Que faut-il attendre d’une bonne balle ?

Contrairement à une idée-reçue particulièrement tenace, une bonne balle n’est pas une balle qui entre et sort d’un animal. Une bonne balle est une balle qui conserve presque 100 % de son poids après l’impact et quels que soient les os rencontrés.

Dans 90 % des cas, en battue, on place sa balle là où on peut. Oui je sais ! Question ego ça fait mal à entendre, mais c’est un fait ! Ce qui n’est pas contradictoire avec le fait de viser la ZI²HL, mais sauf dans les cas où l’on ne se fait pas surprendre, le placement de la balle EN BATTUE, reste souvent aléatoire MÊME si certains tireurs ont une « erreur circulaire » moins importante que d’autres. Il faut une balle qui en pénétrant, conserve son poids et n’abandonne son énergie qu’en étant freinée par la masse de viande et non pas en dispersant son énergie durant la fragmentation. La capacité d’une munition à dissiper son énergie dans les tissus est principalement liée, à sa structure et sa masse. Sa vitesse, dans une moindre mesure.

Différences de structures : Une balle blindée est une balle qui pénètre très profondément et ne présente pratiquement pas de déformation après l’impact. Avantage : très grand pouvoir de pénétration sur les animaux adaptés. Certains animaux Africains, type éléphant ou buffle, ne peuvent être tués proprement que par une balle au cerveau. Il faut aller chercher ce cerveau de l’animal, protégé par une énorme épaisseur de cuir et/ou d’os. On recherche un grand pouvoir de pénétration pour atteindre le système nerveux central de l’animal. Ce pouvoir de pénétration n’existe que par le pouvoir de la balle à ne pas se disloquer.

Inconvénient : Si le cerveau n’est pas atteint, aucun pouvoir d’écrouler l’animal (ou « pouvoir d’arrêt »). Ce pouvoir de pénétration appliqué à des animaux non-requis, provoque l’effet inverse, celui de traverser l’animal comme une aiguille. Dans ce cas on dit qu’il y a « sur-pénétration ». Celle-ci provoque la perte de l’animal blessé. Une balle fragmentable est une balle dont l’énergie se dissipe immédiatement et se répartit entre le point d’impact et les morceaux qui s’éparpillent.

Avantages : Multi-criblages, plus de chances de provoquer des hémorragies internes. A l’approche et/ou sur un animal « calme », l’effet du poly-criblage est terrible, il y a le plus souvent, écroulement de l’animal. Cas concret : Je double un chevreuil d’une balle à la tête, avec une VULKAN de NORMA. Le chevreuil tombe, la tête me parait intacte. Je fais pivoter l’animal. Le profil gauche de l’animal est parfaitement découpé dans le sens de la longueur ! A l’impact, la balle s’est désintégrée projetant des éclats sur 180° degrés, découpant symétriquement la tête. Une balle fragmentable sur un animal plus conséquent comme un sanglier, peut le faire courir des centaines de mètres avant de tomber.

Tirer un gros gibier avec une balle fragmentable en battue, est le plus sur moyen de ne pas l’écrouler donc de le perdre par son faible pouvoir d’écrouler un animal à l’impact, quand celui-ci est lancé, le stress « minimisant » la blessure.

Faible dissipation de l’énergie dans l’animal. Sur des animaux fragiles, chevreuil, le poly-criblage peut rendre la viande hors d’usage, trop abîmée Les balles « partition » ou « swift a frame » en forme de H (ne pas confondre avec la H-MANTEL) se déforme brusquement, mais cette déformation est stoppée par un noyau antérieur dur, qui va faire masse-marteau en lui donnant une nouvelle impulsion, prolongeant ainsi la pénétration.

Ces balles sont dites : « à noyau soudé.» La chemise, en cuivre le plus souvent, est fusionnée au plomb qu’elle contient. Aucune séparation ne doit avoir lieu. Avantages : C’est une balle qui s’adapte au gibier. Expanse peu ou beaucoup selon la zone impactée. Inconvénients : Aucun, si le calibre est adapté à la bête. Le noyau fusionné s’épanouit mais ne se volatilise pas dans le corps de l’animal, même si vous tapez une épaule.

