Le camouflage à la chasse. Mieux se placer en battue.

Le camouflage à l’Israélienne :  « le camouflage dans l’armée israélienne ».

A lire ici un article en 4 parties (en anglais) sur les camouflages US, les variantes (patterns et couleurs), les tests etc.

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Actualisé le 19 Novembre 2013. Certainement le meilleur article en Français sur le camouflage. Évidement pour la chasse, vous ne devez  prendre en compte que les généralités, comme « briser » la silhouette humaine. N’oubliez pas que vous devez rester visible par rapport aux autres chasseurs.
« Les techniques de camouflage et le sniper ».

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 Quand on arrive au poste ou quand on se choisit un poste, il faut avoir à l’esprit que nous sommes une pièce rapportée au sein de la nature. Certains animaux identifient parfaitement la position de l’humain debout. Même si vous ne bougez pas la biche vous identifiera à une grande distance, le cerf lui, peut très bien continuer son chemin ou vous regarder béatement. Le sanglier si vous ne bougez pas vous passera à coté. En position assis et par expérience, beaucoup d’animaux sauvage (de nos contrées) peuvent vous passer à coté sans broncher.

Passez du statut de « pièce rapporté » à celui de « je fais partie du paysage » ne s’improvise pas et met à mal l’usage de certaines tenues camouflés militaires et l’obstination de certains chasseurs qui continuent de penser que l’animal voit l’orange fluo comme un être humain.

Avant d’aborder les couleurs, parlons plutôt du fond sur lequel, soit vous vous détacherez soit vous vous fondrez.

Quand vous vous postez vous devez veiller à ce que votre silhouette humaine ne soit pas identifiable comme telle. Une fois installé au poste retournez vous et regarder objectivement si vous faites partie du paysage ou pas. Ne vous mettez pas derrière un arbre mais devant. Un tertre, un mur : placez vous devant. Posté au bord d’un pré ensoleillé, placez-vous à l’ombre sous un arbre. L’idéal serait que l’animal arrive avec le soleil en face. Si le poste n’est pas matérialisé, prenez un peu de hauteur pour effectuer un tir fichant.

Le cerf passera plutôt sous une barre rocheuse alors que le sanglier passera nettement plus bas, dans « lo segas » (les ronces en Gascon). Le sanglier ne s’aventure pas dans les cailloux (« le ballast » comme dit Michel V un ancien cheminot). Les très gros sangliers passent partout sauf là où on les attend ! C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont gros ! Si vous êtes au bord d’une piste ayez à l’esprit que même camouflé, vu d’en bas vous vous détachez très bien sur fond de ciel. Il ne faut pas que votre silhouette fasse une tache plus claire ou plus foncée dans le paysage.

Une exception quand même lorsque vous entourez un champ de maïs ou un roncier. Avant de s’élancer, le sanglier progresse lentement les 20 derniers mètres, il regarde et calcule l’endroit où il va passer c’est-à-dire soit vers un endroit où il n’y a personne soit entre deux postés. Donc dans ce cas précis, placez vous plutôt derrière un arbre ou un obstacle plutôt que devant pour favoriser la sortie du sanglier dans votre direction et n’en bougez plus. Sans oublier que les plus petits sangliers sont poussés à sortir par les plus gros, entrainant ainsi les chiens, pour ne s’échapper que lorsque le coin est redevenu calme. 10 à 15 minutes en moyenne.

Quels camouflages et à quoi sert-il ? Il sert à tromper la façon dont le cerveau traite l’information.  Là où objectivement il y a une forme humaine, le cerveau interprétera « fougères ». En cela l’interprétation des informations par l’œil de l’animal ne diffère pas tellement du notre. Il ne s’agit pas seulement de « briser la forme humaine » il faut que le cerveau « zappe » littéralement l’info.

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Ce dernier est très efficace immobile, beaucoup moins si l’on commence à bouger, le camouflage semble  flotter dans l’air. Conseil : n’hésitez pas à avoir un pantalon d’un certain camouflage et la veste d’un autre, plus un gilet orange avec des branches brisées. Évitez les tenues unies.

Quelles couleurs ? Vaste problème pour arriver à faire comprendre aux chasseurs que nous n’avons pas la même perception des couleurs que les animaux et que si le camouflage à base de vert a été inventé pour tromper l’œil humain, il ne trompe absolument pas l’animal, au contraire ! Le vert, le marron, et le bleu sont les couleurs les mieux perçues par les animaux.

Certains animaux voient certaines couleurs, d’autres pas. Tous sont sensibles au mouvement, certains plus que d’autres, cela est lié au fait que « lorsque les éléments rétiniens sont peu nombreux, la portion de rétine correspondant à une seule fibre du nerf optique est grande; une image doit traverser une distance considérable avant d’exciter les éléments sensoriels associés à une autre fibre, de telle sorte qu’un petit mouvement risque de ne pas être apprécié. » Donc épauler lentement si l’animal arrive doucement.

Signaux psychiques ou télépathique : Évitez de penser intensément et en permanence à ce que vous devez tirer. Une fois « visualisez » ce que vous devez tirer, faites le vide dans votre tête, surtout si l’animal progresse lentement vers vous. Le Docteur CORSON dans son livre « le buffle d’Afrique » préconise de réciter des numéros de téléphone, lors d’une approche difficile. Certains animaux sont plus sensibles que d’autres aux signaux psychiques. Certains chasseurs développent un champ magnétique plus important que d’autres. Tous les chasseurs qui sont passés derrière la caméra le reconnaissent : il est plus facile de s’approcher d’un animal avec une caméra qu’avec un fusil.

