Livre : D’une guerre à l’autre : de la Côte d’Ivoire à l’Afghanistan avec le 2e RIMa.

J’ai lu ce livre -que je recommande- ce n’est pas un livre de guerre comme peuvent l’être : « Apache » ou « Appui-feu« . C’est le journal de marche d’un soldat Français en opérations : Côte d’Ivoire et Afghanistan. Notez que le mot « marche » est souligné, façon de préciser qu’il ne s’agit pas que d’une formule de style…!!!

C’est un livre touchant et émouvant, la vraie vie d’un soldat Français en opération avec de vrais morceaux de mesquinerie administrative et/ou de la hiérarchie comme nous sommes sans doute seuls capables d’en produire. Quand ce n’est pas la Gendarmerie qui vous interroge sur les conditions de la mort de votre camarade de combat avec des questions du genre : « Pensez-vous que la mort du soldat xxx soit imputable à une faute du commandement ? ». « Y a-t-il eu une faute et à qui est elle imputable ? ». Authentique !

Si les deux livres précédemment cités font l’étalage de l’ahurissante démonstration de force et de précision Américaine dans la délivrance de tout ce qui peut être tiré depuis un support aérien, plus encore stupéfiant étant le véritable self-service dont dispose le FAC (contrôleur aérien avancé) au sol.

Dans ce livre on à l’envers du décor Français, l’arrière boutique de l’armée Française avec ses soldats obligés de porter des charges je cite : « des sacs à dos de  40 à 60 kg voire 100 kg + le gilet pare-éclats (14kg) + le FAMAS (4 kg) ou le PGM (12.7) 17 kg ».

Voici la vidéo d’un soldat Américain en train de se peser sur une balance, toujours en Afghanistan. Notez que les 139 kilos (308 pounds) obtenus le sont avec :

  • Le combattant tout équipé : chargeurs multiples, jumelles, etc. Mais pas de gilet pare-éclats, soyons honnête jusqu’au bout !
  • Un fusil-mitrailleur comprenant une boite chargeur d’au moins 100 cartouches !!
  • Son sac à dos.

Si vous faites monter sur la balance un soldat Français qui en plus de son propre poids, admettons 80 kg, auxquels vous ajoutez:

  • sac à dos : 40 à 60 kg. Je retiens un poids médian de 50 kg.
  • Le PGM : 17 kg (pour rester en comparaison avec la vidéo)
  • Vêtements et gilets de combat hors gilet pare-éclats, toujours pour rester dans la comparaison de la vidéo  : 10 Kg.

Vous obtenez  en moyenne pour un soldat Français le poids invraisemblable  de 167 kg MINIMUM ! Pour un combattant censé se mouvoir ! Pas un commando du 13 qui s’enterre pour plusieurs semaines !

Voici une mule robotisée imaginée par le Marine Corps Warfighting Laboratory (MCWL). Ah mince alors ! Le corps des Marines a son propre laboratoire de développement ! Voilà qui va en faire rêver quelques uns !

Mules motorisés mis au point avec la DARPA, ceux qui ont inventés ni plus ni moins que l’internet. Notez que la mule en question peut même se casser la gueule en franchissant un ruisseau, roulez sur elle même, se redresser et repartir ! Encore un quart de siécle et nos fantassins pourront -peut être- en profiter….!!!!

Les hélicoptères Français CARACAL sont réservés au Président Karzaï et aux déplacements des officiels. Quand ils sont héliportés c’est souvent loin du lieu prévu avec tout ce que cela comporte d’escalader des pentes avec tout le poids cité ci-dessus ! Quand on pense que les Américains « sont ravitaillés deux fois par jour ».

Le scandale du non paiement des soldes depuis octobre 2011 par le système LOUVOIS,n’est que la partie visible de l’iceberg, la partie cachée, quotidienne sur le terrain elle est dans ce livre. Toujours cette inadéquation entre le matériel et la mission, des matériels  conçus pour bouter le Slave et/ou le Teuton hors de nos frontières, pas vraiment fait pour les guerres d’aujourd’hui, ni même celles depuis au moins 30 ans (!) ne parlons même pas de celles de demain…!