Cas concret : un sanglier de 107 Kg que j’ai tué avec une ORYX (7×64) à une quinzaine de mètres. La balle est rentrée par le flanc gauche, elle a traversé l’animal pour s’arrêter sous le flanc droit sous la peau. Le poids de la balle avoisinait les 97 %. Le canal creusé à l’intérieur de l’animal était considérable, il s’est écroulé sur place.

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J’ai tué 3 cerfs, tous écroulés sur place par une ORYX (7×64) dans le cou. Ne tentez pas un tir sur un cerf avec du 7×64 ailleurs qu’au cou. Avec une 9.3×62 de 18 à 21 gr vous pouvez viser le cœur, même si vous passez à coté vous avez peu de chance de perdre la bête.

Au bord d’un pré, si je suis susceptible de tirer à cinquante mètres et plus, je vais mettre une balle très dure, pour qu’elle conserve une bonne pénétration à l’impact, mieux encore une SWIFT A FRAME qui relance l’expansion.

Sur de courtes distances, je vais privilégier une balle à noyau soudé, plomb mou, qui expanse très vite. Choisissez la balle la plus lourde disponible dans votre calibre. L’ORYX c’est celle que je tire en premier de zéro à 50 mètres. Sauf si je dois tirer un cerf, là je tire la FIP de SAUVESTRE, projectile le plus sophistiqué jamais fabriqué, combine plusieurs effets très destructeurs : Pointe creuse à bord tranchant, la cavité se rempli des tissus et pousse à la déformation un alliage de métaleure.her. Là oui,port à une BRENNEKE est de 25  à 30 % supérieure.estau sujet de la FIER : qui champignonne sans se disloquer. Lorsqu’elle est brutalement freinée, c’est une tige en acier qui prolonge l’impact, brisant tous  les os sur son passage. J’ai tiré un cerf de 220 kg au cou, à l’arrêt. A l’impact, l’animal a fait un bond de trois mètres, il s’est écroulé sur place.

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La même bête tirée « au cœur » avec une 7×64, j’aurai perdu l’animal !

Les balles monolithiques en cuivre de type BARNES X sont dites : « homogène » ou « monométalliques« . C’est un barreau de métal usiné. L’avantage, c’est qu’aucune bulle d’air ne peut se former puisqu’il n’y a pas de coulage du métal. Réservées aux gros gibiers, cerf, biche, gros sanglier, elles ne fonctionnent correctement qu’en présence de beaucoup d’os et de viande.

Pour les calibres magnum : Ce sont des balles dont l’efficacité ne commence qu’à partir d’au moins 100 mètres. Pour la battue, utilisez les balles les plus lourdes dans son calibre pour « démagnumiser le tir », soit 14 grammes en 300 Win mag. Alourdir la balle pour contrer le phénomène physique qui fait que plus un projectile frappe fort et vite, plus les tissus impactés opposent une très forte résistance d’où « une inexplicable » perte de pénétration aux courtes distances. Une balle de fusil de par son énorme section d’origine, possède une puissance d’écroulement de l’animal très importante. Je recommande personnellement la FIER qui est composée d’une masse-marteau (18.50 mm de diamètre !) contenu dans un container en plastique qui se libère brutalement à l’impact, puis une deuxième masse en plomb frappe, suivi encore d’une tige en laiton qui brise les os.

Cette FIER  je l’ai faite essayé à des chasseurs qui prétendaient rater, je savais qu’ils ne rataient pas, ils blessaient ! Du jour où ils ont essayés la FIER 28, aucun d’entre eux n’a plus voulu tirer autre chose. Je me souviens d’un paysan-chasseur qui m’a dit : « je n’avais jamais vu un sanglier passer cul par dessus tête comme ça ! » La puissance de pénétration d’une FIER par rapport à une BRENNEKE est de 25 à 30 %  supérieure !

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Chasse en périphérie urbaine.

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Cette chasse pose deux problèmes : portée théorique et ricochets. La FIER 24 Alu, touche le sol à 200 mètres en tir horizontal, non fichant. Tir pratique sur un sanglier : 40 mètres, chevreuil : 80 mètres. En cas de heurt avec une pierre sa flèche interne en aluminium s’écrase brutalement, minimisant tout ricochet. Je conseille vivement aux Présidents d’ACCA en périphérie urbaine, d’obliger leurs chasseurs à ne tirer que des FIER 24. En cas d’accident, vous pourrez vous prévaloir de précautions supplémentaires.

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