui rachètent à prix d’or les armes commandées mais non encore expédiées aux dits Sudistes. Vas-y que je livre les Italiens et les Autrichiens qui se battent entre-deux ! Ah c’est beau le commerce quand il est neutre !

LE FELIN DANS TOUS SES ÉTATS

Que reste-t-il de ce que les médias nous ont vendus comme étant le nec plus ultra, que LE MONDE entier nous enviait  ?

En 2014 : « La France va cesser la fabrication du FELIN, son « soldat du futur » : Extrait de l’article : «  Sur son blog Ligne de défense, le journaliste spécialisé Philippe Chapleau soulignait que les 4 à 5 kg du système complet était mal acceptés par les fantassins déjà harnaché de 40 kg de protections. Pas facile à supporter en opération en Afrique ». Ah ben oui en Afrique ! Penses-tu…. !!! Pouvez pas le tester le cul dans un bureau climatisé comme tout le monde ! Quelle idée d’aller en Afrique !

Dans la rubrique : « C’est pas cher c’est l’État qui paye » :

  • « ………De même, l’armement individuel d’origine, le FAMAS, s’est considérablement alourdi, passant de 3,7 à 6,1 kg en configuration complète avec tous ses accessoires».
  • « En Afghanistan, outre les problèmes fréquents de température négative qui rendent plus délicats ou plus instables les connections électroniques, il s’avère que tous les équipements et sous-ensembles n’étant pas emportés lors de chaque mission le système fonctionne presque toujours en mode dégradé. Et celui-ci finit par devenir la norme de référence pour le personnel ». Notez que le contribuable lui, a payé pour un système complet !

Deux fulgurances (?) dans cet article de 7 pages sur le FELIN :

  • « …..une aptitude particulière du combattant à aménager et organiser au mieux de ses besoins personnels et professionnels immédiats un environnement conçu en dehors de lui». En « dehors de lui » !!! Mais comme c’est violemment dit !!!
  • « Il ne saurait être question de « refuser le progrès ». Dans le « brouillard de la guerre », la technologie est souvent un atout indispensable, mais elle ne saurait constituer une panacée absolue. Et si le combattant du xxie siècle, celui d’aujourd’hui, n’a extérieurement plus rien à voir avec ses aînés des siècles précédents, leurs environnements naturels respectifs ne conservent-ils pas d’étranges ressemblances ?». « Brouillard de la guerre » ou brouillard et « aveuglement » de la bureaucratie militaire au service du Complexe-militaro-industriel.

DES FUSILS ALLEMANDS POUR L’ARMÉE FRANÇAISE : LE REMPLACEMENT DU FAMAS PAR LE HK 416

L’auteur aborde le choix du HK 416. S’il parle de la façon scandaleuse dont on a évincé VERNEY CARRON il se garde bien d’aborder le choix controversé du 5.56 en lieu et place du 7.62 : HK 417.

Il faut dire que le remplacement du FAMAS était urgent :

  • Le fusil allemand coûterait approximativement 1 140 Euros pièce, équivalent selon le mot du général Bosser à six chargeurs Famas. …..On sous-traite le percuteur qui représente 380 euros pour 3 000 coups de fusils. Avec 3 percuteurs on peut acheter un HK-416. »

LE 6,35 DE LA « COMTA » : UNE ARME DE FEMME, SYMBOLE DE LA RÉSISTANCE

Nos historiens sont très prolixes quand il s’agit de crimes de guerre commis par les Allemands, ils le sont un peu moins quand c’était les Français qui commettaient des crimes de guerre qui ont provoqué les massacres que l’on sait. Hé oui se vanter sur FR3 Toulouse d’avoir planté un tournevis dans le dos d’un soldat allemand qui déambule dans une rue, c’est un crime de guerre ! C’est même un double crime de guerre par rapport aux exécutions menées en représailles contre la population.

Mais que dire quand ces crimes de guerre servent à « obliger le Reich à se sentir sur la défensive à l’Ouest et provoquer des répressions au sein de la population afin de la tenir à distance des nazis ». On attend toujours des Historiens français un livre qui pourrait s’intituler : « Les crimes de guerre commis par la résistance Française ». Mais cela obligerait aussi à regarder les crimes de guerre Allemand  sous un autre angle et cela dérangerait le Mythe de la résistance en France.