La démonstration d’un matériel scandaleusement obsolète, inadapté. Dire que le matériel est dépassé depuis au moins 30 ans  vous trouvez cela exagéré ? Vous avez tort c’est même 40 on va dire ! Lisez : Colonel SPARTACUS. Opération MANTA.

Un exemple : Le VAB parti en Afghanistan avec :

VAB : Véhicule de l’Avant Blindé : Oui parce que le Boche et le méchant Slave sont chargés d’Ouest en Est depuis des siècles pourquoi voulez vous que la menace arrive de derrière ou de dessous…. Les « stay behind » et les « Partizan » ne figurent pas dans la nomenclature et/ou les lexiques de l’école de guerre à la Française !

Un tireur de mitrailleuse 12.7 dont le buste et la tête dépasse de la tourelle ! Bilan : au premier mort nos généraux se sont rendu compte qu’une mitrailleuse téléopérée de l’intérieur du véhicule était moins dangereuse ! Sûr qu’il fallait un mort pour percuter ! On n’apprend pas ça à Saint-Cyr !

1.  Un plancher PLAT !!! Le fond plat est la pire chose contre les mines et autres IED enfouis. Les conséquences ? Page 311 : « …..L’onde de choc avait frappée ses pieds posés sur le plancher métallique (NDR : plat) avant de se propager dans ses membres inférieurs et lui briser les os ».

Le blindage dit en « V » permet de casser, de disperser l’onde de choc. D’autant plus que la coque en « V » oblige à surélever le véhicule, dispersant encore un peu plus l’explosion.

L’origine de la coque en V remonte…. accrochez-vous… ! « aux années 70 » soit 40 ans au bas mot ! Il remonte à « la guerre du bush » en Rhodésie. On appelle cela du « RETEX » « Retour d’expérience » sauf que les RETEX étrangers sont comme le nuage de TCHERNOBYL, ils s’arrêtent à nos frontières extérieures ! Où en est la sociologie de la technique et le reverse ingénierie ?

2.  Page 30 : Où l’on voit l’inconvénient et l’inutilité des véhicules blindés à roues au lieu des chenilles. Un seul VAB à roues pèse le poids de plusieurs VAB à chenilles ! Ce qui donne sur le terrain :

« A l’issue de notre périple sur nos quatre VAB initiaux, il n’en restait donc plus qu’un seul en état de rouler ». Et quand les Espagnols à Sarajevo prennent une balle de 12.7 dans chaque pneu…. Vous en faites quoi de vos roues… ?!

3.     Les VAB Français à roues ne sont pas équipés de cage anti-rpg ! Pourquoi ? Parce qu’ils sont déjà ridiculement lourd et qu’on ne peut pas les alourdir un peu plus. Combien de morts aurait-on évité avec des cages anti-rpg ?

En recevant le livre, je n’ai pas pu m’empêcher de sursauter  en voyant la couverture. Tiens me suis-je dit : Un HK 416 ou 417 ! Enfin un achat intelligent, du moins s’il devait être en 7.62, donc le HK 417. C’était le cas !

Puis je me suis rappelé que seules les troupes de Marine avaient choisi le calibre 7.62 (HK 417) et non pas le 5.56 (HK 416). Le COS et les autres unités ont semble t’il choisi le 5.56, preuve s’il en est de leur incompétence en matière de balistique lésionnelle. Doivent pas beaucoup chasser le gros gibier  pour penser que l’on est efficace avec une balle de 3,95 à 5,18 grammes… !!!!

Le 5.56 est le pire calibre de guerre inventé par des technocrates et perpétué par des fonctionnaires-militaires, fussent ils officiers généraux ! Cette citation extraite du blog « Secret défense » : « Marc Bloch écrivait que « toutes les guerres nous apprennent qu’il y a des militaires de profession qui ne seront jamais des guerriers ».

Ou cette phrase d’un combattant Serbe citée dans le livre : « Il y a la même différence entre un militaire et un soldat qu’entre un soldat et un guerrier ». Je remplacerai le mot « guerrier » par « chasseur ».

