Quelle optique pour un piqueur.

Piqueur ou postié (terme usuel en Midi Pyrénées au lieu de posté) le choix d’une optique doit être dicté par les conditions d’utilisations sur le terrain. Bande de battue, point rouge, lunette ? Quel réticule ?

chasseur et compagnie publicité sanglier

Un mot tout d’abord sur une phrase que l’on entend régulièrement « : « j’ai enlevé le point rouge (ou la lunette) je n’arrive pas à tirer avec ». Alors que l’on n’entend jamais : « j’ai enlevé les organes de visée je n’arrive pas à tirer avec ». Pourquoi acceptez-vous de rater avec une visée classique et pas avec une optique ? La précision d’une optique qui est sa principale qualité est aussi son principal « défaut » : elle vous contraint à adopter une position à laquelle vous ne vous êtes pas (ou vous ne voulez pas) vous habituez. La précision d’une optique est du type « point visé point touché ». La précision d’une bande de battue est très aléatoire alors même que la prise de visée est totalement libre. Des contradictions qu’il me semble important de souligner.

Il existe plusieurs sortes d’optique, « les points rouges » sans grossissement, qui permettent de viser les deux yeux ouverts, « les lunettes classiques » qui nécessitent (pas obligatoirement) de fermer un œil, les lunettes mixtes : réticule classique avec illumination. Certains « points rouges » par leur visée ouverte peuvent s’apparenter à une bande de battue. Les lunettes ont ce que l’on appelle « un effet tunnel ».

De par sa position par rapport à l’animal, un piqueur c’est quelqu’un qui va être amené à tirer sur de très courtes distances. Problématiques et contraintes des optiques vis-à-vis du piqueur : La culture du tir et des armes étant ce qu’elle est chez nous, très peu de piqueurs utilisent des optiques. Le territoire où évolue un piqueur va de la plaine en passant par le sous-bois classique, aux forêts de ronces. Quoi qu’il en soit le piqueur c’est quelqu’un qui tire près et qui n’a pas toujours le temps de prendre confortablement sa visée. Il lui faut une optique qui permette de tirer « au coup de bras », qui soit insensible à la pluie, moins fragile qu’une lunette. Le principal intérêt du point rouge pour les piqueurs c’est qu’il permet de tirer les deux yeux ouverts.

Aimpoint et absence de parallaxe expliqués aux nuls !

On dit de l’AIMPOINT que c’est un viseur du type : « point visée = point touché ». Il tire sa suprématie, d’un brevet renouvelé juste avant l’échéance des 10 ans qui supprime la parallaxe. Le principe du viseur à point rouge est basé sur une petite source de lumière rouge, brillante (une diode) placée au foyer d’une lentille en forme de parabole. Cette lentille est recouverte d’une pellicule réfléchissant la lumière rouge. Le point rouge que vous voyez dans le viseur est donc un reflet de la diode située sur la paroi du tube. Le problème des viseurs à reflet est de fabriquer en série une lentille parabolique parfaite qui rend tous les reflets de la diode parallèles à l’axe optique du viseur. Une lentille traditionnelle n’y arrive pas.

Le résultat est que si le tireur n’a pas l’œil fixé sur le centre du viseur, l’œil reçoit une fausse image d’où se trouve le point rouge par rapport à la cible.

La solution apportée par AIMPOINT est le système brevetée de la double-lentille. La lentille de l’objectif comprend deux lentilles individuelles et la pellicule réfléchissante est appliquée entre-elles. Le côté intérieur de la lentille antérieure fait l’effet d’un réflecteur, mais seule elle produirait des reflets inclinés et des défauts de parallaxe. La lentille postérieure d’un façonnage convexe/concave particulier, brise les reflets inclinés de façon à ce qu’ils redeviennent parallèles à l’axe optique du viseur. Cela signifie que le tireur n’a pas besoin de fixer le centre du viseur. La ligne de mire est toujours parallèle à l’axe du canon.

Technique de tir au point rouge

Vous ne devez pas cherchez votre cible en vous servant de l’optique. Chercher la cible naturellement comme si vous n’aviez pas d’optique : pointez le guidon (le bout du canon) vers la cible pour venir intercaler le point rouge dans votre champ de vision entre votre regard et l’objet visé. Les deux yeux ouverts vous ne devez voir qu’un point rouge qui « flotte » dans l’espace. Vous « ne devez pas voir » la structure métallique de l’optique. Pour vous entrainer, arme épaulée à 45°, relever et abaisser la carabine, garder votre tête droite, faites coïncider le menton et la crosse (mémorisation tactile). C’est l’optique qui doit se positionner au centre de votre regard, ce n’est pas à votre tête de remuer dans tous les sens pour acquérir le centre de la lunette. Au besoin faite comme moi, placer le bec inférieur de la crosse au sommet de l’épaule, cela vous aidera à garder la tête droite. Vous pouvez le faire avec du 7×64 pas avec du 375 HH !

Partant de là un piqueur a le choix entre plusieurs optiques avec leurs avantages et leurs inconvénients. L’Aimpoint : Il existe trois modèles. Court, moyen, long. N’achetez pas le court, avec un seul collier pour le maintenir, il souffre d’un désaxement chronique dû au recul répété de l’arme. Je vous conseille le modèle long parce qu’il vous permettra de le monter sur des armes différentes et dont l’espacement des supports de montage peut varier énormément.

