Choix et techniques pour tirer au point rouge.

 L’expression « point rouge », est un terme générique pour désigner une catégorie d’optiques à l’exception des lunettes à réticule lumineux. Il existe grosso-modo deux grandes sortes de points  rouges : Les viseurs dits « ouverts » par opposition à ceux qui sont dits « fermés ». Les viseurs ouverts sont pour certains : « collimatés » c’est-à-dire qu’un réticule lumineux est projeté sur un support transparent. Ces viseurs sont dits « holographiques ». D’autres possèdent une fibre optique intégrée. L’absence de grossissement permet de tirer les deux yeux ouverts, c’est même obligatoire.

Les viseurs point rouge qu’ils soient « ouverts » ou « fermés » ont des caractéristiques communes

Ces dispositifs peuvent être utilisés tant une carabine que sur un fusil. Quoique sur un fusil c’est assez rare. Le fusil est encore en France trop assimilé à la « pétoire du grand-père ». Dans les 100 premiers mètres une balle de fusil moderne (sous-calibrée) est plus meurtrière qu’une balle de carabine.

Fusil : Pour une réhabilitation du calibre 12 en battue.

Les systèmes de fixation varient selon que l’on utilise un fusil ou une carabine

Parlons d’abord de l’embase qui sera fixée directement sur la carcasse de l’arme et qui recevra dessus soit une optique avec un rail intégré d’usine, soit des colliers (en général de diamètre 30mm). Il existe toute sorte de fixation y compris un rail qui se fixe sur la bande ventilée du fusil, quand il n’y a aucune solution prévue d’usine.

Montage rail Picatinny pour fusil de chasse : Semi-auto, juxtaposé, superposé, à pompe.

Un “fraisage” consiste à usiner quatre rainures directement dans la carcasse, pour y fixer un rail spécial qui dans sa partie supérieure sera compatible Picatinny, EAW ou de marque propriétaire.

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Un boitier de culasse percé et taraudé consiste à percer 4 trous dans la carcasse de l’arme, pour y fixer un rail de montage.

Sur certaines armes le rail de montage est coulé dans la masse de l’arme.

Les viseurs point rouge peuvent être placés au même niveau qu’une optique, au-dessus grosso-modo de la fenêtre d’éjection. Ils peuvent aussi être placés loin en avant sur le canon  de l’arme. Cette position favorise un « tir instinctif » « tir réflexe » : Tir réflexe ou tir instinctif ? D’un point de vue scientifique, le réflexe est un ordre envoyé depuis la moelle épinière, sans passer par le cerveau. Il s’agit donc d’un geste où la réflexion n’entre pas en jeu. L’instinct est le résultat d’un comportement stable, précis, spécialisé en vue d’un but, une série d’enchaînement de gestes en fonction des interactions entre un individu et son milieu reposant sur des déterminants internes et sur des stimulations externes.

AIMPOINT S 1 :

Optimum Verney Carron. le dispositif doit être reculé pour éviter le retour des gaz brulés. Il est trop prés de la bouche du canon.

Le poids peut varier du simple au double de 105 à 250 grammes. Le poids n’est pas l’ennemi du chasseur, le poids participe fortement au recul de l’arme.

Dans une gamme de point rouge de la même marque, on peut avoir plusieurs longueurs : Court, moyen long. Il est très important de faire le bon choix dès le début. Plus le point rouge sera solidaire de l’arme mieux c’est. Un point rouge avec un rail intégré c’est très bien parce que c’est très stable. Un point rouge maintenu par collier doit être pourvu de deux colliers pour ne pas se désaxer.

Quand on a le choix entre un point rouge dans la même gamme, proposé en court, moyen ou long, prenez le long. Je recommande l’achat systématique du modèle long, car le jour où vous passerez d’une arme à  boitier « court » à une autre à boitier « long », votre point rouge sera compatible. Cas du passage du calibre 7×64 au 375 HH magnum.

Certains points rouges sont-ils plus adaptés à la plaine ou à la forêt ?

Les viseurs ouverts ont un champ visuel non pas « illimité » comme les publicités voudraient vous le faire croire. En fait, il est beaucoup plus naturel de tirer avec ces viseurs. Tirer avec un viseur « fermé » nécessite l’apprentissage d’une technique que j’aborderai plus loin.

Il faut bien avoir à l’esprit que  tous ces viseurs sont issus du domaine militaire et plus particulièrement adaptés au « CQB », le combat en milieu clos. Une fois ce principe édicté, il est facile de comprendre que la précision et la distance limite de tir de votre animal va varier selon la taille et la distance à laquelle il se trouve. Tout cela va influencer sur le choix de votre « point rouge ».