Un bon chasseur c’est quelqu’un qui mange chasse, dort chasse, rêve chasse, pense chasse, parle chasse, baise chasse ! Cette citation est aussi valable pour les futurs commandos et là je mettrai dans le même panier : les Français comme les Américains ou les Anglais. A trop rechercher le physique on perd des neurones ! Je veux dire par là qu’au-delà d’une certaine limite physique pour les candidats, la sélection se fait au détriment des neurones. Or c’est aussi de neurones dont on a besoin au combat et notamment d’intelligence émotionnelle. Rien ne vaudra jamais un bon commando avec un vrai sens de la chasse.

Roger Vandenberghe fut de cela. « En trois ans à la tête de son commando « tigre Noir », il permet d’infliger à l’ennemi autant de pertes qu’une division d’infanterie ». Le général de Lattre disait de lui : « c’est un peu comme si un tigre, en plus de ses crocs, de ses griffes et de sa détente, recevait un permis de chasse… »

On pourrait remplir plusieurs pages sur l’inutilité du 5.56. Quand le gars en face sait que votre arme a une portée inférieure à la sienne (7.62), il commence à vous allumer à 400 mètres et plus ! Et vous que faites vous ? Rien parce que vous ne pouvez rien faire avec votre calibre obsolète doublé d’un FAMAS lui aussi obsolète, très fragile ! Ne parlons même pas des munitions fabriquées hors de France et qui usent prématurément les canons… !

 Je rappelle que lorsque la Légion effectua  un « saut de guerre » (150 mètres du sol ! Ventral inutile !) sur KOLWESI en 1978, la première chose qu’ils firent en arrivant au sol, c’est d’assommer gentiment les troupes loyalistes pour leur piquer les FAL Belge en 7.62 avant d’aller s’occuper des autres, en lieu et place de leur pétoire MAT 49 dont la portée réelle en précision ne dépassait pas quelques dizaines de mètres et en portée pratique : 100 mètres. Mais avec quel « arrosage » !

MAT-49.jpg

Notez la pédale de sécurité qui neutralise l’arme. Comme quoi GLOCK n’a fait qu’améliorer le système en  l’intégrant à la queue de détente.

Les nhà quê (paysans) Viet-namiens n’avaient pas fait d’école de guerre pourtant ils l’ont reproduit dans un calibre plus efficace : le 7.62 Tokarev. Faut il ajouter que les légionnaires sautèrent de C130 Hercules Américains puisque les Français ne possédaient pas d’avion capable de voler de France au Zaïre directement !

Il fallut donc bricoler le système d’ouverture automatique avec du fil de fer pour l’adapter aux avions Américains. Bref ! Là c’était pas « C’est l’Afrrrrique patrrron ! mais « C’est la Frrrrance patrrron ! ».

Continuons l’analyse du livre de façon chronologique : l’auteur possède la qualification « TE » (tireur d’élite), il utilise aussi bien le PGM en 12.7 que le 7.62 du HK 417. L’auteur dit que la France a une vieille tradition de tireur d’élite ! Ah je croyais qu’on l’avait perdu avec la …première guerre mondiale !  Dans ce domaine nous sommes à des années lumières des Américains, Anglais et Canadiens qui ont eux une vraie école de tireur longue distance. Entre un Tireur d’Élite (TE) et un Tireur Longue Distance (TLD) c’est comparer un médecin urgentiste et un chirurgien du coeur ! Les records de distance de tir en 12.7 appartiennent soit au Canadiens, soit aux Américains.

Il n’y a qu’à voir la différence de matériel entre tireurs  Américains et Français.

Américains : 300 Winchester magnum. Tir jusqu’à 1000 voire 1200 mètres avec de l’expérience et un matos adapté. Pas de 12.7, trop lourd à porter au détriment de la mobilité sauf pour de l’anti-matériel.

Français : 12.7 ou 7.62. Ce dernier a la puissance notamment à courte distance (voir la bataille de Grozny : tir à travers des planchers et/ou des cloisons) mais pas l’allonge du 300 Win mag.