TROIS COMBATS  EN TERRITOIRE SAHARIEN FRANÇAIS 1902-1913-1930

13 pages très documentées sur la façon dont se déroulèrent les combats. Pas d’autre commentaire, c’est à lire absolument.

LES ARMES À FEU DE CAVALERIE DANS L’ARMÉE FRANÇAISE, (XIXe et XXe siècles): HÉRITAGES ET AMBITIONS

Intéressante étude sur la gestion de l’arme à feu quand elle apparait au sein de la cavalerie en partant des années 1700. Autant vous dire qu’il valait mieux surtout être un bon jongleur avant d’être un cavalier émérite… !

Les Américains ont eux aussi leurs « visionnaires » et ils n’ont rien à envier aux nôtres : « ….la carabine Winchester devient l’arme emblématique de la conquête de l’Ouest américain mais suscite des réticences pour le département à la Guerre qui lui reproche sa consommation excessive en munitions et lui préfère la carabine Springfield à un coup pour sa cavalerie. Conséquence et paradoxe, en 1876, lors de la bataille de Little Big Horn, les indiens, équipés de carabine Winchester, bénéficient d’une puissance de feu supérieure à celles des soldats américains ».

Mais pour nos Saint-Cyriens de l’époque : « Le cheval est l’arme par excellence du cavalier, l’arme à feu pour lui n’est qu’accessoire ». Le général Donop (1841-1910) déclare que la mitrailleuse est « un engin merveilleux, et j’en voudrais doter demain nos divisions si j’étais sûr que chacune d’elle sera toujours commandée par un général assez cavalier dans l’âme pour résister à la tentation de s’abriter derrière ses mitrailleuses et pour ne pas se laisser paralyser par elles ».

Ce qui suit étant militairement très incorrect ne figure pas dans le livre, ce sont mes propres recherches : C’était l’époque où le généralissime en chef de l’infanterie Française pérorait devant l’Assemblée Nationale : « La mitrailleuse : Ne vous méprenez pas, cette arme ne changera absolument rien ». Et son homologue Anglais, le Maréchal Douglas HAIG : « La mitrailleuse est une arme grossièrement surestimée ». Ce qui fit dire aux officiers Allemands vis-à-vis de leurs homologues British : « Des lions commandés par des ânes »

L’INSTRUCTION AUX ARMES AU TRAVERS DES MOUCHOIRS D’INSTRUCTION : FRANCE-ALLEMAGNE (1876-1893)

Cette introduction m’a beaucoup, mais alors beaucoup faire rire : On est en ….1873 !!! : « Avec le service obligatoire, une grande quantité de jeunes gens indisciplinés d’allure et de caractère vont arriver dans les régiments (…) Beaucoup, à moitié instruits, à moitié élevés, se croiront atteints dans leur dignité d’homme libre et de citoyen du monde, parce qu’ils recevront des ordres d’un caporal ou d’un sergent ». Capitaine É. Gillon, Le nouveau soldat du service obligatoire, 1873.

Ces mouchoirs d’instructions deviendront plus tard des cartes géographiques en soie que l’on pouvait porter autour du cou ou cousu à l’intérieur des vêtements comme ce fut le cas pour les agents parachutés dans la France occupée. Il faut réhabiliter l’usage des mouchoirs d’instructions car ils pourraient facilement être adaptés à des usages tout aussi militaires que leurs prédécesseurs.

LES OFFICIERS GÉNÉRAUX FRANÇAIS TUÉS OU BLESSÉS PAR BALLE EN 1914-1918

Un dossier de 17 pages qui révèle des comportements plus que « troublants ». Au moins 42 généraux furent tués sur le front et beaucoup d’autres ont été blessés. Soit nos positions et tout ce que l’on nomme « l’arrière » s’est fait plusieurs fois enfoncée pour ne pas dire débordée, soit s’agissant essentiellement d’une guerre de position, comment 42 généraux et des dizaines d’autres ont-ils pu être « tué à l’ennemi » ? La finalité d’un général est-elle de combattre en première ligne ? Bizarre vous avez dit bizarre ? Une situation que seule l’analyse comportementale permet d’expliquer à mon humble avis. En effet, les hécatombes à plus de 10.000 tués par jour ont eu raison de la santé mentale de beaucoup de ces « responsables mais pas coupables » suivant la définition qu’un ministre en fit dans les années 80.