Le but du camouflage à la chasse n’est pas de devenir invisible aux yeux des autres chasseurs, mais bien des animaux. Pas plus de 30% de vert dans une tenue de chasse. Visuellement parlant la forêt ou les buissons ne sont pas verts. Le tigre est jaune avec des rayures verticales noires, si elles étaient horizontales, donc perpendiculaire à la végétation, on le verrait arriver de très loin. Par contre les animaux ont des longueurs d’onde différentes des nôtres, ils voient par exemple les ultra-violets dégagés par votre tenue de chasse (silhouette humaine) toute neuve et que vous n’avez pas passé en machine. Évitez les assouplissants. Il existe des lessives spéciales pour la chasse qui neutralisent les ultra-violets.

Les pantalons de camouflage « civils » vendus en magasin sont très bien. Le camouflage réglementaire des « buveurs-d’eau-chaude » (Anglais) plus connu sous le nom de DPM a mes faveurs, notamment en début de saison. C’est un bon compromis en début de saison quand on est dans les champs. Il est en coton ripstop, il ne tient pas chaud et sèche à une vitesse prodigieuse. Par la suite je passe aux camouflages civils.

Vaste problème pour la couleur orange fluo, couleur la mieux perçu par l’œil humain. Il est parfaitement démontré que l’œil de l’animal n’a pas la même perception que nous de cet orange fluo qui lui apparait comme étant une masse gris clair.

Donc votre veste orange pour ne pas faire « masse » doit être pourvue de rayures ou de taches afin de « briser » la forme humaine.

VISION HUMAINE :

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VISION ANIMALE :

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Une bonne tenue camouflée pour la chasse doit être adapté à son environnement : Les rayures pour les secteurs fortement boisés simulant les branchages, les taches pour la végétation épaisse et feuillus, une combinaison des deux.

Au sujet des tentes et autres dispositifs pour l’affut, selon moi il faut distinguer trois cas de figures :

–  Vous pouvez installer et laisser sur place votre abri durant la saison, sans risque de destruction et/ou de vol, dans ce cas optez pour la tente qui en plus vous protégera de la pluie. Un conseil, prévoyez suffisamment d’espace pour manœuvrer la carabine sans que celle-ci ne frotte contre le tissu et n’alerte l’animal, cela m’est arrivé ! Il arrive toujours du côté opposé au canon, évidemment…. !!

–   Le filet de camouflage est intéressant pour la facilité avec laquelle il se fond dans le paysage, on peut l’y laisser une saison entière, personne ne viendra vous le voler. Placer le autour de vous, de telle façon que juste les épaules dépassent.

–   Vous changez souvent de poste, vous ne voulez pas faire suivre une tente à monter, opter pour un filet de camouflage enroulé sur 2 piquets. Vous n’aurez qu’à le déposer devant vous.

« Fermer un poste ». Vous ne pouvez pas contrôler deux « passades » (passages) à la fois. Pour fermer l’un deux passages et « re-router » tant qu’à faire le gibier vers vous, pendez un tee-shirt imprégné de votre sueur ou un tissu ayant absorbé l’odeur du chien.

Faut-il rester devant l’arbre ou derrière l’arbre ? Il y a quelques années je vous aurai répondu derrière l’arbre avec des arguments à l’appui. Aujourd’hui je reviens sur cette affirmation avec les arguments suivants :

Si vous êtes au poste assis, déjà vous n’offrez plus le dessin du bipède -plus ou moins agité- se tenant debout. Si vous êtes de capable de rester assis sans bouger le corps en diagonale canon dirigé (à 45° vers le sol) vers l’arrivée supposé de l’animal, vous pouvez très bien et même je vous le recommande, rester devant l’arbre ! Pourquoi ? Parce que si vous vous ne bougez pas, l’animal lui est bien obligé de progresser, donc de se déplacer ! Et à ce petit jeu, c’est le premier qui voit et/ou en entend l’autre qui prend le dessus. Il faut entendre avant d’être vu et/ou entendu, il faut voir avant d’être vu !

Ce faisant, vous avez vu l’animal, s’il  arrive face à vous et qu’il est encore trop loin pour le viser, incliner très légèrement la tête, baisser les yeux comme un gamin pris en faute, continuer de le laisser approcher, affermissez vos mains sur la carabine, quand il est à portée de tir, pointez le bout du canon comme indiqué dans d’autres articles, ajustez la visé, lâchez la balle. A partir du moment où vous bougez, l’animal s’arrête brutalement (sauf s’il est lancé) pour analyser la situation, vous n’avez qu’une fraction de secondes pour viser et tirer ! La question du regard est fondamentale pour les cervidés, aucune importance pour le sanglier. Il est même conseillé pendant que vous suivez un animal qui s’approche (ou lors d’un tir d’approche) de réciter des numéros de téléphones pour ne pas faire de transfert télépathique : Docteur CORSON : « le buffle d’Afrique ».

En lisant les deux livres sur les snipers Américains, j’ai acquis des choses intéressantes et notamment qu’il faut avoir un camouflage de couleur foncé en bas et clair en haut. Pourquoi ? Parce qu’effectivement dans la nature, le bas est toujours constitué de zone plus sombre par rapport aux zones situées plus haut, toujours plus claires. Si vous regardez bien le bas des  arbres au loin, il y a de la mousse vert foncé, de la terre, alors que dés que l’on s’élève un peu c’est tout de suite plus clair.

Preuve que cette photo qui date de 2009 illustrait déjà parfaitement à l’époque ce concept.

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  Historique des 45 camouflages les plus connus :

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