Pourquoi cette différence ? Très simple ! Comment voulez-vous demander de la mobilité à des types qui portent près de 100 kg de matériel arme comprise ! Comme on n’a pas les moyens de les héliporter  puis de les laisser s’infiltrer  à distance d’une 300 Win mag, on les dépose très loin de leurs objectifs et CQFD comme ils sont trop loin de leurs objectifs on compense en alourdissant le calibre donc en allongeant les distances de tir. Mais comme on allonge la portée des balles on ne fait pas toujours du sniping efficace. Lire les passages concernés !

Page 189 : Cet aveu : « A n’en pas douter, l’homme avait été plus manœuvrier, plus que ne l’étaient nos fantassins avec leur barda sur le dos ».

Page 55 : On passe en Côte d’Ivoire : « Le 11éme RAMA disposait de 4 tubes de 120 mm. ….Mais il n’y avait aucun obus sur position ! Le prédécesseur de cette batterie n’avait pas jugé utile d’en faire venir d’Abidjan ». A décharge  du « prédécesseur », je dirai que de toute façon ne bénéficiant pas d’un système de tir GPS, ce matériel est -encore une fois- plus adapté à une guerre de positions comme en 1914 (!) que face à des éléments mobiles. Et comme on le verra plus loin, il faut d’abord procéder à un tir de fumigène pour régler le tir ! Autant leur envoyé une lettre recommandée : « A telle heure on vous bombarde ! ». A Baalbek on a fait mieux : on a téléphoné de France à la dite caserne pour la faire évacuer avant de la bombarder !

Page 85 et 86 : Blessé après le bombardement de Bouaké l’auteur arrive à l’hôpital militaire d’Abidjan, blessé et avec des vêtements en lambeau. Il demande alors de nouveaux vêtements puisqu’il va être rapatrié en France et je cite : « ….qu’ils vont passer de l’été Africain à l’hiver Français ». Il s’entend répondre par un officier : « C’est dimanche et il ne sera pas évident de faire ouvrir le magasin du Corps où sont stockés les vêtements en réserve ». Le bombardement de Bouaké a tué  neuf militaires français et un civil américain, blessé 38 soldats Français ! L’auteur repart avec un survêtement prêté par l’officier en question ! !

L’auteur du livre, un jour qu’il s’énerve envers une nouvelle recrue qui refuse de courir parce que je cite : « ça le saoule », élève la voix, donne un coup de pied dans son sac et tape du plat de la main sur son casque. Bilan : le papa de la recrue menace de porter plainte et l’auteur du livre prends 40 jours d’arrêt, est menacé d’être  viré de l’armée pour motif : « A trompé la confiance de ses chefs » ! Méditez !

Faisons un aparté sur l’embuscade d’UZBEEN : Dans le livre : « Sniper Navy seals, tireur d’élite dans les forces spéciales », j’ai écrit ceci : « On notera le double triple jeu et la corruption des -politiciens- Italiens en Somalie ». En faisant des recherches je suis tombé sur ceci : ATHENA ET MOI : « jeudi 15 octobre 2009. Uzbeen : une responsabilité italienne ? C’est la question que pose le Times de ce jour : en clair, les SR italiens auraient calmé à coup d’euros les talebs de la zone (une pratique d’ailleurs dénoncée par des diplomates US). Sauf qu’en partant de la zone, les Italiens ne semblent avoir prévenu personne. Conclusion : envoyés dans un secteur réputé relativement calme, les soldats ont été surpris non seulement tactiquement mais aussi au niveau de leurs perceptions ».

Ce problème était donc déjà connu depuis très longtemps, l’opération « RESTORE HOPE » en Somalie remonte à ……. 1992 !! Oui mais les RETEX étrangers s’arrêtent à la porte au paillasson de nos état-major.

Donc effectivement on comprend pourquoi le rapport Américain parlait de Français partis en sous-équipement dans une région « pacifiée » par les Italiens.
Mise à jour du 01 Janvier 2013 : Le blog le MAMOUTH « s’interroge » (?) ;-))) « sur l’absence totale d’actions des insurgés sur les convois en Kapisa » lors du retrait Français. Et il ajoute que peut-être dans plusieurs dizaines d’années, on aura peut-être l’explication de « ce miracle« . Qui a osé dire que l’on a payé ! Tout le monde sait que les Français ne payent ni ne financent jamais le terrorisme ! Jamais ! Juré ! Craché ! Je me demande combien de journalistes vont reprendre cette information !