À l’époque on parlait de « crânerie » : « ….le général, très certainement sonné par l’ampleur de la déroute et peut-être désireux de ne pas survivre à tant de ses soldats, repart de nouveau dans les bosquets. Son cadavre, portant une blessure à la tête, est finalement retrouvé à quelques mètres de la rivière ».

« …. La mort du général Rondony 16, commandant de la 3e brigade de la division Raffenel, s’inscrit dans le même contexte ».

« Le général Bridoux déclare à ceux qui l’entourent, à la manière théâtrale de l’époque : « Je meurs avec une grande joie pour mon pays, et dites au corps de cavalerie que le sacrifice de ma vie doit lui servir d’exemple ».

« Général Arrivet tué en visitant une tranchée à moins de 300 mètres de l’ennemi ».

Comment peut-on être tué par balle dans une tranchée ? Réponse ici : « ….Général Reymond en visitant les tranchées avancées du 8e régiment colonial, au nord de Massiges, pour examiner les travaux de l’ennemi, Reymond se met à découvert sur un point que bat, à cinquante mètres, une mitrailleuse. Aussitôt criblé de balles, il est tué sans pouvoir prononcer une parole ».

Des généraux qui montaient à l’assaut avec leurs hommes… Que cherchaient-ils ? Que ne voulaient-ils pas assumer, les 1.3 millions de morts Français ? Réfléchissez  quelques secondes qu’il y a 100 ans, un 1.3 millions de Français sont morts ! Plus d’un million !

Mais comment s’étonner à la lecture de ce qui suit : « Général Ganeval : il aurait ordonné aux hommes des 263e et 338e d’infanterie de charger « baïonnette haute » face aux mitrailleuses allemandes, ce qui aurait causé en trois heures la mort au 263e de 1 299 hommes et au 338e de 1439, dont dix-neuf officiers, sans compter les blessés, et donc provoqué le quasi-anéantissement de ces deux unités. ……il aurait également ordonné à ses officiers de rester debout sous le feu ».

MASQUES ET VISAGES D’UNE GUERRE AUX ARMES NOUVELLES : RETOUR SUR LES COMBATTANTS, LES ARMES ET LES BLESSURES DE 1914-1918

D’excellentes explications amplement développées permettent « de comprendre » si tenté que l’on puisse expliquer les 1.3 millions de morts Français et plus de 2 millions d’Allemands : « De telles pertes ne peuvent être comprises que par l’exposition insensée des soldats à des formes de combat dont ils découvrent, sur le champ de bataille, les nouveautés dans les domaines de la tactique, des armements et des munitions ». Tout est très bien développé tant du point de vue matériel que des blessures infligées.

On apprend au passage qu’en 1918, les Allemands envoyaient sur Paris des obus de 104kg à 140 km de distance. L’obus mettait 4 minutes pour atteindre Paris !

Ne nous y trompons pas, nos élites politiques et/ou militaires quand ce ne sont pas les mêmes (!) font les mêmes erreurs en 2018 qu’en 1918. En 1914 on ne jurait que par la cavalerie et les grandes charges baïonnettes au canon, en 2018 on ne raisonne qu’en SNA et en nombre de RAFALE, oubliant que ce ne sont que des tas de ferrailles qui le moment venu finiront comme leurs ancêtres de Cyrénaïque…!

LES ARMES D’INFANTERIE DES COMBATTANTS DU CORPS EXPÉDITIONNAIRE FRANÇAIS D’EXTRÊME-ORIENT : UN ARMEMENT INADAPTÉ ET OBSOLÈTE ?

Des passages vus et revus, les mêmes depuis 1914, les mêmes en 1954, bis repetita pour les années 2000 et suivantes : « ….La période qui s’ouvre avec le retour de la France en Indochine à la fin de l’été 1945 et qui s’achève à la fin de l’année 1950 est incontestablement marquée par la pauvreté généralisée des moyens du corps expéditionnaire. En ce qui concerne les armes de poing, environ 25 types différents cohabitent, du vieux revolver français modèle 1873 au Walther P 38 allemand en passant par des armes d’origine américaine, britannique, espagnole, voire belge ».

Des passages vus et revus, les mêmes depuis 1914, les mêmes en 1954, bis repetita à l’approche de l’an 2000 : « ……En définitive, la plupart des armes de l’infanterie françaises, expérimentées en Indochine, seront encore en dotation dans les unités dans les dernières décennies du XXe siècle ».

