Protégez et optimisez vos yeux. Les normes en matière de lunettes balistiques.

Mise à jour : « Verres et filtres polarisants – Caractéristiques – Conseils et Astuces. TUTO PEARL ».

La protection des yeux va de pair avec celle des oreilles. Ces deux organes ont comme particularité de ne pas être remplaçables. D’où la nécessité de se protéger. Je pratique le tir depuis une trentaine d’années, j’ai déjà vu des ricochets vous revenir dessus. La perte de l’audition n’est pas toujours progressive, elle peut être brutale sur un seul événement.

La protection des yeux varie en fonction du mode de chasse. La chasse à plomb est certainement et de loin la plus dangereuse. Le tir fichant n’existe pas comme en battue. Les tirs effectués à 45° sont fréquents. Compte tenu de la portée d’une gerbe de plomb on peut être atteint par un autre chasseur dont on ignore la présence. Le plomb est d’autant dangereux qu’il y a bien souvent multi-criblage.

Dans la chasse en battue et à balle, le tir direct ne rentre pour ainsi dire pas dans les hypothèses courantes. L’accident peut surtout venir d’un ricochet. Les balles de fusil compte tenu de leurs faibles vitesses ricochent facilement. Les balles de carabine ont plutôt tendance à se ficher en terre. Balle de carabine ou balle de fusil le ricochet peut être dramatique s’il atteint un œil. Le ricochet peut aussi provenir d’un caillou suite à un impact.

Il existe plusieurs couleurs de « verres », en fait ils sont tous en polycarbonate : blanc, jaune, rouge, marron, vert, gris. Le verre blanc est intéressant si vous ne voulez pas un écran de couleur, il n’apporte rien d’autre hormis la protection. J’utilise les verres jaunes, posté tôt le matin ou dés que le soleil est absent. L’intérêt du verre jaune c’est de dilater la pupille et de mieux discerner les couleurs, notamment un cervidé marron clair dans un sous-bois. Par l’augmentation de luminosité qu’il procure on a l’impression qu’il fait toujours un temps très clair. Le jaune apporte un réel avantage, il devrait toujours être utilisé dés que le soleil est caché et qu’il y a des nuages, il « débouche » les endroits sombres. Le rouge est réservé au sous bois à l’automne ou pour mieux percevoir le point rouge d’un Aimpoint, son efficacité reste encore à démontrer. Du marron clair aux verres miroir, je vous déconseille la couleur marron pour la chasse. Autant pour le ski ou le plein air il est très efficace, autant pour la chasse sa couleur ne facilite en rien la perception des animaux. L’assombrissement est trop important. Si vous tirez avec une lunette, la réduction de la luminosité des verres marron va se rajouter à celle provoqué par le traitement multicouche de la lunette. Le vert est fortement déconseillé aux myopes pour lesquels il ne fait qu’accentuer la dite myopie. Reste le gris clair qui pour le soleil et pour conserver une vue normale sans réduction de la luminosité est parfait. Seul le gris vous permettra de passer d’un endroit ensoleillé à un sous-bois, sans une adaptation de la vision.

Les lunettes que nous mettons à la chasse n’ont pas la même finalité que celle utilisée à la plage. Vous ne cherchez pas à vous protéger de la réverbération du soleil, vous avez seulement besoin de vous protéger des impacts sans pour autant avoir une baisse de luminosité, préjudiciable au tir. Une lunette à la chasse c’est un filtre posé devant les yeux qui se fait oublier. La norme ANSI Z87.1-2003 Doit figurer sur la notice technique, c’est l’assurance d’une bonne protection.

Le Modèle “REVISION EYEWEAR SAWFLY” a reçu une décharge de plomb n°6 (FEDERAL “heavy load”) tiré à moins de 5 mètres. Vitesse mesurée au chronographe : 395m/s. Remington Mle 1187. Semi-auto calibre 12, canon de 71 cm full choke. 37 impacts ! Aucune pénétration.

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En voilà un qui peut dire merci !

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Photo ci-dessus (Parachutiste Français) et ci-dessous (Chasseurs Canadiens) aimablement fournies par Revision® Military.

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La réponse du concurrent OAKLEY :
 

Les normes en matière de lunettes balistiques.

On peut dire de façon générale que : les normes militaires (MIL) sont supérieures aux normes civiles, marquage CE. Il est facile de comprendre pourquoi.

Ensuite quand on parle de normes il y a tout plein de nuance :

Conforme à la norme « X » et certifié à la norme « X » ce n’est pas du tout pareil.

« Conforme » ou « réponde » à la norme X » signifie que le fabricant de lunette a testé lui-même ses propres lunettes et qu’il considère qu’elles répondent aux dites normes. Ce test n’est pas contradictoire.