Au titre des choses positives et la préface nous le rappelle pour ceux qui l’ignoreraient encore, il y a sur le plan humain une différence fondamentale entre Américains et Français. « Le Français recherche une fluidité des relations qui limite les incompréhensions et quiproquos dramatiques ». Ce qui se traduit souvent par l’abandon du casque remplacé par un béret durant la traversée d’un village. De même que l’on n’arrive pas chez un responsable du village habillé comme un sapin de Noël façon Rambo ! Les Anglais ont fini par le comprendre, les Américains sont plus longs à la détente dûe surtout à une sous-culture chronique et ancestrale !

Nous n’avons pas en France et c’est tout à notre honneur de soldats se muant en tueur en série comme l’armée Américaine en regorge pas mal.

Et toujours cette inadéquation entre les tactiques et les conditions locales. Exemple Page 166 : Pour  empêcher et/ou dissuader un véhicule civil de s’insérer dans un convoi les soldats ne savent utiliser que des tirs de sommation. Et les billes de peinture (paint ball) vous connaissez ? C’est plus efficace sur un pare-brise et moins létal qu’une balle !

Lire page 89. Etonnant qu’encore aujourd’hui en 2012, l’armée Française ne se soit toujours pas équipée de matériel de radio et télévision à même de remplacer les médias locaux, comme ? Comme ? Les Américains pardi ! Concernant Abidjan, si on avait remplacé les médias locaux par des médias de type « psy ops », des drames et des qui auraient été sauvées.  Au Rwanda ce sont  des millions de vie qui auraient pu être épargnés si la radio des milles collines avait été remplacée par un média contrôlé.

Lire page 89, 90 et suivantes : La mise en cause de CANAL+ et de l’émission « spécial investigation » avec des arguments irréfutables quant à certaines  contre-vérités déclinées dans le reportage. Contre-vérités dues essentiellement à une sous-culture militaire  post-soixantuitarde.

Page 97 et 98 : Comment se perdre dans les rues d’Abidjan et manquer de provoquer un drame à l’heure où un GPS coûte moins de 100 euros. Cela me rappelle le livre « Pour qui meurt-on ? » qui racontait que l’armée Française, en 1982 avait débarqué à Beyrouth avec comme seul plan de la ville « une vieille photocopie d’un plan de la ville ».

Passage sur les incidents de l’Hôtel Ivoire, où comment demander à des soldats de faire le travail d’une compagnie de CRS pour se terminer par le fiasco que l’on connait !

Page 107 : cet aveu : « Faute d’expérience dans le contrôle des foules, nous n’avons pas songé un seul instant que nos balles pouvaient ricocher sur la surface goudronnée de la voie ».

Page 125 : La décompression en France après l’attaque de Bouaké n’est pas mal ! Je cite : « ….le colonel enfonçait le clou en faisant allusion aux traumatismes que certains d’entre nous avaient pu vivre à Bouaké ou à Abidjan et en soulignant que les « gonzesses » pouvaient dégager, il n’en avait pas besoin. » Fin de citation !
Super ! La décompression psychologique à la Française ! Ça mérite de l’avancement sans nul doute ! On espére qu’il a fini au moins général !

Page 127 et suivantes : La scandaleuse inversion des corps de deux soldats morts à Bouaké. Inversion des papiers et des effets personnels rendus aux familles et inversion des corps (!!!) dans les cercueils  qu’il a fallu de nouveau inhumé ! Le tout 2 ans après leur mort ! Sans commentaire !

Controverse sur le 12.7. Page 139 : J’ai eu avec l’éditeur et sans doute aussi par son intermédiaire avec l’auteur du livre, une discussion sur ce passage controversé : L’auteur parlant du 12.7 : « …De fait il n’est même pas nécessaire de toucher la cible elle même. Le tireur pourrait rater la cible de quelques centimètres, mais l’effet de souffle provoqué par le passage d’une balle fusant à plus de 800 m/s pourrait infliger des dégâts corporels à sa cible ». Il ajoute aussi : Qu’il a vu des ballons gonflés d’air explosés sans que ceux-ci ne soient pas directement impactés. J’ai quand même posé  la question à un expert balistique Français, de réputation €uropéenne, bien connu sur ce blog.