Jusqu’à une grosse cinquantaine de mètres, les viseurs « ouverts » ou « fermés » se valent. Le viseur point rouge se prête plus à un tir réflexe devant soi. C’est souvent le cas en forêt. Il n’y a pas « d’effet tunnel ». Au-delà les points rouges « fermés » prennent le dessus de par leur précision.

Rendons à AIMPOINT ce qui lui appartient, l’invention brevetée d’une double lentille qui supprime toute parallaxe et permet des tirs extrêmement précis à une centaine de mètres, voire beaucoup plus. Le gros avantage de ce dispositif c’est sa précision qui égale celle d’une lunette. La seule limite c’est que la taille de la cible ne soit pas inférieure au point lumineux.

Abordons une technique simple pour apprendre à tirer au « coup de bras » avec un point rouge, car il se prête particulièrement bien à un tir rapide et instinctif (identifier AVANT de prendre la visée et non pas en même temps que vous visez) à condition de respecter quelques règles :

Au lieu d’épauler façon ball-trap, en jetant l’arme vers l’avant pour la ramener vers l’épaule, du moment que « quelque chose »* arrive, placez la crosse collée à votre épaule et regardez fixement ce qui arrive devant vous tout en tenant votre canon à 45° vers le sol ! *Le « quelque chose » qui arrive et qui ressemble à un animal, une fois sur 10 c’est un collègue, un VTT, c’est tout sauf un gibier !

L’idéal c’est de garder la tête droite et de ne pas se coucher sur la crosse façon ball-trap. Tête droite, c’est votre menton qui doit toucher la crosse : technique dite « crosse-menton » et non pas « crosse-joue ».

Une fois et une fois seulement l’animal identifié, vous faites remonter le canon jusqu’à que le point lumineux vienne s’intercaler (en se superposant à l’endroit visé) entre votre regard et la cible. Toujours en gardant les deux yeux ouverts, il faut que vous arriviez à ne plus voir le corps de l’appareil mais un point rouge qui « flotte » dans l’air.

Répétez une dizaine de fois l’exercice sur des cibles fictives sur 180° et en arrivant au poste. De fait, vous mémorisez les endroits : « Je peux tirer jusque-là », « Là je ne tire pas ».

Pour s’entrainer chez soi ou au stand à tirer les deux ouverts avec un ou un point rouge fermé, il existe une méthode très simple

  • 1.     Allumez votre point rouge.
  • 2.    Vous bouchez avec un bout de chiffon propre ou un capuchon, la lentille de sortie de votre « point rouge ». Donc vous n’êtes plus censé y voir à travers puisqu’il est bouché !
  • 3.    Épaulez et visez les deux yeux ouverts. Votre point rouge est parfaitement visible comme suspendu dans l’air et pourtant la lentille de sortie est bouchée ! C’est aussi simple que ça et vous pouvez tirer au stand avec cette technique pour vous empêcher de vouloir à tout prix regarder à l’intérieur du tube. C’est votre œil directeur qui fait tout le boulot !

La particularité du SIGHTMARK ULTRA SHOOT PLUS est de proposer 4 réticules différents dans deux couleurs : Rouge ou vert. Le vert étant moins agressif à l’œil. On peut sélectionner l’un des 4 réticules d’un simple coup de doigt, idem pour le changement de couleur. La couleur verte pour qui ne l’a jamais essayé est impressionnante par sa capacité à ne pas agresser l’œil. Le réticule sous forme d’un seul point lumineux sert à effectuer un tir de précision. Les réticules en formes de rond servent à un tir rapide à courte distance, en sous-bois quand le sanglier vous sort dans les pieds, vous vous contentez de recouvrir l’animal du cercle lumineux et vous lâchez la balle.

Levier de sélection de la forme du réticule :

Pour en avoir été utilisateur durant une saison, je peux attester que c’est redoutable d’efficacité ! Pour des tirs probables jusqu’à 25 mètres je prenais le premier réticule en partant de la gauche et toujours en vert. Au delà je sélectionnais le point seul.

Fixation par rail PICATINNY intégré :

Piqueur, posté, quel point roue choisir ?

 Un piqueur c’est quelqu’un qui par définition est amené à tirer à quelques mètres. L’acquisition de l’animal avec un viseur « ouvert » sera plus rapide et plus naturelle, notamment pour des chasseurs qui ne fréquentent pas les stands de tir.

Un posté c’est quelqu’un qui peut être amené à tirer au-delà de 50 mètres. Plus la distance augmente, plus la taille de l’animal est réduite, plus le tir demande de la précision, donc avantage aux viseurs dits « fermés ».

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