« Certifié à la norme X » signifie que le fabricant a fourni à un organisme certificateur indépendant ses lunettes et même que l’organisme a prélevé des échantillons de façon aléatoire sur la chaine de fabrication et qu’il les a testés. Cette certification a un cout souvent élevé.

« X fois supérieur à la norme xxxxx » signifie que le fabricant déclare que la résistance de ces lunettes sont « X » fois supérieures à la norme invoquée avec la nuance indiquée ci-dessus : « conforme » ou « certifié ».

Dans les normes elles mêmes, il y a tout une hiérarchie de code qui font que pour 2 lunettes estampillée CE EN166 l’une va arrêter une bille d’acier lancée à 45 m/s et une autre à 190 m/s en passant aussi par 120 m/s. Ce n’est pas pareil.

En fait pour pouvoir vous répondre plus précisément il m’aurait fallut connaitre le modèle de lunette de chez PELTOR que vous avez acheté. D’après la documentation que j’ai put consulter sur internet, certaines lunettes sont conformes aux normes CE EN166 et d’autres au standard MIL STD 662F (impact à 198m/s).

En fait il faut que vous regardiez non pas la documentation mais le marquage « obligatoire » qui doit figurer sur les lunettes.

Marquage des oculaires : doit obligatoirement contenir les infos suivantes :

(Exemple. : EN 166 1 B)

Classe optique :

– 1 : qualité optique parfaite pour travaux continus

– 2 : travaux intermittents

– 3 : travaux occasionnels

Les symboles de résistance mécanique :

– pas de symbole : solidité minimale ; résistance à l’application d’une bille d’acier ∅ 22 mm exerçant une pression de 100 N

– F : impact à faible énergie ; résistance au choc d’une bille d’acier ∅ 6 mm, 0,86 g lancée à 45 m/s

– B : impact à moyenne énergie ; résistance au choc d’une bille d’acier ∅ 6 mm, 0,86 g lancée à 120 m/s

– A : impact à haute énergie ; résistance au choc d’une bille d’acier ∅ 6 mm, 0,86 g lancée à 190 m/s

– S : solidité renforcée ; résistance au choc d’une bille d’acier ∅ 22 mm, 43 g lancée à 5,1 m/s

« Si aucune mention ne figure sur l’oculaire, l’écran ou les branches, l’ensemble de protection est classé au niveau le plus bas ».

On voit tout de suite que la norme EN 166 avec le « B » vous apporte une protection de 120 m/s contre 198 /m/s pour la MIL STD 662F (impact à 198m/s).

D’après les documents que j’ai put consultés sur le site de REVISION EYEWEAR :

MIL-PRF-31013 CLAUSE 3.5.1.1 = 660 ft/s (201 m/s)

ANSI Z87.1-2003  et CE EN 166 = 150 ft/s (45 m/s).

Les lunettes REVISION SAWFLY PROTECTIVE EYEWEAR  sont quand à elles validées à : 246 m/s pour un modèle et 140 m/s pour un autre.

L’ANSI American Standard Institut est  l’équivalent Européen du CEN ou Comité Européen de Normalisation.

En conclusion : Vos lunettes sont conformes aux deux normes ANSI et CEN au minimum. Selon le marquage supplémentaire, cette protection peut être supérieure.

Pour une utilisation « chasse » la norme ANSI vous protège efficacement d’une retombée de plomb et même d’un tir direct mais à partir de 25 mètres. La norme ANSI oblige les fabricants à protéger le côté des yeux. Par rapport à un tir direct de plomb tout dépend de la distance qui vous sépare du tireur. Je dirai que compte tenu des prix relativement intéressant des lunettes et le côté non remplaçables des yeux, je choisirai et j’ai choisi des lunettes à la norme MIL. PELTOR Les vends sous le nom de MAXIM BALLISTIC.

Quelle norme de protection ? Norme civile internationale : ANSI Z87.1-2003 Les verres à cette norme doivent résister à des plombs de chasse de calibre 12 tirées à 25 mètres.

Normes militaire Américaines : MIL-V43511-C. Cette norme est six fois supérieure à la norme ANSI. Pour l’US-ARMY, les verres et les montures des lunettes doivent résister à l’impact d’un fragment de 0,38 grammes projeté à 200 mètres/secondes.

Seuls les « verres » en  polycarbonate excèdent tous les paramètres de tests. Choisissez des lunettes qui enveloppent bien les yeux. Un ricochet peut surgir de face comme il peut arriver de côté. La différence entre polycarbonate et verre, c’est qu’il est pratiquement impossible d’avoir une déformation au sein même d’un verre ce qui peut être le cas avec une matière plastique comme le polycarbonate. Mettez les lunettes et vérifiez en regardant attentivement au travers et sur 180° qu’il n’y est pas une déformation locale, une zone floue ou déformée.

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