 Il m’a répondu ceci : « Personne n’a jamais vu une balle de fusil ou de carabine, quel que soit sont calibre ou la vitesse dont elle est animée, provoquer des dommages corporels avec son effet de souffle. Tout au plus, si elle passe très près d’une oreille, elle donnera un peu l’impression de recevoir une gifle et pourra rendre partiellement sourd, mais cela s’arrêtera là. J’ai personnellement été victime de ce type de phénomène balistique il y a environ une quinzaine d’années et je m’en sors simplement avec une audition réduite au niveau de l’oreille concernée. Il s’agissait non pas d’une balle de calibre 50 Browning, mais simplement d’une balle de calibre 300 Winchester Magnum ; de toute façon, cela n’aurait rien changé.

L’onde qui tue ou l’onde magique n’existe pas, même si l’onde de choc existe réellement, mais exclusivement dans les milieux immatériels. Elle n’a pas d’incidence réelle sur la formation d’une lésion par transfert, compte tenu qu’elle ne possède pas de masse qui lui soit propre. Cordialement ».

Concernant les ballons j’avais émis l’hypothèse suivante : « La raison pour laquelle les ballons explosent à proximité, c’est qu’ils sont déjà au maximum de leur capacité d’élasticité et que le déplacement violent de l’air les mène en surcapacité et donc ils explosent ».

L’auteur du livre par la voix de son éditeur me répond que : « L’un des hommes du groupe TE a vu lors d’une mission au Tchad un homme être blessé par une balle de 14,5 mm qui était passé à quelques centimètres du corps. Le treillis était déchiré et un morceau de chair arraché ».

Réponse de l’expert consulté et fermeture de la polémique, chacun y prendra ce qu’il veut bien y prendre : « Pour faire simple, juste pour vous dire que si la balle a arraché du tissu des vêtements et emporté des lambeaux de peau, c’est qu’elle a touché la cible.

 On appelle cela un tir tangentiel; cela passe très, très près en surface de la peau ; il y a contact entre les deux éléments. La balle à très haute vitesse crée tout simplement une onde mécanique qui déplace la matière ; parfois on peu y voir comme la formation de vagues en forme de V horizontaux qui ont plissés la peau qui peut parfois être déchirée de manière plus ou moins importante. Tout dépend des angles d’impact. En physique, l’onde de choque ne déplace que de l’air et rien d’autre; elle ne possède pas de masse. E= m x v² / 2 soit 0 x 800²/2 = 0. L’effet de souffle provoque “une gifle” et rien de plus. Si l’onde de choc est vraiment très puissante, elle peut provoquer un déplacement de matière, mais nous ne sommes plus du tout dans le même ordre de grandeur.

Pour l’explication avec des ballons gonflables, je ne connais pas les conditions dans lesquelles les tirs ont été réalisés, ni les spécificités techniques de la cible, mais il est possible d’arriver à ce résultat avec bien d’autres calibres bien moins puissants et rapides ; tout dépend des caractéristiques et de la configuration du montage. Les ballons gonflables n’ont qu’une très faible résistance mécanique et ils ne peuvent être comparés avec la résistance mécanique et l’élasticité d’un corps biologique.

L’auteur est très certainement de bonne foi et convaincu de ce qu’il affirme ; ce n’est tout simplement pas un scientifique. Cordialement ».

Page 157 : Où l’on voit 300 soldats Français se séparés de leurs bérets avant de prendre l’avion à ROISSY en raison de la broche porte-insigne contraire aux normes de sécurité en vigueur dans……. l’aviation civile ! Crétinerie administrative ! Par contre pour être en conformité avec les règles Américaines qui obligent tout soldat résidant sur une base Américaine de pouvoir se défendre tout seul en cas d’intrusion, on distribue 20 cartouches de FAMAS (5.56) à tout le monde y compris ceux équipés de HK 417 et de 12.7 ! Cela me rappelle les histoires du beau-père fait prisonnier dans la poche de Dunkerque et à qui on avait distribué des cartouches qui ne correspondaient pas au calibre des fusils de l’époque !