Le modèle moyen monté sur ma CZ 550 ne peut pas se monter sur une Winchester 70, il est trop court ! J’en ai donc racheté un second, mais long cette fois-ci ! Insensible aux rayons du soleil si celui-ci se trouve face à vous ou derrière vous. Demande un minimum d’entrainement à vide pour supprimer un très léger « effet tunnel ». Le brevet des doubles lentilles, à l’origine de la suppression de la parallaxe, est exclusif à la marque et ne peut être copié contrairement à ce que l’on peut lire ailleurs. C’est un viseur de type : « point visé point touché ». D’une précision redoutable, autant qu’une lunette et quelques soit la distance pourvue que le point rouge soit plus fin que l’animal visé. La pile est donnée pour cinq ans d’utilisation en continue ! Il bénéficie du label NSN de l’armée Américaine. Le Trijicon : viseur ouvert. Sa construction “basique“, sans lentille, sans pile, « indestructible », en fait un véritable outil tout terrain. Structurellement, c’est une barre à mine comparé au précédent. Au lieu d’un point rouge vous avez un triangle orange. Il ne possède pas de double lentille donc passer une trentaine de vrais mètres, les effets de la parallaxe vont se faire sentir. Autrement dit, si votre regard n’est pas pile au milieu de l’optique votre tir va se décaler. C’est un vrai viseur pour piqueur, pour tirer au coup de bras de zéro à quelques dizaines de mètres. Dans ce créneau là il est imbattable. Il fonctionne sans pile alimenté par une fibre optique à durée de vie « illimitée ». Docter Sight : Viseur ouvert. Placé soit au bout du canon soit comme une optique classique. Placer au bout du canon il est redoutable mais nécessite de tirer en sous bois ou par faible luminosité. Difficile de prendre sa visée dans une ambiance très lumineuse. En cela l’essai en magasin est trompeur. Plus fragile que ses deux concurrents. Pour un piqueur, les avantages du « viseur ouvert » ne sont pas négligeables en termes de rapidité d’acquisition de l’animal visé. Sans pile, sans couvercle, étanche, insensible aux chocs, Trijicon et Aimpoint combinent tous ces avantages. Le « viseur ouvert » est ce qui se rapproche le plus de la bande de battue pour tous ceux qui souhaitent un autre système de visée que le classique guidon sans pour autant vouloir viser à travers un tube (effet tunnel).

Vous n’êtes pas convaincu par le point rouge, vous souhaitez quand même une lunette ? Il existe plusieurs sortes d’optique, les lunettes classiques à réticule noir et les lunettes mixtes : réticule classique avec illumination. Les lunettes ont ce que l’on appelle un « effet tunnel ». Il faut qu’elle soit remplie à l’azote pour éviter la formation de buée à l’intérieur, toutes ne le sont pas. Un réticule noir se détache très bien sur une prairie ou dans un magasin. Un réticule noir dans un sous-bois obscur placé sur une bête dite « noire » on le cherche encore ! Le réticule lumineux est vraiment très important. Il combine les avantages du point rouge et celui du grossissement. Réticule non lumineux, choisissez le réticule 4, une croix noire classique dont les deux premiers tiers sont en gras et le centre plus fin. Pour les lunettes à réticule lumineux, réglez la lunette au grossissement maximum pour vérifier que le rouge ne bave pas ou n’irise pas. Sur les optiques bon marché tenez-vous-en au point rouge classique. Sur le haut de gamme, optez pour un cercle central lumineux. Ce cercle central est très intéressant pour le tir coup de bras, il aide à se concentrer uniquement sur cette zone. La lunette à réticule lumineux quand il ne fonctionne pas ou quand il n’y a plus de pile, doit laisser place à un réticule noir classique, à vérifier avant l’achat. La lunette d’un piqueur doit être légère et aussi rapide à mettre en œuvre qu’un point rouge, optez donc pour les modèles dit « de battue ».

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5 réflexions au sujet de « Quelle optique pour un piqueur. »

  1. Possédant plusieurs H1 et ayant fait la comparaison avec le T2 le point rouge n’est plus un point rouge passant le réglage de HUIT cela devient une virgule (le point s’étire comme une virgule disgracieusement) et je ne porte pas de lunettes.
    J’espère que Aimpoint lis les commentaires sur votre site.
    La solidité du premier H1 n’a rien a envier au second car en tant que chasseur en général on fait attention à ce qui a été payer cher n’ont ils pas été commercialisé pour les chasseurs, nous ne sommes pas des guerriers.

  2. Puisque vous êtes piqueur plutôt que posté et dans une région plutôt couverte, quoique je sois un inconditionnel de l’aimpoint, je dirai que le docter il faudrait le placer en bout de carabine.
    pas trop quand même pour éviter les gazs chauds.

    ça reste quand même un viseur qui demande des distances courtes-moyenne, en fonction de la taille de l’animal évidemment.

    ça reste un bon choix quand même, mais je répéte pour moi, plutôt en bout de canon.

  3. Bonjour,
    Je suis piqueur et quelques fois posté.
    Mes tirs sont entre 20 et 80m.
    Le temps, c’est le temps en Auvergne, souvent couvert en période de chasse !!!
    Merci, à bientôt.

  4. j’en parle dans mes articles. il faut taper « docter » dans la fonction « recherche ».

    vous êtes piqueur ou posté ?

    une chasse trés ensoleillé ou pas ?

    temps pluvieux ou pas ?

    vous tirez à quelle distance dans 80 % des cas ?

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