DES MILITAIRES SANS ARMES : MÉDECINS ET AUMÔNIERS DANS L’ARMÉE FRANÇAISE XIXe XXe siècle

Très beau chapitre, plein d’humanité sur un sujet fort méconnu. Sont-ils armés ? Peuvent-ils combattre ? Sous quelles conditions ? Toutes ces questions et bien d’autres avec des réponses fort bien argumentées et décrites.

LES TROIS-GLORIEUSES : LES PARISIENS EN INSURRECTION ET LES ARMES

Très intéressant d’un point de vue historico-militaire. Un passage de l’Histoire de France méconnue. Très intéressant qu’après l’insurrection parisienne qui mena Louis Philippe au pouvoir, on créa une « garde Nationale » surtout destinée à purger la capitale « …..d’un grand nombre d’hommes que leur défaut de moyens d’existence aurait pu rendre très nuisible à la tranquillité publique; elle acclame Louis-Philippe qui la passe en revue le 29 août.»

A la Libération, on a fait de même en France en créant un Régiment d’Infanterie de toute pièce surtout destiné à « laver plus blanc » les résistants de la dernière heure.

QUAND DES MILITANTS UTILISENT DES ARMES À FEU CONTRE LEURS ADVERSAIRES : LE SERVICE D’ORDRE GAULLISTE ET LES ARMES DE 1947 À 1968

L’auteur par ce chapitre rend un vibrant hommage au journalisme politiquement correct à la française en s’arrêtant en 1968….. Pour après 1968 « il ne me reste que l’honneur »…. !

DOMINIQUE VENNER, UNE VIE AU SERVICE DES ARMES

Ce chapitre de 10 pages mériterait d’être entièrement cité. J’ai découvert un auteur et quel auteur ! Quel bonhomme, quel visionnaire ce Dominique VENNER : « À observer la production éditoriale de Dominique Venner, on mesure l’importance qu’y revêt la question des armes, entendues sous l’angle de l’objet mais aussi de leurs usages et de leurs fonctions. La guerre et la chasse sont aux premières loges mais on ne saurait les cantonner à un rôle littéral. Car Dominique Venner est resté, du début à la fin de sa vie, un homme aux convictions politiques trempées même si on ne lui connaît pas d’affiliation partisane. Tout autant que le fusil, la plume est chez lui une arme de choix comme le montre l’étude des écrits du mémorialiste ou de « l’historien méditatif ».

« ….Aujourd’hui, à l’occasion d’une chasse au sanglier, je retrouve parfois des sensations d’autrefois. Une vibration venue des profondeurs. Et je ne dois pas être le seul à éprouver cette excitation, même si nous n’en parlons jamais. Aussi bizarre que cela paraisse, dans ces instants-là,  je me sens du même côté que le sanglier ».

Je vous renvoie vers deux de ces livres :

dictionnaire-amoureux-de-la-chasse

Retrouvez ici l’interview de Dominique Venner.

LES FRANÇAIS ET LA CHASSE (XIXe XXIe siècles): LE DROIT, LES GIBIERS, LES ARMES À FEU

D’où tenons-nous le droit de chasser ? L’évolution du droit ? Beaucoup de réponses à toutes les questions que l’on peut se poser. 26 pages tout de même.

« La chasse génère 246 lois, édits et ordonnances entre Clovis et Louis XVI et 44 textes entre 1789 et 1883. C’est dire qu’il s’agit d’une préoccupation majeure du législateur et qu’il faut commencer par les évolutions des conditions juridiques de sa pratique pour l’appréhender. Vécue d’abord comme un art de vivre et un entraînement à la guerre, la chasse est, comme cette dernière, profondément modifiée par la généralisation des armes à feu ».