Pages 168, 211 et suivantes : La technologie des brouilleurs de téléphone mobile que l’on utilise dans les salles d’examens du BAC, ne semblent pas être connu de nos responsables militaires. CQFD : « Les locaux (NDR : villageois Afghan) installés sur les toits …..se mettent à téléphoner au fur et à mesure que nos troupes se déploient ».

Page 180 : Je vous laisse découvrir !

Page 209 : Dans l’armée Française « il n’est pas véritablement autorisé de repeindre en couleur sable les reflets de la peinture métallique de son arme ». Notez la délicatesse  de l’auteur face à sa hiérarchie.

Page 214 et suivantes : Lire le passage sur l’enlèvement des journalistes de France 2. Au passage, pour avoir vu l’émission « on n’est pas couché », j’ai trouvé beaucoup, mais alors vraiment beaucoup de complaisance de la part des deux duettistes chargés de les interviewer. Ils le sont moins avec certains politiques… !

Allons donc ! Quoi de plus normal pour « 2 fromages blanc » ou «  2 fromages qui puent » pour reprendre la terminologie des Guignols et de la « World Company » que de circuler sur une route Afghane sans la moindre protection, passer un barrage de l’ANA sans se demander si les types ne se sont pas empressés de les signaler au prochain village qu’ils allaient traverser pour être revendu au plus offrant. Non ! Franchement ! Que voulez-vous qui nous arrive ! Preuve quand même qu’ils ont été kidnappés par des pieds nickelés puis revendus au plus offrant, leurs « ravisseurs » n’ayant  même pas trouvé le téléphone mobile qu’ils portaient sur eux !

Page 220 : Lire le passage sur l’installation d’un brouilleur d’IED SUR DANS un VAB Français… ! Tout au moins pourquoi ils ne le mettent pas en service ! Comment voulez vous que l’on soit crédible après ça.

Page 125 : Côte d’Ivoire : L’auteur de retour en France, entend cet officier supérieur déclaré devant toute la troupe en faisant allusion au bombardement de Bouaké, déclaré : « Les gonzesses peuvent dégager ». Et d’ajouter : « Pour vous calmer je vais vous envoyer en Guyane ! ». Je n’invente rien, c’est écrit !

Page 249 : L’armée Française utilise un drone HARFANG qui ne transmet AUCUN repère géographique, aucunes données GPS, aucune référence ! Par contre je suis sûr d’une chose il doit coûter une fortune au contribuable ! Et c’est bien là l’essentiel n’est ce pas ? ! Comme disait Anatole France au début du siècle précédent : « On croit se battre pour la patrie, on meurt pour les industriels et les banquiers ». Ce n’est pas le système FELIN à l’acronyme sulfureusement guerrier,  aussi inutile et inadapté que très  coûteux  qui viendra changer cette règle « réputée non écrite ».

Page 327 : « ….Nos PGM (12.7) n’étaient pas équipées d’optiques de nuit, trop chères ».

Page 338 : Où les Américains découvrent que les Français maintiennent en quasi permanence 75% de leurs effectifs dehors contre à peine 25% pour les Américains.

Page 342 : A l’heure des GPS et des désignateurs lasers, l’armée Française en est encore à demander un tir d’artillerie  FUMIGENE pour régler le tir comme au bon vieux temps de la guerre de…14 ! ! Au 21 siècle ! Non… ! Vous ne rêvez pas vous êtes en présence du deuxième budget de la France avec 41.23 milliards d’€uros… !!!

Page 372 : La décompression à Chypre n’est pas mal non plus ! C’est à lire avec toutes les références requises !

Pour conclure : Je dirai que tant que le différentiel d’équipement sera toujours de 1 à 10 ou 100.000 entre un aviateur et un fantassin, on ne sera jamais crédible, on ne gagnera aucune guerre ni même aucune opération. Qu’aurions nous fait en Lybie sans les Américains ? C’est le fantassin qui tient le terrain pas le type dans son avion.

Je l’ai dit en préambule, c’est un livre touchant et émouvant, la vraie vie d’un soldat Français en opération. Ce n’est pas un livre de guerre à proprement parler et pourtant je ne me suis à aucun moment ennuyé !

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