Étude détaillée du « Protocole de tir du FBI » relatif à l’efficacité des munitions d’armes de poing.

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« Conçu pour répondre aux besoins de ceux qui exigent une pénétration supérieure et préfèrent une arme de poing full size pour leur usage. La munition Critical Duty® est chargé avec la balle Hornady® FlexLock® résistante qui offre une pénétration performante y compris à travers des éléments de barrières urbaines courantes. La balle FlexLock® incorpore deux caractéristiques révolutionnaires Hornady® pour fournir une pénétration supérieure et une performance constante dans les tests de munitions tactiques du FBI (protocole FBI). La conception brevetée Hornady® Flex Tip® élimine le colmatage et facilite l’expansion des balles. Une grande bande InterLock® à double enveloppe permet d’empêcher la balle et le noyau de se séparer pour une rétention de poids maximale, une excellente expansion, une pénétration constante et une performance terminale à travers toutes les barrières de test du FBI. Les étuis nickelés brillants simplifient les contrôles de la chambre en lumière réduite. De plus, toutes les munitions Critical Duty® sont chargées avec une poudre à faible éclair pour aider à préserver la vision nocturne dans les conditions de faible éclairage ».

Quatre projectiles HORNADY ont été testés dans différents matériaux selon le « PROTOCOLE FBI ». Les résultats sont fort intéressants. Les projectiles sont montrés de face et de profil après impact.

Ce tableau montre bien le pouvoir d’arrêt (stoping power) ou « pouvoir d’écrouler » (®Chasseur de sanglier.com) de la munition de 10 mm Auto par rapport au 40 S&W (et même par rapport au 357) surnommé par les Américains :  « 40 S&W = short and weak », soit « 40 S&W =  court et faible ».

Si vous êtes un tant soit peu intéressé par la balistique lésionnelle, les comparaisons sont édifiantes. Entre deux 9mm Luger de même poids et de même structure mais dont la deuxième est en +P (sur-vitaminé), l’écrasement du 9mm +P faitt près d’un tiers de plus que le 9mm classique ! Qu’en est-il du 40 en  175g ? Hé bien il s’écrase d’à peu près autant que le 9+P mais avec une pénétration légèrement inférieure… ! Et c’est comme ça dans toutes les situations : gélatine nue, vêtements épais + gélatine, plaque d’acier + gélatine, cloison de bois + gélatine, contre-plaqué + gélatine, verre + gélatine. C’est là qu’on se dit encore une fois que l’augmentation de la vitesse même compensée par un poids plus important N’APPORTE RIEN ! BIEN AU CONTRAIRE ! Le 9+P fait aussi bien et même beaucoup mieux : Pénétration de 35 cm dans une cible « acier + gélatine«  (simulant une portière de voiture)  contre 33 cm pour le 40.

Hornady-Critical-Duty-copie-1.jpg

 En tir Police et/ou militaire, ne vaudrait il pas mieux conserver le 9mm et passer les canons en qualité +P plutôt que de passer au 40 comme l’a fait le FBI suite à la fusillade de MIAMI. 40 dont le recul et l’encombrement de l’arme semble en gêner plus d’un. Qui plus est quand on sait que 80% des engagements se font à moins de 3 mètres….
On est jamais si bien servis que par soi même me direz-vous ! Je ne suis pas peu fier de mon analyse ci-dessus ! En effet je suis abonné à la newsletter « THE FIREARMS BLOG » et que vois-je ce matin, un article intitulé :  « Six raisons pour lesquelles les munitions « défensives » sont meilleures ». Article en Anglais mais il suffit de faire un copier-collé dans GOOGLE TRADUCTION.

Ne pas confondre le 40 S&W (10mm) et le 10 mm Auto. Le 40 S&W est un sous-produit du 10 mm auto. Une histoire de gros sous ! A l’époque, après la fameuse fusillade de MIAMI, S&W ne voulait pas réinvestir dans de nouvelles machines outils et a fabriqué ce que les Américains surnomment : « Le 10mm faible » ou pire encore le « 10mm FBI » parce que celui-ci au dernier moment l’a trouvé trop puissant et l’a fait castré par S&W.