À voir les statistiques publiées page 307, on constate qu’en 30 ans de 1983 à 2013, la France a perdu 1 million de chasseurs soit 50%. Par contre le gibier a été multiplié par 10 durant la même période. Je vous laisse imaginer ce qui se passerait si une seule année on ne tuait pas 500.000 sangliers et plus de 50.000 cervidés…

LE TIR SPORTIF EN GUERRE : L’UNION DES SOCIÉTÉS DE TIR DE France DE 1912 À 1920

On a une excellent vue de la pratique du tir en France dans ces années d’avant-guerre. Le tir est à l’honneur partout y compris dans les écoles : « Revendiquant plus de 400 000 licenciés et 3 162 associations membres, l’USTF représente, à la veille de la Grande Guerre, l’un des poids lourds des grandes organisations sportives hexagonales. C’est aussi l’une des plus anciennes « unions » associant exercices physiques et patriotisme ». En 2018, le Gauchisme étant passé par là nous n’avons plus ni exercices ni surtout patriotisme, associé à du Nationalisme au sens vulgaire du terme… !

La culture du tir c’est aussi la technique du tir de précision, c’est là que l’utilisation des cibles en carton commence. D’où l’expression « faire un carton ». On apprend dans ce chapitre pourquoi les Allemands était équipé de fusil à lunette en 14/18 et pas les Français : Selon le général André : « L’adjonction – aurait-il expliqué – sur les fusils de quelques tireurs d’un organe destiné à perfectionner la visée serait de nature à jeter un discrédit immérité sur les fusils dépourvus de cet appareil et à diminuer même la confiance que le soldat doit avoir en son arme ». Comme disait Michel Audiard : « Les cons ça osent tout c’est même à ça qu’on les reconnait ». De leur côté : « Les Allemands l’auraient bien compris qui ont constitué des sections de bons tireurs « pour en faire des tireurs d’officiers ».

Nous sommes en 1914 : « ….Selon l’ancien combattant de la guerre de 1870 et désormais général de réserve : « Dans toutes les parties de l’instruction, le tir est peut-être la plus utile et la plus négligée ». Pour Cherfils, il ne s’agit pas seulement d’un oubli fâcheux de l’institution militaire mais le produit d’une culture nationale : « loin d’être, poursuit il, comme en Suisse, aux États-Unis et au Pérou, une institution nationale, une des forces de la défense de la patrie, le tir est à peu près ignoré chez nous 17 ». Avec pour conséquence, l’infériorité des soldats français en matière de tir face aux soldats allemands. Si un tel article pourrait souligner l’incurie non seulement de l’armée… Longtemps regrette l’ancien directeur de l’École de guerre – cette hérésie a prévalu que le tir de combat est différent du tir de stand et qu’“à la guerre on ne vise pas ”.

Nous sommes en 2016 :  RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 : « Vous allez auditionner le commissaire qui est intervenu au Bataclan. Ce qu’il a fait, à une distance de vingt ou vingt-cinq mètres, est exceptionnel. Je ne veux pas parler de chance pour ne pas dénigrer la qualité de son tir, mais, en termes de probabilités et de statistiques, c’était de l’ordre de l’impossible. Je suis allé au Bataclan et j’ai vu la distance de tir. Il ne faut pas penser qu’à peu près n’importe qui est capable de réussir un tel tir. À plus de sept ou dix mètres, il est quasiment impossible de toucher avec un pistolet quelqu’un qui est en action ».

Chers amis tireurs, vous lisez bien : Pour un commissaire Français : Tirer sur une cible qui ne court pas, qui est à découvert sur une scène à une distance de 25 mètres est « exceptionnel » !

HISTOIRE ET EXPERTISE BALISTIQUE

L’auteur, ancien médecin urgentiste marseillais traite de la balistique lésionnelle de l’AK 47 qu’il semble bien connaitre eu égard à la ville où il opérait : « Commencer un article dédié à l’étude des armes et des Français par l’étude du fusil d’assaut AK-47 peut sembler relever du paradoxe, voire de la provocation. Il faut pourtant admettre qu’à l’instar d’autres armes, comme par exemple le Colt 45 ou la Sten, la créature de Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov s’est taillé une place à part dans le paysage armurier français. Instrument des courses mortifères parisiennes de 2015, l’image de la « Kalach » est également devenue, à tort ou à raison, inséparable de celle de la criminalité méridionale. Notre vécu de médecin urgentiste marseillais et notre fréquentation assidue des salles de dissection nous permettent de présenter quelques informations sur ce thème ».

Cette arme Allemande fut l’ancêtre de ce qui allait devenir plus tard comme cela est expliqué dans ce livre, la KALACHNIKOV Russe.

Une vidéo qui se passe de commentaires,.. Enfin non ! Lisez les commentaires de la vidéo !

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