Un article remarquable, traduisible en Français par GOOGLE : « A History of the 10mm Auto ». L’auteur a publié son article dans la BIBLE des armes : « GUNS & AMMO ». Pour l’auteur c’est le meilleur calibre de Police* et de chasse existant. Il fut mis au point entre-autres par le Colonel Jeff Cooper. *Par Police, on entend surtout : Capacité à traverser des obstacles divers : pare-brise, portières de voitures, ce qui est de plus en plus fréquent. Si l’un d’entre-vous à le temps de me faire une traduction correcte en Français, merci d’avance.

comparaison 40 et 10 mm auto

Le FBI vient de repasser au 9mm mais en +P et ce au détriment du 40 ! Pourquoi ? Pour les raisons que je suggéraient : Le 9+P apportent autant de performances que le 40, voire fait mieux comme expliqué plus haut : « This is sort of a mix of powder and bullet. In the recent FBI announcement, they are switching from 40 S&W to 9mm. This is partly due to the performance of 9mm +P. Some 9mm +P perform similar to 40 S&W. They travel faster and expand reliably then before ». Les douilles nickelés facilitent également l’extraction et évite l’enrayage.

Traduction GOOGLE : « C’est en quelque sorte un mélange de poudre et de balles. Dans la récente annonce du FBI, ils repassent du 40 S&W au 9 mm. Ceci est partiellement dû à la performance du 9mm + P. Certaines 9mm + P ont des performances similaires au 40 S&W. Elles se déplacent plus rapidement et expansent de manière plus fiable qu’auparavant ».

Si vous recherchez la puissance à l’état pur, pour la chasse notamment là où cela est autorisé, passez au 10mm auto :

Comparatif : 9mm, 357 SIG, 40 S&W, 45 ACP, 10mm auto :

Comme me l’a très justement fait remarquer Jean-Claude DEFEZ dans son commentaire sur cet article : « Je pense que dans l’avant dernier paragraphe, il s’ agit de pénétration en millimètres et non de centimètres sinon, la Thompson en 1944 aurait fait des miracles sur les Tigres et autres Panzers allemands. J’ai toujours beaucoup de plaisir à lire vos articles sur la chasse et les armes ». Hé oui Jean-Claude ! Merci de votre commentaire ! Nous avons tous raison et tort à la fois ! Il s’agit bien de centimètres et non pas de millimètres, mais encore faut il expliquer ce qu’est le protocole FBI…!!! Contrairement à ce que laisse penser l’affiche HORNADY il ne s’agit pas d’une pénétration brute dans les matériaux cités !!! Aux termes du « protocole FBI » quand il dise « acier » c’est en fait un tir sur de la gélatine après avoir traversé une plaque d’acier imitant une carrosserie de véhicule. CQFD…. !!!!!!

« FBI balistic test protocol ». Traduction Française.

FBI Ballistic Test Protocol

Un article sur le « FBI protocole test ».

Retrouvez page 146 le chapitre consacré : « Détails du protocole de tir du FBI » :

Édition augmentée : Janvier 2019. Livre : Joël SERRE : « Technologie des balles de chasse pour canons rayés ».

Un grand merci à Xavier R pour sa traduction et ses annotations (N.D.T).

« En bref, les niveaux de performance sont simples. Une balle d’arme de poing doit toujours pénétrer un minimum de 12 pouces (30,48 cm) de tissu pour pénétrer de manière fiable les organes vitaux à l’intérieur d’une cible humaine, quelque soit l’angle d’impact ou les obstacles s’interposant comme les bras, les vêtements, le verre, etc. La pénétration de 18 pouces (45,72 cm) est encore meilleure. Soit une pénétration minimale, le seul moyen d’augmenter l’importance de la blessure est de faire un trou plus gros. Cela augmente la quantité de tissu vital endommagé, augmente les chances d’endommager un tissu vital lors d’un mauvais tir et augmente les probabilités d’une perte de sang plus rapide. C’est important parce qu’à la seule exception de causer des dommages au système nerveux central, la seule façon d’incapaciter un adversaire de force est de causer une perte de sang suffisante pour priver le cerveau d’oxygène et/ou de réduire sa pression artérielle à zéro. Cela prend du temps et, la plus rapide est l’hémorragie, le mieux c’est.

Le protocole de test des munitions du FBI est une série de tests pratiques pour mesurer la capacité d’une balle à respecter ces niveaux de performance. Le résultat est une évaluation de la capacité d’une balle à infliger des blessures efficaces après avoir traversé divers obstacles couramment rencontrés lors des tirs par les forces de l’ordre. Les résultats généraux d’un test sont donc indicatifs de la pertinence de cette cartouche spécifique, pour son utilisation dans un large éventail de conditions de tir, par les forces de l’ordre.

Le milieu de test utilisé par le FBI pour simuler les tissus vivants est la gélatine balistique (Kind & Knox 250-A) à 10 % en poids (donc 1 part de gélatine pour 9 parts d’eau). La gélatine est stockée au froid à 4°C et tirée dans les 20 minutes qui suivent sa sortie du réfrigérateur. La température de la gélatine est d’une importante critique parce que la pénétration change de façon significative avec la température (NDT : la pénétration augmente avec la température). Ce dosage de gélatine a été déterminé et étalonné par le laboratoire de recherche en balistique lésionnelle de l’US Army, situé dans le Presidio de la ville de San Francisco, pour produire les mêmes résultats de pénétration que ceux obtenus dans des tissus vivants. La gélatine à 10 % a été mise en corrélation avec les résultats réels de plus de 200 situations de tir. Chaque bloc de gélatine est calibré avant son utilisation pour s’assurer que sa composition rentre dans les paramètres définis. Pour ceux qui sont intéressés dans la reproduction du test ou l’examen de la procédure en détail, des copies du protocole de test sont disponibles sur demande.

Les blocs de gélatine utilisés pour les armes de poing font environ 15 cm de côté et 40 cm de long. Si c’est nécessaire, des blocs supplémentaires sont alignés en contact les uns avec les autres pour assurer une continuité dans la pénétration totale de la balle. La mesure de la pénétration de chaque tir est arrondie à 6,35 mm près. Le projectile est alors récupéré, pesé et son expansion mesurée en faisant la moyenne de son plus grand diamètre avec son plus petit diamètre.

Le protocole de test de cartouche utilisant cette gélatine est composé de 8 tests. Dans chacun des 8 tests, 5 tirs sont effectués. Pour chaque nouveau tir, des blocs neufs et des matériaux de test neufs sont utilisés. Le test complet comprend donc 40 coups. Chaque test est commenté ci-dessous dans l’ordre. Les tirs de ces 8 tests sont effectués avec une arme représentative des armes typiques des forces de l’ordre. L’arme utilisée est décrite en totalité dans chaque rapport de test.

TEST 1 : Gélatine nue

Le bloc de gélatine est nu, il est tiré à la distance de 3,05 m de la bouche du canon à la surface frontale du bloc. Le test est en corrélation avec les résultats obtenus par les autres chercheurs, quelques uns d’entre eux utilisant autre-chose que de la gélatine nue. Il est courant d’obtenir une expansion maximale lors de ce test. Les munitions qui ne répondent pas aux niveaux requis dans la gélatine nue tendent à être peu fiables dans les tests réalistes qui suivent.

TEST 2 : Vêtement épais

Le bloc de gélatine est couvert de 4 couches de tissu : une première couche de T-shirt en coton (48 fils par pouce, NDT : mesure de densité de tissage), puis une couche de chemise en coton (80 fils par pouce), une couche de « 10 onces par yard carré » (NDT : mesure de masse surfacique de tissu, cela fait 339 g/m2) de duvet dans de la batiste (NDT : coton fin similaire à la popeline) de 232 fils par pouce et enfin une couche de tissu Jean’s de 13 onces par yard carré (50 fils par pouce) (NDT : 440 g/m²). Cela simule un vêtement pour temps froid. Le bloc est tiré à 3,05m de la bouche du canon à la face avant du bloc.

TEST 3 : Acier

Deux plaques d’acier galvanisé laminé à chaud de 1mm d’épaisseur sont séparées de 7,62cm. La plaque fait 15,24 cm de côté. Le bloc de gélatine est recouvert du vêtement léger et placé 45,72cm derrière la deuxième plaque d’acier (NDT : la première étant côté bouche du canon). Le bloc est tiré à 3,05m de la bouche du canon à la première plaque d’acier. Le vêtement léger est constitué d’une couche de T-shirt plus une couche de chemise décrite au-dessus, il est utilisé dans les tests ultérieurs comme indiqué ici. L’acier utilisé est le plus épais que l’on puisse couramment trouver dans la composition d’une portière de voiture. Ce test simule la partie la plus faible d’une portière. Dans toutes les portières de voitures, il y a une ou des zones où l’obstacle le plus épais n’est constitué que de deux pièces d’acier de 1mm.

TEST 4 : Plaque de plâtre

Deux morceaux de 12,7 mm d’épaisseur de plaque de plâtre standard (NDT : 2 plaques de Placoplatre BA13) sont séparés de 8,89 cm. Les plaques font 15,24cm de côté. Le bloc de gélatine est recouvert du vêtement léger et placé 45,72 cm derrière la deuxième plaque de BA13. Le bloc est tiré à 3,05m de la bouche du canon à la première plaque de BA13. Ce test simule une cloison intérieure (NDT : une cloison de BA13 classique).

TEST 5 : Contre-plaqué

Un morceau de contre-plaqué de sapin de 19 mm d’épaisseur qualité « intérieur » (NDT : la qualité AA indiquée en anglais correspond à une qualité apparente exempte d’imperfections et prête à peindre). Les plaques font 15,24cm de côté. Le bloc de gélatine est recouvert du vêtement léger et placé 45,72 cm derrière la face arrière de la plaque de contre-plaqué. Le bloc est tiré à 3,05m de la bouche du canon à la face avant de la plaque de contre-plaqué. Ce test simule la résistance d’une porte classique ou du bois de construction.

TEST 6 : Verre automobile

Un morceau de vitrage automobile en verre feuilleté de 6,35mm d’épaisseur mesurant 38,1 cm x 45,72 cm est positionné à 45° de l’horizontale. La capitale de tir est décalée de 15° sur le côté, il en résulte un double angle d’impact pour la balle impactant le verre. Le bloc de gélatine est recouvert du vêtement léger et placé 45,72 cm derrière la le vitrage. Le bloc est tiré à 3,05m de la bouche du canon au centre du panneau de verre. Ce test à deux angles simule un tir en direction du conducteur d’une voiture depuis le quart avant-gauche du véhicule, et pas directement en face.

TEST 7 : Vêtement épais à 6m

Ce test répète le test n°2, mais à la distance de 6m, mesurés de la bouche du canon à la face avant du bloc de gélatine. Ce test montre les effets de l’augmentation de la distance, et donc de la diminution de vitesse.

TEST 8 : Vitrage automobile à 6m

Ce test répète le test n°6, mais à la distance de 6m, mesurés de la bouche du canon au centre du panneau de verre, en omettant le décalage de 15°. Le tir est effectué en face du panneau de verre, simulant le tir direct contre le conducteur d’une voiture fonçant vers le tireur. En plus de la série de tests décrite au dessus, la vitesse et la précision de chaque cartouche est mesurée. 20 cartouches sont tirées avec un canon de test et 20 cartouches sont tirées avec l’arme de service servant aux tests de pénétration. Toutes les vitesses sont mesurées et enregistrées. Deux séries de 10 tirs sont effectuées à partir du canon de test et deux séries sont effectuées à partir de l’arme de service, à 22,86m. Les groupements sont mesurés de centre à centre à partir des deux impacts les plus éloignés, ils sont moyennés et enregistrés.

Les résultats en canon de test démontrent le potentiel d’une munition indépendamment de facteurs propres à une arme pouvant affecter la performance. Les résultats en canon de test sont la mesure la plus pure de la capacité inhérente en termes de précision et de vitesse. Refaire ces tests avec une arme de service montre de quelle façon l’association arme/munition peut réaliser ce potentiel ». (N.D.T : sous-entendu, trouver le couple arme/munition dont les résultats s’approchent le plus des résultats en canon de test).

NOTA BENE : Le « Protocole FBI » mis à la « sauce Française » a également servi pour le remplacement en 2009 de la cartouche blindée (FMJ) à usage Police et de la 9mm MEN QD1 pour la Gendarmerie. C’est la 9mm Gold Dot en 124 grains qui fut finalement choisie parmi une dizaines de concurrentes.

speer gold dot 124 grains 9 mm munitions police et gendarmerie française

J’ai posé la question de savoir pourquoi ne pas être passé au 9mm+P, voici la réponse : « Cela fut envisagé en rédigeant le protocole, la 9mm +P n’est pas normalisée par la CIP et la pression maximale est en théorie bien supérieure à la 9mm CIP :
SAAMI 9mm : 35 000 PSI = 2413 bar
SAAMI 9mm +P = 38 500 PSI = 2654 bar
CIP 9mm = 2350 bar
Les armes étant achetées en France, il faut pouvoir les éprouvées aux pressions CIP, donc 9mm CIP et rien d’autre.
Cependant, la mesure des pressions CIP et SAAMI (le CIP US) ne se fait pas au même endroit sur l’étui … et ça change bien des choses.
Les pressions CIP sont prises avec un capteur à 25mm en partant du culot de l’étui, et moins, si l’étui est plus court que 25mm. Pour le 9mm, c’est 12,5 mm du culot. Avant ça, il faut percer l’étui au diamètre du capteur piézo-électrique pour y faire rentrer le capteur. On mesure donc une vraie pression de déflagration.
Pour la SAAMI, c’est un capteur qui se place sur un étui « normal » non percé et la pression des gaz doit d’abord déformer l’étui qui rentre en contact avec le capteur.
En gros, pour le 5,56mm/223 Rem, il faut ajouter 12,7% aux pressions SAAMI pour avoir une équivalence en pression CIP et cela est du à la manière de mesurer la pression. Ou enlever 11,3% aux pressions CIP pour avoir une équivalence en SAAMI. En résumé : 55 000 PSI mesure SAAMI = 62 000 PSI mesure CIP ».

fusillade-de-Miami.JPG

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